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Somalie : l'ONU défavorable au déploiement d'une mission de paix à l'heure actuelle (PAPIER D'ANGLE)
  2009-05-14 12:34:41  

     NEW YORK (Nations Unies), 14 mai (Xinhua) -- De hauts  responsables de l'ONU ont estimé mercredi qu'il n'était pas  opportun de déployer une opération onusienne de maintien de la  paix en Somalie, étant donnée les conditions et l'atmosphère  politiques défavorables dans le pays. 

     Le déploiement d'une opération de maintien de la paix serait "à haut risque" et "voué à l'échec", ont affirmé les secrétaires  généraux adjoints des Nations Unies aux affaires politiques, B.  Lynn Pascoe, aux opérations de maintien de la paix, Alain Le Roy  et à l'appui aux missions, Susanna Malcorra. 

     Le 16 janvier dernier, le Conseil de sécurité de l'ONU avait  adopté la résolution 1863, selon laquelle il entendait "établir  une opération de maintien de la paix des Nations Unies en Somalie  pour prendre la suite de la Mission de paix de l'Union africaine  en Somalie (Amisom) sous réserve d'une nouvelle décision, d'ici au 1er juin 2009". 

     Composée de 3.400 militaires burundais et ougandais, l'Amisom  est déployée à Mogadiscio depuis mars 2007. Son mandat initial  prévoyait un contingent total de 8.000 hommes. Faute d'équipements et de soutien financier, la force de l'UA est confrontée à nombre  de défis dans leur mission de maintien de la paix.  

     Le déploiement d'une opération de maintien de la paix suppose  la satisfaction de certaines conditions préalables, dont  l'existence d'un cessez-le-feu crédible, le consentement des  principaux acteurs somaliens sur le terrain, ainsi que des  engagements de la part des Etats membres de fournir des Casques  bleus et autres moyens militaires adaptés, a rappelé M. Le Roy. 

     En l'absence de ces conditions, une opération de maintien de la paix serait une "option à haut risque vouée à l'échec", a indiqué  M. Le Roy, lors d'une séance du Conseil de sécurité.  

     Certains des principaux acteurs somaliens, ainsi que les  dignitaires religieux et chefs de clans, sont très divisés sur la  question d'une opération de maintien de la paix, a rappelé le haut responsable de l'ONU. 

     Pour M. Le Roy, le déploiement à ce stade d'une telle opération pourrait saper les efforts actuels de réconciliation politique. 

     Par ailleurs, sur 60 états Membres contactés par le Secrétariat des Nations Unies, seuls quatre ont affirmé leur disponibilité de  fournir des forces ou du matériel pour une opération en Somalie, a révélé M. Le Roy. 

     Les trois chefs de département ont insisté sur la fragilité de  la situation actuelle, marquée par une tentative de coup d'Etat  perpétrée le 9 mai par l'opposition armée. 

     Assistant mercredi à la séance du Conseil de sécurité, le  ministre des Affaires étrangères du gouvernement fédéral de  transition de la Somalie, Mohamed Abdullahi Omaar, a affirmé que  son gouvernement était prêt à un cessez-le-feu sans autre  condition que de pouvoir entrer en contact direct avec Cheikh  Hassan Dahir Aweys, chef de l'opposition armée. 

     Malheureusement, a-t-il ajouté, depuis l'élection le 30 janvier 2009 de Cheikh Sharif Cheikh Ahmed à la présidence somalienne,  "nous n'avons pas reçu la moindre réponse de sa part". 

     La Somalie, avec une population de 8 millions d'habitants, est  plongée dans l'anarchie et le conflit depuis la chute de son  gouvernement central en janvier 1991.  

     Fin février dernier, le président somalien Sharif Cheikh Ahmed  a déclaré avoir "accepté" le principe d'un "cessez-le-feu" et  d'une réconciliation avec les membres de l'opposition.