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COMMENTAIRE : Une vision claire de la pandémie de grippe est nécessaire pour éviter une panique inutile
  2009-05-08 08:37:07  

     GENEVE, 7 Mai (Xinhua) - Alors que la grippe A (H1N1) continue à se répandre, l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) a  récemment indiqué qu'il est possible de relever enfin le niveau  d'alerte pandémique mondiale à la phase 6, ce qui signifie qu'une  pandémie de grippe est en cours dans le monde entier.  

     Qu'est-ce qu'une pandémie de grippe? Comment est-elle son  échelle et à quelle mesure de gravité infectera-t-elle les gens?  Est-ce que le monde pourrait faire face à elle? Pour répondre à  ces questions, les gens ont besoin d'avoir une vision claire de la signification réelle de cette pandémie de grippe afin d'éviter une panique inutile.  

     Pas la fin du monde 

     La pandémie de grippe semble très terrifiante, comme elle  avait fait auparavant parfois de nombreuses victimes, en  particulier la fameuse "grippe espagnole" en 1918, qui a fait un  total étonnant de 40 à 50 millions de morts dans le monde entier.  

     Normalement, une pandémie de grippe est causée par un virus  nouvellemement apparu ou encore inconnu pour l'homme. En raison de l'absence de l'immunité du corps humain contre ce nouveau virus et le décalage de la production de vaccins, de nombreuses personnes  peuvent être facilement infectées et mourir de complications  causées par le virus.  

     Toutefois, la gravité des pandémies de grippe est différente. Les deux épidémies de grippe en 1957 et en 1968 ont exercé un  impact beaucoup moins grave sur le monde, et ont causé beaucoup  moins de décès.  

     Des experts et responsables de l'OMS ont souligné à maintes  reprise que la pandémie, par définition, se réfère principalement  à l'extension géographique de la maladie, au lieu de la gravité  des conséquences.  

     Prenez la grippe A (H1N1) comme exemple, si l'OMS la déclare  officiellement comme une pandémie en augmentant son niveau  d'alerte pandémique à six, cela signifie juste que le virus a  causé la transmission soutenue de l'homme à l'homme dans les  régions en dehors de l'Amérique du Nord, comme l'Europe ou l'Asie. Il n'a rien à voir avec la gravité ou la mortalité de l'épidémie,  qui sont encore en évolution, et personne ne peut prédire pour  l'instant.  

     "Le niveau 6 ne veut pas dire, absolument pas dire, que nous  nous approchions de la fin du monde. Il est important d'être clair sur ce point car sinon, si nous annonçons le niveau 6, nous  provoquerons une vague de panique superflue", a indiqué le  directeur général de l'OMS, Margaret Chan, dans une interview  accordé au journal espagnol El Pais et publiée récemment.  

     Prendre le problème au sérieux  

     Même si une panique inutile doit être évitée, le monde ne  peut pas se permettre de se mépriser d'une éventuelle pandémie.  Après tout, des pandémies, comme celle en 1918, avaient causé de  terribles conséquences.  

     Récemment, la grippe A (H1N1) au Mexique, épicentre de  l'épidémie actuelle, a montré des signes de déclin, et le nombre  total des morts signalés à l'OMS est seulement 31 jusqu'à jeudi.  Toutefois, des responsables de l'OMS continuent à mettre en garde  les pays à maintenir un niveau élevé d'alerte à mesure que la  maladie se propage à d'autres pays et que les virus de la grippe  sont connus pour leur comportement imprévisible.  

     "Dans cette situation, il est essentiel que nous continuions  de maintenir et de renforcer notre vigilance et surveillance", a  indiqué le Dr Keiji Fukuda, sous-directeur général de l'OMS pour  la sécurité sanitaire et de l'environnement, lors d'un point de  presse à Genève.  

     M. Fukuda s'est dit particulièrement préoccupé par le fait  que la maladie se déplace à l'hémisphère sud, où les mois les plus froids viendront bientôt et les virus de la grippe ont tendance à  être plus actifs.  

     Le chef de l'OMS, le Dr Margaret Chan, a également souligné  l'importance de rester en alerte pour les nouveaux virus.  

     "A ce point, Rien n'indique que nous avons affaire à la même  situation qu'en 1918", a-t-elle indiqué le 4 mai à une réunion  informelle de l'Assemblée générale des Nations Unies sur la grippe A (H1N1).  

     "Mais cette situation peut changer, non pas parce que nous  sous-estimons ou sur-estimons la situation, mais simplement parce  que les virus de la grippe changent constamment de façon  imprévisible", a-t-elle averti.  

     Tirer la leçon de l'histoire  

     L'histoire a montré que quand une nouvelle épidémie apparaît, il peut menacer un grand nombre de pays différents, tout  simplement parce que le monde est interconnecté aux différents  niveaux. Et le monde d'aujourd'hui est encore plus intégré que  jamais. Mais, tout comme le Dr Fukuda a fait remarquer: "La même  chose qui fait des maladies une menace est aussi une chose qui  nous permet de les contrôler."  

     Selon le Dr Fukuda, la communauté internationale a appris  beaucoup de la lutte contre le SARS et autres maladies au cours  des dernières années.  

     "Lorsque le monde a été en mesure de mettre des ressources  ensemble, de travailler ensemble dans un effort coordonné, il est  vraiment en mesure de contenir une épidémie qui pourrait avoir  filé hors de contrôle", a-t-il souligné.  

     Selon le Dr Margaret Chan, le monde actuel est mieux préparé  à une pandémie de grippe que jamais.  

     "Les mesures préparatives prises en raison de la menace de la grippe aviaire H5N1 ont été un investissement, et nous bénéficions maintenant de cet investissement", a-t-elle dit.  

     Le virus A (H1N1) poursuit sa propagation. Personne ne sait  exactement comment la situation va évoluer. Mais avec une haute  alerte sur la pandémie, une coopération étroite entre les pays, et la "meilleure surveillance" à la main, le monde pourrait certes  minimiser l'impact de ce nouveau virus.