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RDC: La réforme des entreprises du Portefueille mobilise  l'attention des Congolais (ANALYSE)
  2009-05-17 16:28:41  

    Par Luc-Roger Mbala Bemba  

     KINSHASA,17 mai(Xinhua)-- Le premier ministre de République  démocratique du Congo (RDC), Adolphe Muzito a publié le 24 avril  2009 quatre décrets relatifs à la transformation des entreprises  publiques congolaises en entreprises commerciales.  

     Selon le premier ministre congolais, le gouvernement a pris  cette décision en vue de permettre à ces entreprises publiques de  devenir compétitives sur l'échiquier national et international et  d'ouvrir ces entreprises à des opérateurs économiques privés. 

     "Conséquence des décrets gouvernementaux portant mesures  transitoires relatives à la transformations des entreprises  publiques publiés le 24 avril dernier par le premier ministre  Adolphe Muzito, l'Etat congolais propriétaire de ces entreprises  va se désengager totalement ou progressivement pour certaines de  ces entreprises destinées à devenir des sociétés commerciales (20  actuellement) et progressif dans celles destinées à devenir des  établissements publics qui sont aussi à 20", a déclaré à Kinshasa  le ministre congolais du Portefeuille, Jeanine Mabunda.  

     Elle a poursuivi en affirmant que cinq autres entreprises  publiques vont être transformées en services publics. La ministre congolaise du Portefeuille a tenu à préciser que, en se  désengageant progressivement, l'Etat propriétaire entend garder un certain contrôle sur la vie nationale dans la plupart des secteurs vitaux, en ce qui concerne les 20 entreprises transformées en  établissement publics comme les Finances avec le Fonds de  promotion de l'Industrie (FPI), le Commerce avec l'Office  Congolais de contrôle (OCC) et la communication avec l'Agence  Congolaise  de presse (ACP) et la Radio Télévision Nationale (RTNC).   

     Par contre, Symphorien Dunia, président de l'Intersyndicale  des Entreprises publiques a quant à lui exprimé son inquiétude  face aux implications et aux conséquences négatives de la loi sur  la réforme des entreprises publiques promulguée par le chef de  l'Etat Congolais.  

     "C'est une réforme sauvage qui ne tient pas compte de dimension humaine et sociale. Ces entreprises étaient engagées dans un  processus de redressement. Malheureusement,le gouvernement n'en a  pas tenu compte. Nous regrettons vraiment que le personnel,  l'intersyndicale n'ait pas été associés et impliqués dans cette  réforme", a t-il confié.  

     M.Dunia a de fait demander au gouvernement de surseoir à  l'application de ces décrets portant la réforme des entreprises  publiques.  

     Professeur en Communication et Marketing aux Facultés  Catholiques de Kinshasa et à l'Université de Kinshasa, Aimé  Kayembe craint que cette réforme concrétisée par les décrets  n'aboutisse à un échec et qu'elle crée, par conséquent, plus de problèmes qu'elle  va en résoudre.  

     Selon M. Kayembe, le grand problème réside dans la gestion peu  orthodoxe de ces entreprises . "Il ne faut pas perdre de vue que  ces entreprises qui participaient pleinement autrefois à  l'alimentation du trésor publique sont devenus aujourd'hui des  canards boiteux à cause de la mégestion, la corruption qui ont  gangrené la société congolaise. je crains que cette réforme ne  soit encore et une fois de plus qu'un coup d'épée dans l'eau. Car  si l'on ne lutte pas contre la corruption, la concussion et la  mégestion au sein des ces entreprises, pratiques réalisée très  souvent en complicité avec des tenants du pouvoir politique, cela  ne servira à rien", a-t-il martelé.  

     Economiste et chercheur à l'Université Protestante du Congo,  Sandrine Mabiala a comparé cette réforme à la politique de la  Zaïrianisation lancée en 1973 par l'ancien président Joseph-Désiré Mobutu Sese Seko. 

     "J'ai comme l'impression que nos dirigeants ne tirent pas les  leçons du passé. En 1973, le président Mobutu Sese Seko a procédé  à ce genre de réforme qu'il a appelé 'la Zaïrianisation', à savoir la nationalisation progressive des biens commerciaux et des  propriétés foncières qui appartenaient à des ressortissants,  sociétés et groupes financiers étrangers.", a -t-elle déclaré. 

     Elle a ajouté qu'en réalité cette mesure qui s'inscrivait dans  soucis de reappropriation nationale de l'économie ainsi que la  redistribution des richesses acquises pendant la colonisation a  été un véritable échec, car la population et les bénéficiaires de  cette politique n'étaient pas préparé ni impliqué à cette  décision.  

     Mlle Mabiala a appelé le gouvernement à se ressaisir en  organisant un débat sur cette question auprès des spécialistes et  autres intellectuels congolais. "Il y va de l'avenir de notre  pays", a-t-elle souligné.