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BEIJING, 19 février (XINHUA) -- L'Agence de presse Xinhua est
autorisée à rendre public l'essai important de Deng Xiaoping
intitulé "un Etat, deux systèmes", à l'occasion du 14ème
anniversaire de la publication de la Loi fondamentale de la région
administrative spéciale de Hongkong.
Deng Xiaoping a formulé le principe dit "un Etat, deux systèmes
", lors de ses rencontres il y a 20 ans avec une délégation des
industriels hongkongais et les personnalités de Hongkong.
Voici des extraits de ses propos:
"La position, les principes et la politique adoptés par le
gouvernement chinois en vue de résoudre le problème de Hongkong
sont nets et clairs. Nous avons déclaré à plusieurs reprises
qu'après le recouvrement par le gouvernement chinois en 1997 de
l'exercice de sa souveraineté sur Hongkong, le système socio-
économique actuellement en vigueur à Hongkong et le mode de vie
qui y prévaut ne changeront pas, que ses lois actuelles resteront
pratiquement les mêmes, que Hongkong demeurera un port franc et un
centre financier et commercial international et entretiendra ses
propres relations économiques avec les divers pays et territoires.
Nous avons également déclaré à maintes reprises que, si quelques
unités de notre armée seront stationnées à Hongkong, Beijing
n'enverra pas de cadres occuper des fonctions dans le gouvernement
de cette région administrative spéciale; cet engagement sera
également respecté. Le stationnement de troupes à Hongkong aura
seulement pour objet de préserver la sécurité du pays, et non pas
d'intervenir dans les affaires intérieures de cette région. Notre
politique à l'égard de Hongkong restera immuable pendant 50 ans.
Nous tiendrons parole.
"Notre politique consiste à appliquer le principe dit " un Etat,
deux systèmes"; pour parler plus précisément, cela signifie qu'au
sein de la République populaire de Chine, le milliard de Chinois
habitant la partie continentale vit sous un régime socialiste,
tandis que Hongkong et Taiwan sont régis par un système
capitaliste. Ces dernières années, la Chine s'est attachée à
redresser les erreurs "de gauche" et a élaboré, dans tous les
domaines, une politique qui tienne compte des conditions réelles.
Cinq ans et demi d'efforts ont porté des fruits. C'est précisément
dans cette conjoncture que nous avons avancé la formule "un Etat,
deux systèmes" pour régler le problème de Hongkong et de Taiwan.
"Nous avons exposé maintes fois la politique dite "un Etat,
deux systèmes". Celle-ci a été approuvée par l'Assemblée populaire
nationale. Certains craignent que cette politique ne vienne à
changer. Je peux affirmer qu'il n'en sera rien. La clé du problème,
le facteur décisif, réside dans la justesse de cette politique. Il
n'y a pas lieu de l'abandonner si elle est juste. Dans le cas
contraire, il pourrait sans doute y avoir changement. Par ailleurs,
la Chine applique, à l'heure actuelle, une politique d'ouverture
sur l'extérieur et de réactivation de l'économie à l'intérieur,
comment imaginer qu'on désavoue cette orientation? Si on renonçait
à cette politique, 80 pour cent des Chinois verraient baisser leur
niveau de vie et nous perdrions alors le soutien de la population.
Nous suivons une voie correcte que le peuple approuve; il n'y a
donc pas de raison de changer d'orientation.
"Nous maintiendrons pendant longtemps notre politique à
l'égard de Hongkong, mais cela n'aura aucune incidence sur le
système socialiste de la partie continentale. Le système
fondamental de la Chine, c'est le socialisme. Pourtant, nous
admettons aussi que certaines régions du pays- par exemple
Hongkong ou Taiwan- soient régies par un système capitaliste.
L'ouverture d'un certain nombre de villes de la partie
continentale et l'autorisation d'y introduire des capitaux
étrangers tendent à faire de ceux-ci un appoint à l'économie
socialiste, ce qui favorisera la croissance des forces productives
de la société socialiste. Ainsi, l'apport d'investissements
étrangers à Shanghai ne signifie nullement que tout Shanghai
pratique un système capitaliste. Il en va de même pour Shenzhen
qui est toujours régi par le système socialiste. Le système
fondamental de la Chine, c'est le socialisme.
"Le concept dit "un Etat, deux systèmes" est né d'un examen
approfondi des réalités chinoises; ce concept attire l'attention
internationale. La Chine a son problème: Hongkong et Taiwan.
Comment le régler? Est-ce le socialisme qui absorbera Taiwan? Ou
la doctrine dite des trois principes du peuple prônée par Taiwan
qui absorbera la partie continentale? Ni l'un ni l'autre. Si l'on
ne trouvait aucune solution pacifique, il faudrait recourir à la
force, ce qui serait préjudiciable aux deux parties concernées.
L'ensemble de la nation aspire à la réunification du pays. Si elle
ne s'accomplit pas avant la fin de ce siècle, elle finira bien par
se réaliser dans les siècles futurs. Comment résoudre ce problème?
