NAIROBI, 8 mai (Xinhua) -- La reprise des combats
dans l'est du Tchad a causé d'énormes dégâts, provoquant des tensions avec
le Soudan voisin et des préoccupations humanitaires.
Jeudi, l'armée tchadienne a annoncé sa première
bataille avec les rebelles de l'Union des forces de la résistance (UFR)
cette année, dans laquelle plus de 140 personnes, pour la plupart des
rebelles, ont trouvé la mort.
L'UFR a perdu 125 combattants dans des combats qui
ont duré plusieurs heures près de la ville du nord d'Am-Dam, située à
100km de la frontière tchado-soudanaise, a proclamé le ministre
tchadien par intérim de la Défense, Adoum Younousmi, dans un
communiqué.
L'armée gouvernementale a également capturé 150
rebelles et de nombreux véhicules lors des affrontements qui ont fait 21
morts et des dizaines de blessés du côté des forces gouvernementale, a
indiqué le communiqué.
Pendant que le gouvernement a déclaré la victoire en
stoppant l'avancée des rebelles, l'UFR a soutenu avoir pris la ville
d'Am- Dam dans sa marche vers la capitale N'Djamena.
La rébellion a annoncé sa première prise jeudi,
alors que le gouvernement niait tout affrontement terrestre.
Ces affrontements opposant les forces
gouvernementales à la rébellion ont éclaté plusieurs mois après la
formation de l'UFR le 22 janvier, qui regroupe huit factions rebelles
visant à renverser le président Idriss Deby Itno.
Timane Erdimi, 54 ans, un cousin du président Deby,
a été porté à la tête de l'UFR, qui implique les forces du Rassemblement
des forces pour le changement (RFC) d'Erdimi, et de l'Union des
forces pour le changement de la démocratie (UFDD) de Mahamat Nouri.
Les deux groupes, le RFC et l'UFDD, ont tous pris
part à l'attaque sur N'Djamena en février 2008. L'assaut a été repoussé
par l'armée tchadienne suite à une rupture entre les rebelles au
sujet du partage des pouvoirs.
Faisant face au retour des rebelles, le gouvernement
tchadien a accusé jeudi le Soudan d'être impliqué dans l'attaque,
accusation qui a été immédiatement rejeté par Khartoum.
Les retombées de l'affrontement ont rapidement
refroidi le réchauffement des relations tchado-soudanaises, qui ont signé
un accord dimanche pour mettre un terme aux hostilités tout en
envisageant un sommet pour un accord de paix global.
Les tensions dominent les relations bilatérales
entre les deux pays depuis la naissance de la rébellion du Mouvement pour
la Justice et l'Egalité (MJE) dans la région soudanaise du Darfour
en 2003. Suite à des accusations mutuelles de soutien des rébellions
dans chacun des deux Etats, le Tchad et le Soudan ont rompu les
relations diplomatiques en avril 2006 et en mai 2008. Leurs liens
n'ont été rétablis qu'au 9 novembre 2008.
La récente recrudescence des affrontements dans
l'Est du Tchad a suscité de profondes préoccupations au sujet de la
situation humanitaire dans la région.
Am-Dam se situe à 100km d'Abéché, ville qui abrite
nombreux sièges des organisations humanitaires et des dizaines de milliers
de réfugiés du Darfour et des déplacés internes du Tchad.
Le Programme alimentaire mondial de l'ONU a suspendu
temporairement jeudi la distribution de nourriture aux réfugiés
soudanais dans l'est du Tchad en raison de la dégradation de la
situation sécuritaire.
Le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon a
exhorté mercredi les deux parties à éviter de se rendre dans les régions
où se déroulent les activités humanitaires qui sont sous la protection
de la Mission de l'ONU en République centrafricaine et les forces de
la MINURCAT au Tchad.
"Toute tentative de déstabilisation par la violence
est inacceptable", a condamné Ban dans une déclaration, ajoutant que
la MINURCAT agira dans le cadre de son mandat et ses missions
pour protéger les civils menacés par des éléments armés.
La MINURCAT forte de 5.000 effectifs a remplacé la
mission européenne au Tchad et en République centrafricaine en mars pour
protéger 190.000 déplacés au Tchad et 262.000 réfugiés venus de
la région soudanaise du Darfour.