NEW YORK (Nations Unies), 14 mai (Xinhua) -- De
hauts responsables de l'ONU ont estimé mercredi qu'il n'était pas
opportun de déployer une opération onusienne de maintien de la paix
en Somalie, étant donnée les conditions et l'atmosphère politiques
défavorables dans le pays.
Le déploiement d'une opération de maintien de la
paix serait "à haut risque" et "voué à l'échec", ont affirmé les
secrétaires généraux adjoints des Nations Unies aux affaires politiques,
B. Lynn Pascoe, aux opérations de maintien de la paix, Alain Le Roy
et à l'appui aux missions, Susanna Malcorra.
Le 16 janvier dernier, le Conseil de sécurité de
l'ONU avait adopté la résolution 1863, selon laquelle il entendait
"établir une opération de maintien de la paix des Nations Unies en Somalie
pour prendre la suite de la Mission de paix de l'Union africaine en
Somalie (Amisom) sous réserve d'une nouvelle décision, d'ici au 1er juin
2009".
Composée de 3.400 militaires burundais et ougandais,
l'Amisom est déployée à Mogadiscio depuis mars 2007. Son mandat initial
prévoyait un contingent total de 8.000 hommes. Faute d'équipements et
de soutien financier, la force de l'UA est confrontée à nombre de défis
dans leur mission de maintien de la paix.
Le déploiement d'une opération de maintien de la
paix suppose la satisfaction de certaines conditions préalables, dont
l'existence d'un cessez-le-feu crédible, le consentement des
principaux acteurs somaliens sur le terrain, ainsi que des
engagements de la part des Etats membres de fournir des Casques
bleus et autres moyens militaires adaptés, a rappelé M. Le Roy.
En l'absence de ces conditions, une opération de
maintien de la paix serait une "option à haut risque vouée à l'échec", a
indiqué M. Le Roy, lors d'une séance du Conseil de sécurité.
Certains des principaux acteurs somaliens, ainsi que
les dignitaires religieux et chefs de clans, sont très divisés sur la
question d'une opération de maintien de la paix, a rappelé le
haut responsable de l'ONU.
Pour M. Le Roy, le déploiement à ce stade d'une
telle opération pourrait saper les efforts actuels de réconciliation
politique.
Par ailleurs, sur 60 états Membres contactés par le
Secrétariat des Nations Unies, seuls quatre ont affirmé leur disponibilité
de fournir des forces ou du matériel pour une opération en Somalie,
a révélé M. Le Roy.
Les trois chefs de département ont insisté sur la
fragilité de la situation actuelle, marquée par une tentative de coup
d'Etat perpétrée le 9 mai par l'opposition armée.
Assistant mercredi à la séance du Conseil de
sécurité, le ministre des Affaires étrangères du gouvernement fédéral de
transition de la Somalie, Mohamed Abdullahi Omaar, a affirmé que son
gouvernement était prêt à un cessez-le-feu sans autre condition que de
pouvoir entrer en contact direct avec Cheikh Hassan Dahir Aweys, chef de
l'opposition armée.
Malheureusement, a-t-il ajouté, depuis l'élection le
30 janvier 2009 de Cheikh Sharif Cheikh Ahmed à la présidence somalienne,
"nous n'avons pas reçu la moindre réponse de sa part".
La Somalie, avec une population de 8 millions
d'habitants, est plongée dans l'anarchie et le conflit depuis la chute de
son gouvernement central en janvier 1991.
Fin février dernier, le président somalien
Sharif Cheikh Ahmed a déclaré avoir "accepté" le principe d'un "cessez-le-feu"
et d'une réconciliation avec les membres de l'opposition.