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Les réfugiés somaliens envisagent de quitter le Kenya (PAPIER GENERAL)
  2009-05-19 07:21:54  

     NAIROBI, 18 mai (Xinhua) -- Plus de 270.000 réfugiés qui ont  fui la guerre en Somalie souffrent du manque de nourriture, d'eau  et d'abri dans le nord du Kenya et considèrent de rentrer chez eux, a rapporté lundi l'équipe médicale de Médecins sans frontières ( MSF). 

     Dans un communiqué publié à Nairobi, MSF a affirmé qu'environ  5.000 personnes arrivent tous les mois dans les camps de Dagahaley, Ifo et Hagadera situés dans la ville frontalière de Dadaab, gérés  par le Haut commissariat de l'ONU pour les réfugiés. 

     Des études menées au niveau de la santé et de la nutrition par MSF en avril dans le camp de Dagahaley, où l'organisation apporte  des services médicaux, révèlent de hauts niveaux de malnutrition  grave parmi une population devant faire face à des rations  alimentaires en baisse. 

     "La situation est simplement scandaleuse. Ces réfugiés ont  tout risqué pour fuir les combats en Somalie. Maintenant, certains d'entre eux nous disent qu'ils préfèreraient tenter leur chance à  Mogadiscio que de mourir lentement ici", a indiqué Joke Van  Peteghem, chef de mission de MSF au Kenya. 

     "Les agences humanitaires sont présentes dans les camps, mais  ne sont pas capables de répondre aux besoins immenses et en rapide augmentation de cette population touchée par la guerre. Nous  devons agir maintenant", a souligné M. Peteghem. 

     Depuis que le Kenya a officiellement fermé ses frontières avec la Somalie, le processus d'inscription est désorganisé et s'est  ralenti, les examens médicaux et la distribution  d'approvisionnements de base ne fonctionnent pas proprement. 

     Une délégation du HCR et de bailleurs de fonds visite  actuellement les camps et MSF a appelé le HCR, les bailleurs  internationaux et le gouvernement kenyan à résoudre rapidement le  manque d'assistance et de protection aux réfugiés arrivant et les  conditions de vie dans les camps. 

     Depuis 18 ans, les Somaliens fuyant leur pays se sont réfugiés dans les camps de Dadaab. En 2008, poussées par les violences dans leur pays, plus de 60.000 personnes ont trouvé refuge dans les  camps qui abritent depuis au moins 270.000 réfugiés. 

     Chaque camp peut abriter 30.000 personnes, mais accueille en  réalité trois fois plus de monde. 

     "Les camps sont des bombes à retardement en terme de santé  publique", a souligné Donna Canali, infirmière qui a récemment  achevé une mission auprès de MSF dans le camp de Dagahaley. 

     "Les réfugiés, dont une grande partie souffre déjà de blessures graves liées à la guerre ou de maladies, sont amassés sans le  minimum vital pour survivre?: eau, nourriture, abri et soins  médicaux. Après tout ce qu'ils ont enduré, comment est-il possible que leurs besoins les plus essentiels soient aussi horriblement  négligés". 

     La récente étude menée par MSF dans le camp de Dagahaley a  révélé une prévalence de malnutrition grave de 22,3 % parmi la  population, bien au-dessus du seuil d'urgence. 

     Le niveau bas de stocks de nourriture dans l'entrepôt du  Programme alimentaire mondial à Dadaab a conduit, jusqu'à  récemment, à une baisse de 30 % des rations des camps. Le soutien  des bailleurs de fonds est urgent pour faire en sorte que cette  situation ne se reproduise plus. 

     Alors que des projets sont étudiés pour construire un  quatrième camp, il est nécessaire de garantir plus d'espace de vie pour répondre aux besoins de base.