BRUXELLES, 7 mai (Xinhua) -- L'Union européenne (UE)
et la Chine tiendront un dialogue économique et commercial de haut
niveau à Bruxelles jeudi et vendredi, dans la conjoncture de la
crise financière et économique mondiale. Les discussions entre
les deux puissances économiques fourniront une plateforme pour
l'approfondissement de la coopération et la reprise
économique.
RESSERREMENT DES LIENS ECONOMIQUES ET
COMMERCIAUX
Ce dialogue s'inscrit dans le cadre des mécanismes
de dialogue régulier du plus haut niveau entre l'UE et la Chine, réunissant
les importants décideurs des politiques des deux parties.
La commissaire de l'UE au commerce, Catherine
Ashton, et le vice-Premier ministre chinois, Wang Qishan, co-présideront
la rencontre, à laquelle prendront part huit autres commissaires de
l'UE et 12 ministres ou vice-ministres chinois.
Les relations économiques et commerciales entre l'UE
et la Chine ont fait des progrès constants ces dernières années.
A présent, l'UE est la plus grande partenaire
commerciale et la première fournisseuse de technologies pour la Chine.
Elle constitue également la quatrième importante source
dl'investissements en Chine, alors que cette dernière est la seconde
grande partenaire commerciale de l'UE.
En 2008, le commerce entre la Chine et l'UE s'est
chiffré à 425,58 milliards de dollars américains, soit un boom de 19,5%
sur l'année précédente, bien que la crise financière mondiale apporte
des retombées négatives sur l'économie mondiale. Ce rythme de
croissance a dépassé l'expansion du commerce entre la Chine et
les Etats-Unis, ainsi que les échanges sino-japonais dans la même
période.
Malgré tout, il existe un grand potentiel à
exploiter par la Chine et l'UE, parce que leurs économies sont très
complémentaires.
Selon la Commission européenne, le dialogue de deux
jours portera sur un large éventail de sujets, dont le commerce,
l'investissement, les petites et moyennes entreprises, la
coopération douanière, le développement durable, la sécurité des
produits et les droits de la propriété intellectuelle. Il vise à
"renforcer les relations commerciales et d'investissements entre
l'UE et la Chine pour accélérer la reprise dans l'actuelle crise
économique".
MAINS DANS LES MAINS FACE A LA CRISE
C'est la deuxième fois que l'UE et la Chine tiennent
un dialogue économique et commercial de haut niveau. Le premier a eu
lieu à Beijing en avril 2008, après que le sommet Chine-UE se fut
mis d'accord en novembre 2007 sur la création de ce mécanisme.
Par rapport à la situation d'il y a un an, un grand
changement provient de la détérioration de l'économie mondiale. Touchée par
la crise financière, l'économie mondiale plonge dans sa première
récession de ces 60 dernières années et le commerce mondial risque de
rétrécir de 9% cette année, soit la pire situation depuis la fin de la
Seconde Guerre mondiale.
Ni l'UE ni la Chine n'est épargnée dans cette crise.
Selon les prévisions de la Commission européenne, l'économie européenne
connaîtra une baisse de 4% cette année, tandis que la croissance
économique en Chine a aussi ralenti
Le commerce entre l'UE et la Chine a été touché,
avec une décélération aux premiers mois de cette année. Le dialogue est
une bonne opportunité pour les deux économies d'élargir le commerce
bilatéral, afin de contrecarrer la récession économique mondiale.
Le dialogue UE-Chine enverra également un important
message contre le protectionnisme, qui pourrait prolonger la crise
actuelle.
Avant cette rencontre, Mme Ashton a souligné que
l'UE et la Chine devraient s'opposer fermement au protectionnisme.
"L'issue de cette crise économique n'est pas de
rentrer dans nos coquilles. Nous avons besoin de donner une poussée à nos
économies, lutter contre le protectionnisme et créer de nouvelles
opportunités pour le commerce et l'investissement", a-t-elle
affirmé.
RECHAUFFEMENT DE LA COOPERATION CHINE-UE
Le dialogue constitue un autre signe que la
coopération Chine-UE revient sur les bons rails, après un dérapage l'année
dernière.
La Chine a reporté un sommet avec l'UE prévu en
novembre dernier dans le cadre de sa réaction à la décision du président
français, Nicolas Sarkozy, de rencontrer le Dalaï Lama, lorsque
la France a pris la présidence tournante de l'UE.
En début d'année, le Premier ministre chinois, Wen
Jiabao, a effectué un périple en Europe pour un "voyage de confiance".
Durant le sommet du G20 tenu à Londres début avril, le président
chinois, Hu Jintao, a rencontré un nombre de dirigeants européens
pour consolider la confiance mutuelle.
Pour construire un front commun contre la crise
financière et économique, une délégation commerciale et d'investissements
du gouvernement chinois a conclu des contrats à hauteur de plusieurs
milliards de dollars américains avec des compagnies européennes dans
le cadre de la promotion du commerce.
Après le dialogue de Bruxelles, le 11e sommet
Chine-UE est prévu en mai à Prague, la capitale de la République tchèque
qui préside actuellement l'UE.
Selon Song Zhe, l'ambassadeur chinois auprès de
l'UE, les relations entre l'UE, le plus grand bloc de pays développés, et
la Chine, le plus grand pays en développement, prennent en effet une
importance globale et stratégique croissante.
"Depuis que la crise financière nous a touchés,
nous nous rapprochons les uns des autres, nous nous soutenons, et
nous travaillons ensemble pour la reprise de nos économies et
de l'économie mondiale aussi tôt que possible", a déclaré M.
Song devant le Parlement européen la semaine dernière.