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Le conflit au Tchad provoque des tensions et des préoccupations humanitaires (PAPIER GENERAL)
  2009-05-09 08:54:54  

     NAIROBI, 8 mai (Xinhua) -- La reprise des combats dans l'est du Tchad a causé d'énormes dégâts, provoquant des tensions avec le  Soudan voisin et des préoccupations humanitaires. 

     Jeudi, l'armée tchadienne a annoncé sa première bataille avec  les rebelles de l'Union des forces de la résistance (UFR) cette  année, dans laquelle plus de 140 personnes, pour la plupart des  rebelles, ont trouvé la mort.  

     L'UFR a perdu 125 combattants dans des combats qui ont duré  plusieurs heures près de la ville du nord d'Am-Dam, située à 100km de la frontière tchado-soudanaise, a proclamé le ministre tchadien par intérim de la Défense, Adoum Younousmi, dans un communiqué. 

     L'armée gouvernementale a également capturé 150 rebelles et de  nombreux véhicules lors des affrontements qui ont fait 21 morts et des dizaines de blessés du côté des forces gouvernementale, a  indiqué le communiqué.  

     Pendant que le gouvernement a déclaré la victoire en stoppant  l'avancée des rebelles, l'UFR a soutenu avoir pris la ville d'Am- Dam dans sa marche vers la capitale N'Djamena.  

     La rébellion a annoncé sa première prise jeudi, alors que le  gouvernement niait tout affrontement terrestre.  

     Ces affrontements opposant les forces gouvernementales à la  rébellion ont éclaté plusieurs mois après la formation de l'UFR le 22 janvier, qui regroupe huit factions rebelles visant à renverser le président Idriss Deby Itno.  

     Timane Erdimi, 54 ans, un cousin du président Deby, a été porté à la tête de l'UFR, qui implique les forces du Rassemblement des  forces pour le changement (RFC) d'Erdimi, et de l'Union des forces pour le changement de la démocratie (UFDD) de Mahamat Nouri. 

     Les deux groupes, le RFC et l'UFDD, ont tous pris part à  l'attaque sur N'Djamena en février 2008. L'assaut a été repoussé  par l'armée tchadienne suite à une rupture entre les rebelles au  sujet du partage des pouvoirs.  

     Faisant face au retour des rebelles, le gouvernement tchadien a accusé jeudi le Soudan d'être impliqué dans l'attaque, accusation  qui a été immédiatement rejeté par Khartoum.  

     Les retombées de l'affrontement ont rapidement refroidi le  réchauffement des relations tchado-soudanaises, qui ont signé un  accord dimanche pour mettre un terme aux hostilités tout en  envisageant un sommet pour un accord de paix global.  

     Les tensions dominent les relations bilatérales entre les deux  pays depuis la naissance de la rébellion du Mouvement pour la  Justice et l'Egalité (MJE) dans la région soudanaise du Darfour en 2003. Suite à des accusations mutuelles de soutien des rébellions  dans chacun des deux Etats, le Tchad et le Soudan ont rompu les  relations diplomatiques en avril 2006 et en mai 2008. Leurs liens  n'ont été rétablis qu'au 9 novembre 2008.  

     La récente recrudescence des affrontements dans l'Est du Tchad  a suscité de profondes préoccupations au sujet de la situation  humanitaire dans la région.  

     Am-Dam se situe à 100km d'Abéché, ville qui abrite nombreux  sièges des organisations humanitaires et des dizaines de milliers  de réfugiés du Darfour et des déplacés internes du Tchad.  

     Le Programme alimentaire mondial de l'ONU a suspendu  temporairement jeudi la distribution de nourriture aux réfugiés  soudanais dans l'est du Tchad en raison de la dégradation de la  situation sécuritaire. 

     Le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon a exhorté mercredi  les deux parties à éviter de se rendre dans les régions où se  déroulent les activités humanitaires qui sont sous la protection  de la Mission de l'ONU en République centrafricaine et les forces  de la MINURCAT au Tchad.  

     "Toute tentative de déstabilisation par la violence est  inacceptable", a condamné Ban dans une déclaration, ajoutant que  la MINURCAT agira dans le cadre de son mandat et ses missions pour protéger les civils menacés par des éléments armés.  

     La MINURCAT forte de 5.000 effectifs a remplacé la mission  européenne au Tchad et en République centrafricaine en mars pour  protéger 190.000 déplacés au Tchad et 262.000 réfugiés venus de la région soudanaise du Darfour.