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ANTANANARIVO, 15 avril (XINHUANET) -- La police malgache des
moeurs et de la protection des mineurs vient d'appréhender huit
personnes pour séquestration et enlèvement d'enfants, a-t-on
appris jeudi de source policière.
Le 6 avril dernier, suite à une perquisition, 11 enfants ont
été découverts dans une maison à Mahazoarivo, dans la capitale
d'Antananarivo. D'après les explications du directeur de la police
judiciaire Albert Rakotondravao, le propriétaire de la maison, une
femme très âgée, aurait pour rôle d'accueillir ces enfants jusqu'à
l'aboutissement de la procédure officielle de leur adoption.
L'enquête a révélé qu'il existe un double réseau, le premier
se spécialisant dans l'enlèvement et le second dans la
séquestration. Dans l'affaire de Mahazoarivo, le premier réseau
s'occupe à reprérer des femmes ou des jeunes filles non mariées et
qui se retrouvent enceintes. Le réseau profite de la situation de
ces femmes qui vivent dans des conditions précaires et acceptent
de donner leur enfant de plein gré. Dans ce cas, une matrone se
charge de mener l'accouchement à bien. C'est le rôle de la petite
fille de la propriétaire de la maison de Mahazoarivo aidée par des
complices.
Le second réseau se charge de trouver une autre mère et de
faire de fausses déclarations auprès d'une sage-femme aux fins
d'acquérir un certificat de naissance. Une autre femme utilise de
faux cachets au nom d'une médecin pour établir un faux certificat
de naissance exigé dans la procédure légale d'adoption.
Un centre est impliqué dans cette affaire. Ce centre a obtenu
du tribunal l'autorisation d'accueillir trois enfants. Or la
police a retrouvé ces enfants à Mahazoarivo. Le responsable du
centre déclare que "pour une question de place, il a décidé de les
transférer à Mahazoarivo". Trois enfants ont déjà retrouvé leur
mère biologique, pour le reste, la police se livre encore aux
recherches.
Beaucoup d'argent alimente le réseau. Un enfant permet
d'engranger jusqu'à 800 euros, dont 500 euros pour le centre, 300
euros pour le propriétaire de Mahazoarivo et ses complices.
Jusqu'à ce jour, deux enfants ont déjà pu être envoyés hors de
Madagascar et un autre est en phase finale des formalités
d'adoption.
A part les 800 euros encaissées lors de la procédure d'adoption,
ces personnes reçoivent encore de l'argent car dès le choix fait,
les futurs parents adoptifs envoient des frais jusqu'à la
finalisation de la procédure.
L'affaire de Mahazoarivo aura des ramifications internationales.
Selon le directeur Rakotondravao, "le trafic d'enfants est devenu
d'actualité dans notre pays". Fin
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