Par Saud Abu RAMADAN
GAZA, 19 mai (Xinhua) -- Le nouveau round de
négociations inter-palestiniennes, déroulées au Caire, en Egypte, n'a pas
réussi à arracher un accord aux mouvements rivaux, Fatah et
Hamas, qui se disputent autour, notamment, de la création d'une force de
sécurité conjointe dans la bande de Gaza, la légitimité de
gouvernement, et la formule électorale.
DIVERGENCE SUR LA COMPOSITION DE LA FORCE
CONJOINTE
Le Hamas a accepté l'idée de former une force de
sécurité conjointe de 300 personnes dans la bande de Gaza, mais a insisité
sur le principe de l'égalité dans la composition, soit 150 personnes
pour le Hamas comme pour le Fatah.
Mais cette proposition a été rejetée par le Fatah, a
indiqué mardi dans un communqué le général de brigade Majid Faraj, chef
des services de renseignement palestiniens, qui a participé au
dernier dialogue inter-palestinien, tenu entre samedi et lundi au
Caire.
En revanche, le Fatah demande que tous les officiers
de police et de sécurité qui ont abandonné leurs postes soient réintégrés
dans la nouvelle force conjointe.
Il y a deux ans, suite à des affrontements sanglants
entre les militants des deux groupes, le Hamas a pris, par la force, le
contrôle de la bande de Gaza, ayant mis en déroute les forces de
sécurité fidèles au président palestinien Mahmoud Abbas.
En réponse, M. Abbas a demandé à tous ses officiers
de sécurité de ne participer à aucune force de sécurité ou police sous la
régie du Hamas dans la bande de Gaza.
Selon le général Faraj, le Hamas a pour sa part
rejeté la demande du Fatah de rassembler toutes les forces de police et de
sécurité.
En outre, le Hamas veut limiter la mission de la
nouvelle force de sécurité au contrôle des points de passage dans la bande
de Gaza.
"Au cas où un accord sur la formation de la force de
sécurité conjointe n'intervient pas, le Fatah demandera à ses 50.000
officiers de police et de sécurité de reprendre leurs postes", a
déclaré le général Faraj, démentant qu'une telle décision constitue
une menace ou un appel à la reprise des affrontements.
DISPUTE SUR LA LEGITIMITE DE GOUVERNEMENT
Le deuxième point au centre des desaccords entre le
Fatah et le Hamas concerne une commission conjointe qui sera chargée de la
coordination avec le gouvernement de Ramallah pour entreprendre les
travaux de reconstruction dans la bande de Gaza et mettre fin à la
division inter-palestinienne.
Le Hamas a accepté de fonder une telle commission
qui regroupera 16 factions palestiniennes, mais il demande que cette
comission coordonne avec son gouvernement de Gaza, a révélé le
général Faraj.
Le Fatah estime qu'il n'y a qu'un seul gouvernement
palestinien basé à Ramallah, et que tout autre gouvernement dans les
territoires palestiniens ne sera "pas accepté", a souligné le
général Faraj.
Le gouvernement basé à Gaza a été démis par le
président Abbas, après la prise du contrôle par le Hamas de la bande de
Gaza. Un gouvernement de transition dirigé par Salaam Fayad a été ensuite
formé à Ramallah. Mais le Hamas a refusé de reconnaître la décision
de M. Abbas.
S'agissant des prochaines élections, le Hamas
souhaite une représentation proportionnelle à 60% et une représentation à
circonscription à 40%, alors que le Fatah demande un pourcentage
proportionnel de 85%.
Face à ces divergences, le Fatah et le Hamas ont
convenu de reprendre le dialogue début juillet.
"L'Egypte souhaite véritablement voir ces parties
mettre fin à ces différends et parvenir à un accord au plus tôt possible",
ont souligné des sources palestiniennes proches de la médiation
égyptienne.
Omar Suleiman, chef des services égyptiens
des renseignements, a donné un ultimatum : "Qu'ils soient d'accord ou pas,
un accord de réconciliation (inter-palestinien) sera signé et mis
en application en juillet."