A mon sens, on ne peut qu'appliquer la formule "un Etat, deux
systèmes". Deux possibilités se présentent dans la solution de la
plupart des problèmes du monde: user de moyens pacifiques ou
prendre une voie non pacifique. Il faut, de toute manière, trouver
une solution. A problèmes nouveaux, solutions nouvelles. Cette
réussite que constitue le règlement du problème de Hongkong peut
fournir des références utiles pour la solution de beaucoup de
problèmes internationaux. Si nous jetons un regard rétrospectif
sur l'histoire mondiale, quel gouvernement a-t-il jamais élaboré
une politique aussi pondérée que la nôtre? Si l'on considère
l'histoire du capitalisme, si l'on regarde les pays occidentaux,
quel pays a-t-il jamais tenté une expérience pareille? La formule
"un Etat, deux systèmes" pour résoudre le problème de Hongkong n'a
pas été lancée dans un moment d'exaltation; elle ne cache pas, non
plus, d'autres intentions; il s'agit tout simplement d'une
démarche inspirée par les conditions spécifiques de la Chine qui
tient pleinement compte du passé historique et de la situation
actuelle de Hongkong.
"Il est certain que les Chinois de Hongkong sauront gérer leur
ville comme il faut. Avoir des doutes là-dessus reviendrait à
témoigner d'une mentalité héritée du colonialisme de la vieille
école. Pendant plus d'un siècle à partir de la Guerre de l'Opium,
les étrangers ont méprisé et humilié les Chinois. La fondation de
la République populaire de Chine a transformé la physionomie de la
Chine. L'image de la Chine d'aujourd'hui n'est pas l'oeuvre du
gouvernement de la dynastie décadente des Qing, ni des seigneurs
de guerre du Beiyang, ni de Jiang Jieshi ou de son fils. C'est la
République populaire qui a transformé la Chine. Tous les enfants
de la nation chinoise, quels que soient leurs costumes ou leurs
positions, ont au moins en commun un sentiment de fierté nationale.
Les habitants de Hongkong ne font naturellement pas exception à la
règle. Ils sont capables de bien administrer Hongkong; nous devons
avoir confiance en eux. La prospérité que ce territoire a connue
jusqu'à présent est le fruit du labeur de sa population constituée
essentiellement de Chinois. Les capacités intellectuelles de ceux-
ci ne le cèdent en rien à celles des étrangers; sous ce rapport,
les Chinois ne se situent pas au-dessous de la moyenne; il ne faut
pas imaginer que seuls les étrangers sont capables de diriger les
affaires comme il faut. Nous, Chinois, nous devons avoir confiance
en notre propre capacité de faire du bon travail. Prétendre que
les habitants de Hongkong manquent de confiance dans l'avenir,
c'est une affirmation qui ne traduit pas leur véritable opinion.
Le contenu des négociations sino-britaniques n'a pas encore été
rendu public; beaucoup d'habitants de Hongkong ne connaissent pas
la politique du gouvernement central, mais une fois qu'elle aura
été portée à leur connaissance, ils feront entièrement crédit au
futur. La politique que nous adoptons pour régler le problème de
Hongkong a été annoncée par le premier ministre du Conseil des
Affaires d'Etat dans son rapport sur les activités du gouvernement,
présenté à la deuxième session de la VIème Assemblée populaire
nationale, et elle a été solennellement approuvée séance tenante.
Si certains parlent aujourd'hui encore d'un problème de confiance,
s'ils ne font pas crédit à la République populaire de Chine et au
gouvernement chinois, c'est qu'ils ne veulent rien entendre. Nous
sommes convaincus que les habitants de Hongkong sont capables de
bien gérer cette ville; la laisser sous domination étrangère
serait inadmissible; la population de Hongkong ne l'accepterait
pas.
"Pour la gestion de Hongkong par ses habitants, la limite et le
critère, c'est que Hongkong devra être géré par sa population avec
les patriotes comme groupe principal. Le gouvernement de la future
région spéciale de Hongkong sera surtout constitué de patriotes;
naturellement, il admettra aussi d'autres éléments en son sein; il
pourra même engager des étrangers à titre de conseillers.
Qu'entendons-nous par patriotes? Ceux qui respectent leur propre
nation, qui sont sincèrement partisans du recouvrement par la
Chine de l'exercice de sa souveraineté sur Hongkong et qui ne
portent pas atteinte à la prospérité et à la stabilité de Hongkong.
Ceux-là sont des patriotes même s'ils croient au capitalisme ou au
féodalisme, voire même à l'esclavagisme. Nous ne leur demandons
pas d'approuver le système socialiste de la Chine, mais seulement
d'aimer la patrie et d'aimer Hongkong.
D'ici à 1997 s'écouleront encore treize années. Il nous faut,
dès maintenant, régler graduellement et comme il faut les
modalités de cette période de transition. Durant celle-ci, il faut
en premier lieu éviter toute agitation et tout remous sérieux afin
de maintenir la prospérité et la stabilité de Hongkong; il faut en
second lieu créer les conditions permettant aux habitants de
Hongkong de prendre en charge l'administration sans à-coup. Les
personnalités des divers milieux de Hongkong doivent faire des
effort s à cette fin. Fin
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