Par ZHANG Bihong
BRUXELLES, 18 mai (Xinhua) -- Il est dans l'intérêt
de la Chine et de l'Union européenne (UE) de poursuivre l'amélioration des
relations bilatérales dans le contexte des difficultés
économiques acutelles et la reprise du Sommet UE-Chine est "important" pour
promouvoir ces relations, a indiqué un expert européen des affaires
chinoises dans une interview accordée récemment à Xinhua.
"Evidemment, il est très important que les relations
entre l'UE et la Chine se normalisent, mais ce processus a déjà été
enclenché depuis la visite fructueuse du Premier ministre chinois Wen
Jiabao en janvier", a affirmé Jonathan Holslag, un responsable de
l'Institut bruxellois d'études sur la Chine contemporaine.
"Cette rapide reprise confirme une forte
interdépendance entre des deux côtés et également le fait que la
coopération est inévitalbe, notamment en ces moments d'incertitude
économique", a indiqué M. Holslag, qui suit de près les changements et les
événements en cours en Chine et ceux relatifs aux relations
UE-Chine.
Après avoir été suspendu à la fin de l'année
dernière, le Sommet UE-Chine devrait se tenir le 20 mai à Prague, en
République tchèque, pays qui assure la présidence tournante de l'UE.
LA REUNION DE PRAGUE SERA UN SOMMET
"INTERMEDIAIRE"
Evoquant l'éventuel succès du sommet, M. Holslag a
estimé qu'il s'agissait d'un sommet "intermédiaire". "L'un des enjeux de
cette rencontre sera de faire en sorte que la Chine et l'Europe
conviennent des moyens leur permettant de poursuivre leurs
négociations pour un nouvel accord cadre", a noté l'expert.
Il a ajouté que les deux parties ont réalisé
d'importants progrès pour définir les priorités politiques, mais sur le
plan économique, peu de progrès ont été constatés.
"Même si l'Europe et la Chine reconnaissent la
nécessité de renforcer leurs relations, elles restent en désaccord sur la
façon de procéder", a expliqué M. Holslag.
"La Chine souhaite simplement une approche
progressive pour l'ouverture de nouveaux secteurs tels que les services et
les marchés publics, tandis que l'Europe, au contraire, espère un
paquet d'accords immédiat".
Selon lui, le principal défi de la réunion de Prague
"est de s'entendre sur feuille de route réaliste pour les futures
négociations".
L'AVENIR DES RELATIONS UE-CHINE DEPENDRA DE LA
CAPACITE DE LES RENFORCER
"Le partenariat UE-Chine a toujours été très
prometteur sur le papier, mais un peu décevant dans la pratique", a
précisé M. Holslag.
"Il y a beaucoup d'échanges et de dialogues, mais
les résultats sont modestes", a-t-il indiqué, ajoutant que la coopération
UE-Chine est à peine visible au niveau mondial.
"On dit souvent que la Chine et l'UE n'ont pas
d'intérêts stratégiques communs à cause de la distance géographique, mais
en réalité, nous sommes devenus voisins", a affirmé M. Holslag.
Il a ajouté qu'un partenariat mature "exige que nous
allions au-delà de nos valeurs diplomatiques respectives et regardions
les nombreux intérêts qui nous lient".
"L'avenir de nos relations économiques dépendra de
notre capacité à nous réformer nous-mêmes", a affirmé M. Holslag.
La Chine considère la crise économique comme une
opportunité pour promouvoir la consommation intérieure et l'innovation
technologique, tandis que l'UE affiche une attitude plutôt
conservatrice, a noté M. Holslag.
"Une grande volonté politique sera nécessaire
pour hisser nos économies à niveau supérieur et si l'Europe et la
Chine continuent à s'améliorer chacune de leur côté, le partenariat ne
pourra qu'en être amélioré", a-t-il ajouté.