DAKAR, 11 mai (Xinhua) -- A cause de la crise
économique mondiale actuelle, la croissance de l'économie africaine sera
de 2, 8% au lieu de 5,7%, estime la Banque africaine de développement
( BAD) dans son rapport annuel "les Perspectives économiques en
Afrique" (PEA), rendu public dimanche à Dakar en marge des
Assemblées annuelles de la banque.
La croissance dans les pays exportateurs de pétrole
devrait baisser à 2,4 % en 2009, comparé à 3,3 % pour les pays
importateurs, précise le rapport, publié conjointement par la
BAD, l'OCDE et la Commission économique Nations Unies pour l'Afrique.
Les auterus du rapport voient cependant la
croissance du continent revenir à 4,5 % en 2010.
Le document, qui couvre 47 pays africains, comparé à
35 pays l'an dernier, souligne que la chute dramatique des prix des
matières premières et la demande en baisse des pays de l'OCDE auront
un effet négatif sur les budgets nationaux des pays africains, avec un
déficit régional tournant autour de 5,5 % du PNB, comparé à un surplus de
3,4 % prévu par les PEA il y a un an.
D'après les PEA 2009, grâce à un environnement
externe favorable, l'Afrique a jouit d'une décennie de croissance,
au-delà de 5 %. La crise financière, qui est maintenant devenue une crise
économique, a grugé ces bénéfices cumulés au cours des ces années de
réformes.
Avec un taux de croissance projeté de seulement 2,8
%, et une pression à la baisse, plusieurs pays pourraient sombrer dans la
pauvreté. Cette situation représente un recul, au-delà du
contrôle des Africains, selon le rapport, qui rappelle que seulement
quelques pays sont sur la voie de diminuer de moitié la part de
la population vivant avec moins d'un dollar par jour en 2015.
"Cependant, nous ne devons pas désespérer", a
indiqué Louis Kasekende, économiste en chef à la BAD, "car la décennie de
réformes a permis d'introduire plus d'efficacité en matière de
management macroéconomique et rendre les économies africaines
plus compétitives".
Sur une note positive, les PEA 2009 notent que
l'Afrique est mieux positionnée pour contrer la crise qu'il y a dix ans.
Plusieurs pays ont engagés des réformes macroéconomiques prudentes au
cours des dernières années, qui ont renforcé leur situation fiscale et
réduit l'inflation à des niveaux inférieurs à 10 %. Plusieurs ont aussi
bénéficié d'allègement substantiel de dettes, avec un ratio de services de
la dette sur exportation se situant à des niveaux bas dans plusieurs
pays.
Pour sa part, Javier Santiso, directeur et
économiste en chef, du Centre de développement de l'OCDE, mentionne que
les pays émergeants de l'Asie et de l'Amérique latine sont devenus des
partenaires commerciaux de plus en plus importants, qui réduisent la
vulnérabilité du continent africain à la performance économique connue dans
les pays de l'OCDE.
Les PEA 2009 mettent l'accent sur les innovations en
matière de technologies de l'information et de la communication (TIC). Le
rapport conclue qu'en dépit des taux peu élevés de pénétration
des nouvelles technologies, des applications novatrices des TIC se
sont répandues dans des domaines comme la banque électronique, le
paiement électronique, l'agriculture électronique, le commerce
électronique, le gouvernement électronique et l'éducation
électronique. Plusieurs de ces outils aident à améliorer
l'environnement des affaires en contribuant au développement des
marchés, en réduisant les barrières liées aux infrastructures et en
réduisant les coûts.
"Ces utilisations
entreprenantes des TIC démontrent que les pays africains peuvent
poursuivre une croissance basée sur des investissements domestiques
accrus, sur la consommation, ce qui réduit les effets exogènes des chocs
et des crises", a ajouté Javier Santiso.