Par YU Hailiu
MOSCOU, 9 mai (Xinhua) -- Le président russe Dmitri
Medvedev a fêté jeudi sa première année au Kremlin, après avoir connu une
guerre de courte durée avec la Géorgie voisine, des hauts et des bas
dans les relations avec l'Occident et l'expansion d'une crise financière
mondiale.
En dépit des réformes lancées dans plusieurs
domaines par ce juriste de 43 ans et qualifié de libéral, des analystes
pensent qu'il n'y aura pas d'important changement politique dans l'année
à venir.
STABILITE VERSUS REFORME
M. Medvedev, l'ancien premier vice-Premier ministre,
a succédé à son mentor de longue date Vladimir Poutine deux mois après une
victoire écrasante à l'élection présidentielle.
M. Poutine, dont la présidence de huit ans a été
caractérisée par le développement économique et la stabilité politique à
l'intérieur du pays, considérait la stabilité et l'unité des esprits
comme une garantie de la résurgence de la Russie.
Une telle opinion a été reflétée par le nom du Parti
dirigé par M. Poutine, Russie Unie, qui dispose de deux tiers des sièges
à la Douma (Chambre basse du Parlement russe). Il s'agissait d'un
consensus entre des hommes politiques russes et du point de
départ des travaux de M. Medvedev.
Les reportages de médias occidentaux sur la supposée
discorde entre MM. Medvedev et Poutine n'ont jamais cessé depuis que ce
dernier a quitté le poste de chef d'Etat pour devenir le Premier
ministre du premier. Pourtant les deux dirigeants russes coopéraient
étroitement face à la guerre du Caucase en août dernier et ont continué à
le faire face à la crise financière mondiale. Des analystes ont indiqué
que M. Medvedev continuerait à maintenir l'harmonie du duo, et ce pour
préserver l'unité au sein de la direction suprême de la Russie.
M. Medvedev a réaffirmé à maintes reprises son
attachement aux politiques de son prédécesseur, qui "ont jeté les bases
solides pour le développement à long terme, pour plusieurs décennies de
développement libre et stable".
M. Poutine, que beaucoup voient comme celui qui aime
tirer les ficelles tout en étant sur le siège arrière, a pour sa part
déclaré que son duo avec M. Medvedev était très efficace.
Le duo Medvedev-Poutine demeurera la caractéristique
principale de la scène politique russe, selon des analystes.
"Alors qu'il (Medvedev) est sorti du manteau de
Poutine, les deux (hommes politiques) demeurent définitivement des membres
de la même équipe", a commenté Victor Mizine, professeur de
l'Institut d'Etat des relations internationales de Moscou, cité par
The Moscow Times.
M. Medvedev est déterminé à promouvoir des réformes
dans différents domaines, mais l'essentiel de ces réformes consiste à
assurer la stabilité de la Russie.
Le 5 novembre 2008, il a annoncé une série de
mesures de réforme politique, dont la prolongation des mandats
présidentiel et parlementaire ainsi que le changement du processus
d'élection des législateurs. M. Medvedev a également lancé un plan de
lutte contre la corruption et créé un mécanisme de déclaration des
revenus des officiels du gouvernement.
Selon des analystes, M. Medvedev poursuivra la voie
de la réforme politique et de la lutte contre la corruption durant sa
deuxième année de présidence.
Bien que la crise financière mondiale détourne une
partie de l'attention des dirigeants russes, M. Medvedev a souligné que
cette crise était un problème économique temporaire et ne devait pas
être un prétexte pour ralentir les réformes
politiques.
DEFIS EXTERIEURS ET INTERIEURS
Dans l'année écoulée, M. Medvedev a concentré sa
diplomatie sur la défense de la sécurité de la Russie.
Les Etats-Unis ont tenté d'étouffer et d'écraser la
Russie sous l'ancienne administration (George W.) Bush, par le biais de
l'expansion de l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord (OTAN)
vers l'Est, le déploiement du bouclier antimissile en Europe centrale
ainsi que le report des négociations sur la réduction des armes
stratégiques avec la Russie.
Dans le cadre de sa réaction, la Russie a proposé
d'une part un nouveau traité de sécurité en Europe, et d'autre part s'est
engagée activement dans le développement pour rétablir sa
puissance.
Le plus grand défi pour M. Medvedev dans le domaine
des affaires étrangères durant les 12 mois passés a été la guerre de
cinq jours avec la Géorgie.
Des analystes russes ont estimé que cette guerre
survenue en août dernier avait constitué un tournant de la diplomatie
russe, marqué par le fait que la Russie avait montré les dents pour la
première fois à l'Occident depuis l'effondrement de l'ex-Union
soviétique.
Cette année, le nouveau président américain Barack
Obama s'est engagé à "réajuster" les relations avec la Russie, et la
situation entre Washington et Moscou a tendance à se décrisper plus ou
moins. Les deux parties ont désormais repris leurs négociations sur
la réduction des armes stratégiques.
Si le processus de "réajustement" entre la Russie et
les Etats-Unis est apparemment sur les bons rails, la Russie pourra
profiter de son avantage en tant qu'important fournisseur de pétrole
et promouvoir ainsi son statut et son influence sur la scène mondiale, ont
affirmé des analystes.
M. Medvedev a également envisagé une réforme
militaire de grande ampleur destinée à rénover l'armée, qui se poursuivra
dans les années à venir.
Quant aux politiques domestiques, les mesures
anti-crise, telles que le soutien à d'importantes entreprises et à la
création d'emplois, ont produit des résultats en Russie, amortissant
l'impact de la récession économique mondiale.
Bien qu'il n'existe pas actuellement de risque pour
l'économie russe de plonger dans un déclin catastrophique, ses perspectives
ne sont pas encore claires.
Selon des médias russes, M. Medvedev essayera dans
les années à venir de montrer plus visiblement son style personnel, mais
poursuivra son application du "Plan de Poutine" qui consiste à
conduire la Russie sur la voie du développement modernisé.
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