NEW YORK, 15 mai (Xinhua)
-- Comme l'économie américaine a été pris au piège dans une longue et
profonde récession et que la date de son rétablissement reste une question
discutable John Chen, président de la société de logiciels et de base de
données Sybase, basée à Dublin en Californie, estime que le redressement
n'aurait pas lieu avant la fin de l'année 2010.
"2009 est une sorte d'année perdue. Je en pense pas
que le redressement ne soit pas possible avant la fin de 2010", a
indiqué M. Chen dans une interview accordée vendredi à Xinhua.
Chen était membre du Conseil d'exportation de
l'ancien président George W. Bush, l'un des principaux conseillers du
gouvernement américain pour le commerce international et le
directeur indépendant de Walt Disney Company depuis janvier 2004. De
plus, il est membre de plusieurs associations professionnelles telles que
la Commission of 100, dont il est également président nouvellement
nommé.
Par rapport au président de la Réserve fédérale
(Fed) Ben Bernanke qui estime que l'économie américaine atteint son plus
bas niveau et va remonter plus tard cette année, M. Chen se montre
plus pessimiste quant à l'ensemble de l'économie.
"Nous sommes dans un cycle de U-forme. Il faudra un
certain temps à sortir. Là où nous sommes est proche du fond, je pense
que ce n'est pas le point le plus bas", a-t-il affirmé.
Estimant que le chômage est le plus gros problème,
M. Chen a prédit que le taux de chômage serait poussé à plus de 10%. Les
statistiques du Département du travail américain montrent que le
taux de chômage a grimpé à 8,9% en avril, le niveau le plus élevé
depuis 1983.
Le chômage touchera le crédit des consommateurs et
les dépenses des entreprises. Les dépenses des consommateurs sont cruciales
pour la reprise, car elles représentent les deux tiers de l'économie
américaine.
Le marché du logement, cependant, est moins
concerné, après que le gouvernement américain y eut accorde suffisamment
d'attention.
"Le gouvernement a injecté de l'argent dans les
banques pour la liquidité. L'agence de régulation intervient pour aider les
propriétaires des logements. Et les taux d'intérêt sont bas. Le
gouvernement ne peut pas aider cent pour cent, mais il aide vraiment
beaucoup", a indiqué M. Chen.
Evoquant l'énorme plan de stimulus adopté par
l'administration Obama, M. Chen a souligné que chaque pièce a deux côtés.
D'une part, ce plan assure la liquidité sur le marché. D'autre part, le
gouvernement, sous la pression des contribuales, incite les
entreprises à adopter des arrangements à court terme, ce qui est
nuisible pour les entreprises. Il a affirmé qu'il ne voit pas
d'opportunités pour le entreprises technologiques telles que Sybase
dans ce plan.
Cependant, M. Chen est plus confiant dans la
croissance économique de la Chine.
"La croissance de 8% (l'économie chinoise cette
année) n'est pas un cible facile, mais il n'est pas hors de question",
a-t-il estimé.
Tout d'abord, la Chine est actuellement le plus
grand marché de consommation interne. Deuxièmement, la Chine a également
une politique économique très réussie, ce qui rend plus facile
l'ajustement au cours de la période difficile. Par conséquent,
"la croissance de 8% est très possible", a souligné M. Chen.
En tant que promoteur actif des relations
économiques et commerciales sino-américaines, John Chen attache de
l'importance à l'ouverture du marché l'un à l'autre. Au niveau de la
politique, les Etats-Unis doivent promouvoir les investissements des
entreprises chinoises dans le pays. Face à la morosité
économique, les Etats-Unis ont besoin d'investissement pour créer davantage
d'emplois. Le marché chinois doit aussi être plus transparent aux
firmes américaines, pour permettre aux technologies et aux prdouits
de concourir librement au marché, a-t-il dit.