Accueil Chine Monde Afrique Economie Culture/Edu Science/Tech Santé Société Environnement Tourisme Sports
-
L'important incendie sur un gazoduc de Moscou est éteint
-
Etats-Unis : un petit avion s'écrase, cinq morts
-
Une fuite de goudron de houille pollue un fleuve dans le sud-ouest de la Chine
-
Huit disparus après une collision entre un bateau de pêche et un navire dans l'est de la Chine
-
Chine: 200 milliards de yuans prêtés aux régions sinistrées par le séisme pour les secours et la reconstruction
Etats-Unis : des minorités appellent à la vigilance contre le crime de haine
  2009-05-10 19:24:29  

      LOS ANGELES, 10 mai (Xinhua) -- Des minorités aux Etats-Unis  ont conjugué leurs efforts pour sensibiliser toute la société à la vigilance contre le crime de haine visant les minorités et les  immigrés, alors que la récession économique frappe ce pays. 

     Les communautés latino-américaine et asiatique aux Etats-Unis  ont été choquées, lorsque deux jeunes blancs ayant tué un  Latino-américain ont récemment été acquittés par un jury  entièrement composé de blancs. 

     En juillet 2008, Luis Ramirez, un immigré latino-américain qui travaillait dans une usine, a été tué par une bande d'adolescents  blancs haïssant la communauté latino-américaine croissante dans  leur petite ville minière de Shenandoah, en Pennsylvanie. Les deux accusés ont été acquittés de toutes les charges sérieuses contre  eux, y compris le meurtre de 3e degré et l'intimidation ethnique. 

     M. Ramirez, 25 ans, a perdu la vie après avoir reçu des coups  de pied à la tête, pendant que ses attaquants criaient des  expressions racistes en le frappant à coups redoublés.  

     Au cours du procès, un témoin a confirmé que l'un des amis de  la victime avait tenté d'arrêter les brutalités, mais que l'un des attaquants lui avait dit : "Dis à tes amis mexicains de quitter la ville, ou ce sera ton tour après lui". 

     Henry Solano, président par intérim et conseiller général du  Fonds pour la défense légale et l'éducation des Américains  d'origine mexicaine (MALDEF), a appelé sur Internet à la signature d'une pétition, et en 72 heures, il a reçu 25.000 signatures. 

     Sous la pression, le Département de la justice des Etats-Unis  a annoncé la semaine dernière l'ouverture d'une enquête sur la  mort de M. Ramirez. 

     "Il s'agit d'un premier pas important et nous continuerons à  faire pression pour qu'au niveau fédéral, les charges contre le  crime de haine soient bientôt formulées vis-à-vis des attaquants  qui ont tué M. Ramirez", a déclaré M. Sonalo. 

     La communauté asiatique s'est jointe à la communauté  latino-américaine pour appeler à la vigilance contre le crime de  haine visant les minorités, car l'économie américaine est en  déclin et de plus en plus de gens perdent leurs emplois. 

     Carmina Ocampo, avocat du Centre légal des Américains  d'origine asio-pacifique à Los Angeles, a établi un lien entre le  cas Ramirez et celui de Vincent Chin, un Américain d'origine  chinoise tué lors de la précédente récession économique. 

     Il a estimé que le cas Ramirez est tout à fait familier aux  juristes qui travaillent pour les droits civiques. 

     Selon M. Ocampo, M. Ramirez a été humilié avec des expressions racistes et battu jusqu'à ce que mort s'en suive lors d'une  bagarre avec un groupe d'adolescents blancs ayant beaucoup bu.  Similairement, M. Chin, 20 ans, a été brutalement tué à Detroit  par deux ouvriers automobiles blancs qui le prenaient pour un  Japonais, en lui criant dessus des expressions racistes. 

     Le meurtre de M. Ramirez s'est produit au moment où le  sentiment anti-immigration, surtout contre les immigrés  latino-américains, s'accroît aux Etats-Unis, exacerbé par  l'actuelle crise économique. Celui de M. Chin s'est produit à  l'occasion de l'escalade de l'hostilité vis-à-vis des Asiatiques,  surtout des Japonais qui ont été montrés du doigt pour le chômage  des ouvriers américains. 

     Les années 1980 étaient une période dangereuse pour la  communauté asiatique et aujourd'hui c'est pareil pour les  Latino-Américains, selon Helen Zia, une activiste de renom pour  les droits civiques des Américains d'origine asiatique. 

     Dans le cas de M. Ramirez comme dans celui de M. Chin, les  tueurs ont déclaré que leur action doit être excusée, parce qu'ils avaient bu, que les victimes étaient agressives et qu'ils se  bornaient à de l'autodéfense au cours d'une bagarre d'ivrognes. 

     Dans le verdict au niveau étatique, les tueurs de M. Chin  n'ont été condamnés qu'à trois ans de prison avec sursis. Les  Américains d'origine asiatique en furent choqués, ils ont ensuite  lancé une campagne nationale, à l'initiative des Citoyens  Américains pour la Justice (ACJ), afin de revendiquer la  condamnation des tueurs et l'intervention des autorités fédérales. 

     En résultat, le cas de M. Chin constitue la première plainte  portée par les autorités fédérales américaines contre le crime de  haine dont un Asio-Américain a été la victime. Malheureusement,  les meurtriers de M. Chin ont été acquittés encore une fois de  toutes les charges contre eux, y compris le crime de haine, par un jury entièrement composé de blancs à Cincinnati. Les assassins de  M. Chin n'ont purgé aucun jour de peine de prison. 

     Face à l'injustice dans le verdict des tueurs de M. Ramirez, a indiqué M. Ocampo, le MALDEF appelle aussi le Département de la  justice à ouvrir une enquête et à poursuivre les auteurs du  meurtre pour crime de haine. 

     Il a souligné que le cas de Chin est appris aujourd'hui dans  toutes les écoles où il y a des Asio-Américains, pour que toute  une nouvelle génération d'Asio-Américains s'intéresse à l'histoire des Asio-Américains et à l'activisme. 

     En fin de semaine dernière, un documentaire intitulé "Qui a  tué Vincent Chin", réalisé par Christine Choy et Renee Tajima-Pena, sur la mort de M. Chin, a été projeté lors du Festival  cinématographique asiatique et pacifique de Los Angeles. 

     L'une des images les plus impressionnantes et frappantes du  film est celle de la mère de Chin, Lily Chin, l'une des plus  courageuses héroïnes de la campagne Chin. Son visage était déformé par la douleur, lorsqu'elle a parlé de la mort de son fils et  réclamé la justice. 

     Mai est le mois de l'Héritage des Américains d'origine  asio-pacifique. La communauté asiatique le doit à Vincent Chin et  se rappelera comment elle-même et d'autres communautés de couleur  se sont réunies afin de réclamer la justice pour M. Chin, a ajouté M. Ocampo. 

     De l'autre côté, la Chambre des représentants des Etats-Unis a adopté le 27 avril dernier une loi pour que le Département de la  justice poursuive les auteurs de crime de haine contre les  lesbiennes, les gays, les bisexuels et les transexuels, entraînant la mort ou des blessures graves.