NAIROBI, 8 mai (Xinhua) -- L'insécurité alimentaire,
les conflits et l'instabilité politique menacent le bien-être et la
vie des millions d'enfants dans la Corne de l'Afrique, a indiqué
vendredi le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (Unicef).
L'Unicef a averti dans un communiqué publié à
Nairobi que c'est une réalité que des millions de familles seront
vulnérables à moins qu'une action urgente ne soit prise.
"Ces derniers mois nous avons témoigné une
croissance stable du nombre d'enfants souffrant de malnutrition grave, ce
qui signifie davantage d'enfants devant le risque de mourir et de
maladies", a indiqué Dorothy Rozga, directrice régionale adjointe de
l'Unicef pour l'Afrique de l'est et australe.
"Nous sommes témoins de tragédies trop familières et
à moins que nous agissions en urgence, la situation de beaucoup plus
d'enfants ne peut qu'empirer", a-t-elle affirmé.
On estime que 19,8 millions de personnes, dont
quatre millions d'enfants de moins de cinq ans, ont besoin d'une aide
urgente.
Il s'agit d'une augmentation substantielle par
rapport au chiffre de 14 millions en septembre 2008.
Selon l'Unicef, la combinaison du changement
climatique, de la crise économique mondiale et de la hausse des conflits
et de l'insécurité, y compris le détournement de bâteaux au large de la
côte somalienne, contribuent à cette situation urgente.
"Nous devons relever le défi du statu quo. Nous
avons grand besoin des gouvernements nationaux pour qu'ils démontrent une
direction forte et accomplissent leurs responsabilités afin de
protéger les plus pauvres et les plus vulnérables", a souligné
Mme Rozga.
"Nous avons également besoin des donateurs
internationaux pour fournir des financements afin de faire face aux
impacts immédiats tandis que nous devons avec les gouvernements nationaux
trouver de meilleures façons de travailler avec les communautés pour
atténuer leur vulnérabilité."
L'Unicef a indiqué un nombre croissant d'enfants
souffrant de grave malnutrition, un état qui peut conduire à la mort si
l'on ne les soignent pas rapidement.
Dans l'est du Kenya, le choléra causé par les
mauvaises conditions sanitaires et l'eau non propre contribue à aggraver
la malnutrition et la mortalité alors qu'en Somalie, le taux de
malnutrition est supérieur de 18,6% et même à 20% dans certaines
régions du pays, selon l'Unicef.
A Djibouti, le taux de malnutrition reste au-dessus
du plafond des normes de l'OMS. Entre décembre 2007 et décembre 2008 il y
a eu une augmentation du nombre d'enfants mal nourris dans le pays,
de 7.302 cas à 18.417 cas, notamment dans les banlieues de la
capitale et dans la région du Nord-Ouest.
En Erythrée, la saison des pluies "Bahari", qui
arrive normalement en octobre, a été en retard et irrégulière.
Dans les provinces de Gash Barka et d'Anseba du
pays, les taux de malnutrition s'élèvent au-dessus du plafond du niveau
d'alerte de l'OMS de 15%, et en février les taux d'admission aux centres
d'alimentation thérapeutiques étaient déjà deux à six fois plus
élevés qu'en 2008.
"En Ethiopie, vu le retard des pluies Belg et
l'approche de la famine, il y a des indications que les mauvaises
conditions de sécurité alimentaire dans certaines régions du pays
empireront", a indiqué l'agence onusienne.
Toujours selon l'Unicef, l'accès à l'eau et aux
services sanitaires sûrs est extrêmement limité dans la région, rendant
fort susceptible l'apparition des maladies transmises par voie
d'eau.
Le choléra et des maladies diarrhéiques ont été
rapportés au Kenya, en Ethiopie, en Erythrée et en Somalie, menaçant
davantage la vie des enfants.
Au Kenya, entre le début janvier et la mi-avril,
l'apparition du choléra a affecté plus de 2.000 personnes dans 20
districts, a signalé l'Unicef.
En Somalie, la violence continue à Mogadiscio a
empêché l'accès aux traitements et soins du choléra, a souligné l'agence
onusienne. Un important déclenchement de diarrhée aiguë a été
rapporté dans le sud en Ethiopie.
"L'Unicef, travaillant étroitement avec ses
partenaires humanitaires, cherche à élargir son assistance aux plus
vulnérables et à leur assurer des services complets, dont les soins
de santé, accès à l'eau et aux sanitaires propres et sûrs, traitements
pour la malnutrition, ainsi que les réseaux de protection pour l'enfant et
l'octroi de prêts".
L'Unicef travaille déjà étroitement avec ses
partenaires à renforcer ses systèmes de surveillance sur l'alimentation, à
élargir la distribution de nourriture basée sur la communauté et
à améliorer l'accès à l'eau propre et aux sanitaires sûrs.
"Ces efforts ont accru la capacité de traitement
en Ethiopie, de 20.000 cas par mois en janvier 2008 à quelque 80.000
cas maintenant. Ce système innovateur a besoin d'être soutenu
et complémenté par l'Unicef et d'autres partenaires", a indiqué
le communiqué.