Par MU Dong
BLANTYRE, 18 mai (Xinhua) -- Le président sortant du
Malawi, Bingu Wa Mutharika, qui brigue un nouveau mandat, doit relever
mardi les défis face à ses rivaux dans la prochaine
présidentielle, considérée par les analystes comme l'élection la plus
mouvementée dans l'histoire du pays.
BINGU BRIGUE UN NOUVEAU MANDAT
En octobre 2006, le président Bingu a annoncé son
intention de briguer un second mandat qui doit commencer le 19 mai 2009,
en tant que candidat du Parti démocrate progressiste (DPP).
M. Bingu, économiste de 75 ans qui a travaillé aux
Nations Unies et qui a dirigé le Marché commun de l'Afrique orientale et
australe, a remporté la dernière présidentielle le 20 mai 2004, avec
36% des suffrages exprimés.
Peu après son entrée son accession au pouvoir, M.
Bingu a commencé à combattre la corruption. Mais ce combat a provoqué la
colère de plusieurs personnes influentes et des divergences entre
lui et Bakili Muluzi, dirigeant du Front démocratique uni (UDF).
M. Bingu a lancé des réformes qui ont permis
d'enregistrer des avancées dans les secteurs de l'économie, de
l'enseignement et des infrastructures dans ce pays qui figure parmi les
moins développés du monde.
Le premier secteur auquel il s'est attaqué est
l'agriculture, ce qui a eu pour effet de réduire considérablement la
pénurie alimentaire dans le pays. Par ailleurs, M. Bingu s'est efforcé
d'améliorer l'environnement d'investissements du pays pour absorber
des capitaux pour promouvoir les secteurs du commerce et de l'industrie du
pays.
Selon le Fonds monétaire international (FMI), le
Malawi, pays enclavé et classé parmi les moins développés du monde,
devrait connaître en 2009 une croissance de 6%, plus élevé que le taux
moyen de la sous-région (3%).
M. Bingu a cependant admis qu'il n'a pas réussi à
créer suffisamment d'emplois pour lutter contre le chômage des jeunes,
tout en indiquant que s'il est réélu chacune des catégories de la
population bénéficera de son prochain mandat.
DEUX PARTIS D'OPPOSITION FORMENT UN FRONT
Les partis d'opposition, l'UDF et le Parti du
Congrès du Malawi (MCP), ont formé une alliance le 9 avril 2009 pour
participer à la présidentielle après que Bakili Muluzi, ancien président du
Malawi entre 1994 et 2004 et chef de l'UDF, eut été disqualifié par la
Commission électorale du Malawi pour la présidentielle de 2009.
Sa candidature a été rejetée au prétexte qu'il a
déjà accompli deux mandats de cinq ans, seuil maximum prévu par la
Constitution, a indiqué en début d'année la Commission électorale
malawite.
M. Muluzi, populaire dans le sud du pays, a affirmé
sa disponibilité à soutenir son allié John Tembo, dirigeant et
candidat du MCP à la présidence.
Le MCP est une force politique importante dans la
région centrale. Le premier dirigeant du MCP, Hastings Kamuzu Banda,
avait été le premier président du pays.
Cependant, les analystes rappellent que les deux
partis ont des orientations politiques différentes, ce qui pourrait mettre
en cause leur coopération.
LE CANDIDAT INDEPENDANT OPTIMISTE SUR SA
CHANCE
Le candidat indépendant James Nyondo, qui se décrit
lui-même comme du "sang neuf" sur la scène politique du Malawi, jure de
battre le président sortant lors de l'élection.
"En tant que président, je travaillerai avec ceux
qui partagent ma vision et nous ferons tout ce qui sera en notre pouvoir
pour créer un gouvernement au service des Malawites, de tous les
Malawites", a promis James Nyondo, au cours de sa campagne
électorale.
Ouvertement, il a révélé avoir refusé la
proposition du parti au pouvoir de se retirer de la présidentielle. Il a affirmé
qu'il aurait une "bonne chance" pour remporter l'élection.