GENEVE, 7 Mai (Xinhua) - Alors que la grippe A
(H1N1) continue à se répandre, l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) a
récemment indiqué qu'il est possible de relever enfin le niveau
d'alerte pandémique mondiale à la phase 6, ce qui signifie qu'une
pandémie de grippe est en cours dans le monde entier.
Qu'est-ce qu'une pandémie de grippe? Comment
est-elle son échelle et à quelle mesure de gravité infectera-t-elle les
gens? Est-ce que le monde pourrait faire face à elle? Pour répondre à
ces questions, les gens ont besoin d'avoir une vision claire de
la signification réelle de cette pandémie de grippe afin d'éviter
une panique inutile.
Pas la fin du monde
La pandémie de grippe semble très terrifiante, comme
elle avait fait auparavant parfois de nombreuses victimes, en
particulier la fameuse "grippe espagnole" en 1918, qui a fait un
total étonnant de 40 à 50 millions de morts dans le monde entier.
Normalement, une pandémie de grippe est causée par
un virus nouvellemement apparu ou encore inconnu pour l'homme. En raison
de l'absence de l'immunité du corps humain contre ce nouveau virus
et le décalage de la production de vaccins, de nombreuses personnes
peuvent être facilement infectées et mourir de complications causées
par le virus.
Toutefois, la gravité des pandémies de grippe est
différente. Les deux épidémies de grippe en 1957 et en 1968 ont exercé un
impact beaucoup moins grave sur le monde, et ont causé beaucoup
moins de décès.
Des experts et responsables de l'OMS ont souligné à
maintes reprise que la pandémie, par définition, se réfère principalement
à l'extension géographique de la maladie, au lieu de la gravité des
conséquences.
Prenez la grippe A (H1N1) comme exemple, si l'OMS la
déclare officiellement comme une pandémie en augmentant son niveau
d'alerte pandémique à six, cela signifie juste que le virus a causé
la transmission soutenue de l'homme à l'homme dans les régions en dehors
de l'Amérique du Nord, comme l'Europe ou l'Asie. Il n'a rien à voir avec la
gravité ou la mortalité de l'épidémie, qui sont encore en évolution, et
personne ne peut prédire pour l'instant.
"Le niveau 6 ne veut pas dire, absolument pas dire,
que nous nous approchions de la fin du monde. Il est important d'être
clair sur ce point car sinon, si nous annonçons le niveau 6, nous
provoquerons une vague de panique superflue", a indiqué le directeur
général de l'OMS, Margaret Chan, dans une interview accordé au journal
espagnol El Pais et publiée récemment.
Prendre le problème au sérieux
Même si une panique inutile doit être évitée, le
monde ne peut pas se permettre de se mépriser d'une éventuelle pandémie.
Après tout, des pandémies, comme celle en 1918, avaient causé de
terribles conséquences.
Récemment, la grippe A (H1N1) au Mexique, épicentre
de l'épidémie actuelle, a montré des signes de déclin, et le nombre
total des morts signalés à l'OMS est seulement 31 jusqu'à jeudi.
Toutefois, des responsables de l'OMS continuent à mettre en garde
les pays à maintenir un niveau élevé d'alerte à mesure que la
maladie se propage à d'autres pays et que les virus de la grippe
sont connus pour leur comportement imprévisible.
"Dans cette situation, il est essentiel que nous
continuions de maintenir et de renforcer notre vigilance et surveillance",
a indiqué le Dr Keiji Fukuda, sous-directeur général de l'OMS pour
la sécurité sanitaire et de l'environnement, lors d'un point de
presse à Genève.
M. Fukuda s'est dit particulièrement préoccupé par
le fait que la maladie se déplace à l'hémisphère sud, où les mois les
plus froids viendront bientôt et les virus de la grippe ont tendance à
être plus actifs.
Le chef de l'OMS, le Dr Margaret Chan, a également
souligné l'importance de rester en alerte pour les nouveaux virus.
"A ce point, Rien n'indique que nous avons affaire à
la même situation qu'en 1918", a-t-elle indiqué le 4 mai à une réunion
informelle de l'Assemblée générale des Nations Unies sur la grippe A
(H1N1).
"Mais cette situation peut changer, non pas parce
que nous sous-estimons ou sur-estimons la situation, mais simplement parce
que les virus de la grippe changent constamment de façon
imprévisible", a-t-elle averti.
Tirer la leçon de l'histoire
L'histoire a montré que quand une nouvelle épidémie
apparaît, il peut menacer un grand nombre de pays différents, tout
simplement parce que le monde est interconnecté aux différents
niveaux. Et le monde d'aujourd'hui est encore plus intégré que
jamais. Mais, tout comme le Dr Fukuda a fait remarquer: "La même
chose qui fait des maladies une menace est aussi une chose qui nous
permet de les contrôler."
Selon le Dr Fukuda, la communauté internationale a
appris beaucoup de la lutte contre le SARS et autres maladies au cours
des dernières années.
"Lorsque le monde a été en mesure de mettre des
ressources ensemble, de travailler ensemble dans un effort coordonné, il
est vraiment en mesure de contenir une épidémie qui pourrait avoir
filé hors de contrôle", a-t-il souligné.
Selon le Dr Margaret Chan, le monde actuel est mieux
préparé à une pandémie de grippe que jamais.
"Les mesures préparatives prises en raison de la
menace de la grippe aviaire H5N1 ont été un investissement, et nous
bénéficions maintenant de cet investissement", a-t-elle dit.
Le virus A (H1N1) poursuit sa
propagation. Personne ne sait exactement comment la situation va évoluer. Mais avec
une haute alerte sur la pandémie, une coopération étroite entre les
pays, et la "meilleure surveillance" à la main, le monde pourrait
certes minimiser l'impact de ce nouveau virus.