Par GEMA
KINSHASA, 12 mai (Xinhua) -- Les rebelles des Forces
démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR), qui se réfugient
depuis des années dans le territoire de la République démocratique du
Congo (RDC), ont attaqué dans la nuit du 11 au 12 mai la localité de
Bingi, à 100 km au sud de la ville de Butembo, dans la province du
Nord-Kivu, défiant les Forces armées de la RDC (FARDC), la Misson de l'ONU
en RDC (MONUC) et l'administration locale.
"Tout le centre commercial ainsi que quelques
habitations ont été systématiquement pillés, alors que des militaires des
FARDC cantonnés sur place n'ont pu intervenir dans cette attaque", ont
indiqué des sources crédibles sur place.
Selon ces sources, l'attaque a débuté vers minuit et
s'est poursuivie jusqu'à 05h30 heure locale (03h30 GMT). Vers 07h00
( 05h00 GMT), quelques habitants qui avaient fui Bingi ont commencé
timidement à regagner les domiciles.
Réunis mardi en session extraordinaire à Goma, chef
lieu du Nord-Kivu, les députés du territoire de Lubero, théâtre
d'attaques fréquentes des FDLR depuis deux mois, ont énergiquement condamné
l'attaque de Bingi et sollicité l'intervention du gouvernement
centrale et de la Monuc.
"Butalongola a été brûlé, Kanyabayonga, Kayina,
Niovwe, Kambandi et maintenant Bindi qui a été pillée et saccagées toute la
nuit d'aujourd'hui. Nous sommes donc inquiets. Nous demandons vraiment
au gouvernement de pouvoir s'impliquer activement, trouver une
solution rapide au problème des institutions de Lubero, et prendre le
cas de Lubero comme une priorité", a déclaré à la radio locale le député
provincial Muhindo Nzangi, originaire de Lubero après la rencontre.
Selon lui, la population de Lubero accuse également
les éléments des Forces armées de la République démocratiques du
Congo (FARDC), d'être impliqués dans les actes commis notamment à
Butalongola et à Kanyabayonga.
Réagissant à l'attaque de Bingi par les FDLR, qui
n'est pas la première dans le territoire de Lubero, le gouverneur de la
province du Nord-Kivu, Julien Paluku, a déclaré que de nouvelles
mesures sécuritaires ont été prises, après concertation avec le
commandement militaire des FARDC.
Il a reconnu, cependant que les FDLR opèrent par
petits groupes et arrivent à s'infiltrer facilement dans les villages,
avant de porter le coup, ce qui rend difficile leur détection par pare les
militaires congolais.
Accusée de passivité dans les attaques répétées de
plusieurs localités de la province du Nord-Kivu qui mettent en péril la
sécurité des populations de l'est, la MONUC a réaffirmé son
engagement aux côtés des FARDC pour repousser le FDLR de ces zones.
Toutefois, le porte-parole militaire de la MONUC, le
lieutenant- colonel Jean Paul Dietrich, a reconnu les limites de l'action
de cette force à cause de l'immensité du territoire congolais,
soulignant que ses éléments sont "déployés suivant les besoins et
priorités".
"On essaie toujours de déployer nos 35 bases qu'on a
au Nord- Kivu le mieux possible, le plus près des localités qui sont sous
menace", a-t-il déclaré lundi à la presse locale.
Jean Paul Dietrich, qui compte notamment sur la
flexibilité du système de bases opérationnelles mobiles, a promis que ses
dispositifs seront revus chaque mois.
"On va aussi planifier, ensemble avec les FARDC,
des opérations conjointes pour effectivement repousser les FDLR de ces
zones", a- t-il conclu.