LA HAYE, 18 mai (Xinhua) -- Un
commandant rebelle suspecté d'avoir commis des crimes de guerre au Darfour
(Soudan), Abu Garda, a comparu lundi volontairement devant la Cour pénale
internationale (CPI) à La Haye, après être arrivé la veille aux
Pays-Bas par un vol commercial.
Après son arrivée dimanche, des représentants de la
Cour lui avaient notifié l'ordre de comparaitre devant la Chambre
préliminaire I lundi. Après un entretien avec son conseil, il avait
été conduit dans un lieu assigné par la Cour pour son séjour à La Haye, a
précisé la CPI dans un communiqué.
« La comparution volontaire
d'Abu Garda peut servir à encourager d'autres suspects encore en fuite à
se présenter devant la Cour afin d'être entendus, avec toutes les garanties
d'un procès équitable », a déclaré le greffier de la Cour, Silvana
Arbia.
C'est la première fois que des juges de la CPI
émettent une citation à comparaitre plutôt qu'un mandat d'arrêt. Les juges
de la Chambre préliminaire I ont estimé qu'Abu Garda se présentera
devant la Cour sans qu'il soit nécessaire de l'arrêter. Abu Garda
est également la première personne à comparaître dans le cadre de
l'enquête relative au Darfour ouverte en juin 2005.
Membre de la tribu des Zaghawa du Soudan, Abu Garda
doit répondre de trois chefs de crimes de guerre qui auraient été
commis dans le cadre d'une attaque lancée le 29 septembre 2007
contre la Mission de l'Union africaine au Soudan (MUAS), une mission
de maintien de la paix stationnée à la base militaire de Haskanita, dans
la localité d'Umm Kadada au Darfour-Nord. Au cours de cette attaque, 12
soldats de la MUAS auraient été tués et huit autres auraient été
grièvement blessés.
« Aujourd'hui, nos pensées vont aux officiers du
maintien de la paix et aux autres travailleurs des organisations
humanitaires qui fournissent une aide et une sécurité essentielle à des
millions de personnes vivant dans des pays confrontés à des conflits armés
», a déclaré Mme Arbia.
Lors de la première comparution du suspect, le juge
Cuno Tarfusser (Italie), l'a informé des crimes qui lui sont reprochés
et de ses droits. A la fin de cette audience, Abu Garda est libre de
quitter le pays. Il sera tenu de revenir aux Pays-Bas pour assister à une
audience de confirmation des charges, qui sera tenue dans un délai
raisonnable afin d'examiner s'il y a des motifs substantiels de croire
qu'il a commis ces crimes.