NATIONS UNIES, 6 mai
(Xinhua) -- Le président israélien, Shimon Peres, a estimé mercredi aux
Nations unies que le rapport d'enquête de l'ONU était "scandaleux,"
"injuste et partial," et que son pays ne s'excusera pas d'avoir attaqué
les écoles et d'autres installations des Nations unies pendant l'offensive
militaire de janvier à Gaza.
Le gouvernement israélien "n'accepte(ra) pas un mot"
du rapport, a-t-il confié aux journalistes à l'issue de la rencontre avec
le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon. "Nous ne
pensons pas que nous devons présenter des excuses parce que nous
avons le droit de défendre les droits de nos enfants et femmes."
Le rapport, dont seulement le résumé a été rendu
public mardi, a conclu que l'armemement israélien, y compris du phosphore,
a été "la cause incontestée des attaques sur de nombreuses écoles, une
clinique et le siège de l'ONU à Gaza.
Ban a déclaré aux journalistes mardi qu'il exigerait
des compensations pour les dommages, qui dépassent 10,4 millions de
dollars américains. Peres a affirmé avoir formé un groupe pour gerer
ces problèmes financiers mais ne donnera pas de détails sur les
négociations.
Interrogé sur la question de savoir si Peres a
qualifié de " scandaleuses" les conclusions du rapport, le président a
confirmé avoir jugé "scandaleux" que le rapport ne fasse pas mention des
attaques du Hamas sur Israël -- la raison de la "puissante"
contre- attaque de janvier.
"Nous n'avons pas entendu (parler) des 4.000
missiles" tirés en direction d'Israël, a-t-il regretté. "Que pense (l'ONU),
qu'Israël s'est levé un matin et a décidé de tirer?"
Peres a reconnu que son gouvernement a fait des
erreurs pendant l'offensive de trois semaines, ajoutant que même les
soldats israéliens ont été tués par leurs propres coups de feu.
"Une guerre est une erreur qui produit des erreurs,"
a-t-il affirmé en posant la main sur la poitrine.
En ce qui concerne le phosphore blanc, Peres a
indiqué que " cela ne visait pas la population. C'était destiné à les
prévenir," et a réitéré que le gouvernement a lancé 250.000 appels
téléphoniques pour demander aux gens de sortir.
A un certain niveau, Peres a été contraint dans une
épreuve de force avec un journaliste d'al-Jazeera qui a demandé comment le
président pouvait expliquer la mort de 900 civils à Gaza.
"Comment je sais que 1 200 Israéliens ont été tués
par le Hamas? " a repliqué Peres en criant et en agitant son doigt en
direction du journaliste. "Expliquez moi s'il vous plait. Pourquoi
auraient- ils dû être tués? Expliquez moi s'il vous plait".
"Trois ont été tués pendant la guerre," a retorqué
le journaliste en faisant allusion au nombre de victimes
israéliennes.
"Ecoutez, vous avez l'air très fort," a déclaré
Peres, en faisant de grands gestes de sa main. "Expliquez moi. Pourquoi
ont- ils tiré --le Hamas?"
"Je ne représente pas le Hamas," a répondu calmement
le journaliste.
"Oh vous ne connaissez pas," a réagi Peres en
reprenant ensuite son souffle, avant d'applaudir et de changer de sujet
pour parler de sa rencontre avec le président américain Barack Obama à
Washington D.C., qu'il a qualifié d'encourageante.