LOS ANGELES, 8 mai (Xinhua) -- "Les enfants ayant
des enfants" constituent un problème de longue date aux Etats-Unis,
et demeurent un casse-tête pour de nombreux parents américains.
Les Américains ont marqué mercredi la Journée
nationale de prévention de la grossesse d'adolescentes, les statistiques
montrant que le taux de grossesse d'adolescentes a augmenté de 5%
entre 2005 et 2007 aux Etats-Unis, et beaucoup d'Etats ont rapporté
une hausse plus significative des naissances parmi des adolescentes.
Les Etats-Unis ont le taux de grossesse
d'adolescentes le plus élevé dans le monde industrialisé, soit deux fois
plus qu'au Royaume-Uni et au Canada, ou huit fois plus qu'aux Pays-Bas et
au Japon, selon la Campagne nationale (des Etats-Unis) pour prévenir
la grossesse d'adolescentes et non planifiée.
Trois adolescentes américaines sur dix ont une
grossesse au moins avant 20 ans, cela signifie une grossesse pour 745.000
adolescentes chaque année.
Les statistiques montrent aussi que deux tiers des
cas de grossesse d'adolescentes se produisent entre 18 et 19 ans, et
presque la moitié d'entre elles n'a jamais pensé à l'influence de
cette grossesse sur sa vie. La maternité constitue en effet la
première cause de décrochage scolaire d'adolescentes aux Etats-Unis.
Moins de la moitié des mères adolescentes sort diplômée du lycée, et moins
de 2% d'entre elles ont un diplôme universitaire à l'âge de 30 ans.
La grossesse non planifiée d'adolescentes produit de
sérieuses conséquences négatives, a estimé le député de l'Assemblée de
l'Etat de Californie, Ted Lieu, s'engageant à continuer à promouvoir
des programmes globaux, appropriés et basés sur des preuves afin de
réduire la grossesse non planifiée aux niveaux étatique, local et
communautaire.
Selon des experts, les adolescentes ont besoin
d'être sensibilisées à l'abstinence et à la contraception, deux méthodes
essentielles pour prévenir la grossesse d'adolescentes.
L'abstinence sexuelle est à 100% efficace pour
prévenir la grossesse d'adolescentes, mais le sexe parmi les adolescents
ne peut être totalement contrôlé, ont-ils reconnu.
Aux Etats-Unis, la loi interdit aux adultes d'avoir
des relations sexuelles avec les adolescents, mais il n'y a pas de
loi contre le sexe entre adolescents. Les parents et les enseignants
peuvent encourager les adolescents à l'abstinence, mais ne
peuvent pas les forcer à le faire.
Sarah Brown, la directrice de la Campagne nationale
de prévention de la grossesse d'adolescentes et non planifiée, a
indiqué qu'un déclin des relations sexuelles et une hausse de la
contraception parmi les adolescents étaient à l'origine de la baisse
remarquable de la grossesse d'adolescentes au début des années 1990, mais
pas aujourd'hui.
Entre 2005 et 2007, les relations sexuelles ont
augmenté et la contraception parmi les adolescents sexuellement actifs a
diminué dans le groupe des élèves des lycées.
Des observateurs ont noté que la préoccupation sur
le VIH/SIDA a contribué à la vigilance des jeunes, surtout des hommes,
vis-à-vis des relations sexuelles, et à la généralisation de l'usage
des préservatifs. Cette préoccupation a aussi contribué au déclin de la
grossesse d'adolescentes pendant plusieurs années.
Un récent sondage mené auprès de jeunes entre 18 et
29 ans montre que 17% des interrogés se sont déclarés préoccupés du
VIH/SIDA aujourd'hui, contre 30% en 1997.
Parmi des lycéens, 83% ont pensé au VIH/SIDA en
2007, contre 92% en 1997.
L'abstinence est considérée comme le premier et
meilleur choix pour les adolescents et est également largement soutenue par
des parents. Cependant des enseignants ont déclaré que l'éducation en
matière d'abstinence aux Etats-Unis n'a pas fourni d'information
adéquate sur la contraception, ni suffisamment encouragé les
adolescents sexuellement actifs à recourir constamment et
soigneusement à la contraception.
Face à l'actuelle crise économique, la préoccupation
s'accroît sur les financements de la campagne de prévention de la grossesse
d'adolescentes.
Une enquête menée par la Campagne nationale
en décembre 2008 montre que dans la moitié des 50 Etats des Etats-Unis,
le secteur public et le privé ont l'intention de couper leurs
dépenses destinées à financer les programmes de prévention de la
grossesse d'adolescentes, tandis que d'autres annoncent des fonds
peu importants.