Par SHANG Xu
CANNES (France), 13 mai (Xinhua) -- "J'ai confiance
dans l'art et l'industrie du cinéma chinois qui n'a pas fini d'étonner le
monde", a déclaré le président du Festival de Cannes, Gilles
Jacob dans un entretien écrit accordé à Xinhua la veille de l'ouverture
du 62e du festival de cinéma.
"Je trouve le développement (du cinéma chinois) tout
à fait passionnant et impressionnant", a affirmé M. Jacob, qui préside
depuis 2000 le prestigieux événement dans le milieu du cinéma.
Selon les résultats d'une enquête mondiale sur le
cinéma menée par l'Institut de statistique de l'UNESCO, la Chine a produit
330 longs-métrages en 2006, se classant au 5e rang après l'Inde, le
Nigeria, les Etats-Unis et le Japon.
D'après le vice-directeur de l'Administration d'Etat
de la radio-diffusion, du cinéma et de la télévision, Zhao Shi, la
Chine a produit 406 films l'année dernière.
Les réalisateurs chinois, dont les films sont en
lice pour la Palme d'or, sont "très talentueux", a indiqué M. Jacob, et
d'ajouter : "Le nombre importe peu, on peut très bien prendre
plusieurs films du même pays s'ils répondent aux critères de qualité
qui sont demandés."
Quant à Shu Qi et Zhang Ziyi, les deux actrices
chinoises sélectionnées comme membres de jury du 62e Festival de Cannes,
M. Jacob a commenté qu'elles sont de grandes comédiennes, de
magnifiques personnes qui ont une notoriété internationale et qui
ont tourné avec de grands metteurs en scène.
Créé en 1939, le Festival de Cannes est devenu l'un
des plus importants festivals de films du monde. "Le développement du
festival s'est effectué à partir de 1983, date de mise en service du
nouveau Palais des festivals construit en plein centre de la Croisette,
face à la mer, à proximité immédiate du Vieux port", a rappelé M. Jacob.
Grâce à ce palais monumental, à ses nombreuses
salles et à sa grande salle majestueuse bénéficiant de tous les
perfectionnements techniques au fur et à mesure de leur mise en service, le
festival s'est épanoui, selon M. Jacob.
Actuellement, le Festival de Cannes, dont le rôle
est "considérable", dispose du plus important marché du film du
monde, de la fréquentation de professionnels venus du monde entier, de
40.000 à 50.000 festivaliers, de quelque 4.500 journalistes et de
représentants des médias, ainsi que d'une sélection connue pour
sa qualité.
D'après M. Jacob, il faut que l'on se débarrasse le
plus rapidement possible du fléau du piratage qui lèse les auteurs et
empêche l'industrie du cinéma de prospérer et de construire de
nouveaux projets.
S'agissant de la crise financière et économique qui
frappe nombre de pays dans le monde, M. Jacob a reconnu qu'elle "va
retarder certainement des projets".
"Le cinéma en salles ne se porte pas trop mal, car
il est connu que, dans les périodes de crise économique grave, les
spectateurs vont dans les salles de cinéma pour se changer les idées et
rêver sur des personnages romanesques et des situations merveilleuses
ou dramatiques", a-t-il affirmé.
Auteur du livre "La vie passera comme un rêve", M.
Jacob a confié que son ouvrage qui paraîtra en Chine, se déroule sur six
décennies et est construit en un va-et-vient permanent entre le
présent et le passé, l'art et l'industrie, le rêve et la réalité.
"C'est un livre où sont peints beaucoup de portraits
de stars, de grands metteurs en scène et de personnalités du cinéma que
j'ai rencontrés et c'est enfin un hommage à ma famille et à mes
ancêtres" , a précisé M. Jacob.
