NAIROBI, 18 mai (Xinhua) -- Plus de 270.000 réfugiés
qui ont fui la guerre en Somalie souffrent du manque de nourriture, d'eau
et d'abri dans le nord du Kenya et considèrent de rentrer chez eux, a
rapporté lundi l'équipe médicale de Médecins sans frontières ( MSF).
Dans un communiqué publié à Nairobi, MSF a affirmé
qu'environ 5.000 personnes arrivent tous les mois dans les camps de
Dagahaley, Ifo et Hagadera situés dans la ville frontalière de Dadaab,
gérés par le Haut commissariat de l'ONU pour les réfugiés.
Des études menées au niveau de la santé et de la
nutrition par MSF en avril dans le camp de Dagahaley, où l'organisation
apporte des services médicaux, révèlent de hauts niveaux de malnutrition
grave parmi une population devant faire face à des rations
alimentaires en baisse.
"La situation est simplement scandaleuse. Ces
réfugiés ont tout risqué pour fuir les combats en Somalie. Maintenant,
certains d'entre eux nous disent qu'ils préfèreraient tenter leur chance à
Mogadiscio que de mourir lentement ici", a indiqué Joke Van
Peteghem, chef de mission de MSF au Kenya.
"Les agences humanitaires sont présentes dans les
camps, mais ne sont pas capables de répondre aux besoins immenses et en
rapide augmentation de cette population touchée par la guerre. Nous
devons agir maintenant", a souligné M. Peteghem.
Depuis que le Kenya a officiellement fermé ses
frontières avec la Somalie, le processus d'inscription est désorganisé et
s'est ralenti, les examens médicaux et la distribution
d'approvisionnements de base ne fonctionnent pas proprement.
Une délégation du HCR et de bailleurs de fonds
visite actuellement les camps et MSF a appelé le HCR, les bailleurs
internationaux et le gouvernement kenyan à résoudre rapidement le
manque d'assistance et de protection aux réfugiés arrivant et les
conditions de vie dans les camps.
Depuis 18 ans, les Somaliens fuyant leur pays se
sont réfugiés dans les camps de Dadaab. En 2008, poussées par les violences
dans leur pays, plus de 60.000 personnes ont trouvé refuge dans les
camps qui abritent depuis au moins 270.000 réfugiés.
Chaque camp peut abriter 30.000 personnes, mais
accueille en réalité trois fois plus de monde.
"Les camps sont des bombes à retardement en terme de
santé publique", a souligné Donna Canali, infirmière qui a récemment
achevé une mission auprès de MSF dans le camp de Dagahaley.
"Les réfugiés, dont une grande partie souffre déjà
de blessures graves liées à la guerre ou de maladies, sont amassés sans le
minimum vital pour survivre?: eau, nourriture, abri et soins
médicaux. Après tout ce qu'ils ont enduré, comment est-il
possible que leurs besoins les plus essentiels soient aussi horriblement
négligés".
La récente étude menée par MSF dans le camp de
Dagahaley a révélé une prévalence de malnutrition grave de 22,3 % parmi la
population, bien au-dessus du seuil d'urgence.
Le niveau bas de stocks de nourriture dans
l'entrepôt du Programme alimentaire mondial à Dadaab a conduit, jusqu'à
récemment, à une baisse de 30 % des rations des camps. Le soutien
des bailleurs de fonds est urgent pour faire en sorte que cette
situation ne se reproduise plus.
Alors que des projets sont
étudiés pour construire un quatrième camp, il est nécessaire de garantir
plus d'espace de vie pour répondre aux besoins de base.