Par Koffi T
LOME, 3 mai (Xinhua) -- La vision du gouvernement
togolais de relancer la production agricole bénéficie des soutiens
multiformes de ses partenaires traditionnels et savoir-faire de l'Institut
togolais de recherche agronomique (Itra).
L'Itra a exploré plusieurs pistes de recherches sur
diverses cultures et a développé de nouvelles variétés de culture plus
productives et plus adaptées aux conditions climatiques et
pédologiques, notamment en ce qui concerne le riz, le maïs, le
manioc, le café et le cacao etc.
Plusieurs variétés développées sont annoncées en
terme de " nerica" pour le riz, alors que des variétés enrichies en
vitamine sont vantées avec une forte productivité à l'hectare, en vue
d'aider à améliorer la nutrition et la production agricole.
Sur le manioc, M. Somana Komi, chef du Programme
manioc à l'Itra, a fait état de variétés dites "manioc à chair jaune" qui
ont des potentialités de 30 à 40 tonnes à l'hectare enrichies en
vitamine A.
"Nous avons d'autres variétés encore plus
performantes dont les rendements dépassent largement les 50 tonnes à
l'hectare", a confié M. Somana, indiquant qu'il s'agit de variétés en
"sélection " que l'Itra vulgarisera "très bientôt" pour augmenter la
production au Togo.
La Commission européenne, qui a adopté fin avril une
enveloppe globale de 394 millions d'Euros pour 23 pays en développement en
vue de soutenir leur agriculture et améliorer la sécurité
alimentaire, vient d'accorder une allocation supplémentaire de 13, 7
millions d'Euros au Togo.
La vision de Togo a aussi trouvé écho favorable au
près de la Banque ouest-africaine de développement (BOAD) et de la Banque
arabe pour le développement économique en Afrique (BADEA). Ces deux
institutions financières ont apporté conjointement début janvier un prêt
de 7 milliards de Fcfa à un ambitieux projet hydro- agricole sur 585,5
hectares dans la basse vallée sous exploitée du fleuve Mono.
Il s'agit de la réhabilitation de 89 hectares et
d'aménagement de 496,5 hectares de nouveaux périmètres d'extension dans
cette vallée pour un défi de la promotion et aussi de la relance de la
riziculture. Cela s'inscrit dans une stratégie de relance de la
production agricole assortie d'un plan d'action d'urgence pour la
période 2008-2010.
Au ministère togolais de l'Agriculture, on a indiqué
que la réussite de la politique rizicole permettra au Togo de "réduire
de près de 14 milliards de Fcfa chaque année les dépenses
d'importations du riz ".
"Ce projet qui s'inscrit dans le plan d'action
d'urgence contribuera à accroître la production agricole et améliorer les
revenus et les conditions de vie des populations", a expliqué
Abdoulaye Bio-Tchane, président de la BOAD, félicitant le
gouvernement togolais pour ses "actions importantes" menées pour
permettre à ce pays de " juguler le phénomène de l'insécurité
alimentaire".
Le projet permettra à terme d'augmenter les
productions annuelles de 4 mille tonnes de riz paddys, 650 tonnes de maïs
et 1. 000 tonnes de produits maraîchers.
Selon Bio-Tchane, le projet figure parmi les projets
de développement agricole dont le financement constitue l'un des
" axes majeurs" de la nouvelle stratégie d'intervention de la BOAd
dans le secteur agricole.
A la recherche d'une agriculture plus prospère et
diversifiée, le gouvernement togolais compte aussi sur le café et la cacao
et a mis 1.000 tonnes d'engrais à la disposition des producteurs de
l'Unité technique café-cacao de Kpalimé pour la campagne agricole
2009-2010.
Pour le ministre de l'Agriculture, Elevage et Pêche,
Messan Ewovor, le tonnage d'engrais a été ainsi augmenté pour cette
campagne afin "d'accroître la production du café-cacao à plus de
11.000 tonnes".
La vision de la relance agricole dans la stratégie
de redressement économique du Togo a trouvé, entre autres soutiens,
un appui de la Chine qui a posé la première pierre de la
construction d'un centre-pilote des techniques agricoles. Cet appui
s'inscrit dans le cadre des huit mesures annoncées par le président
chinois Hu Jintao lors du Sommet de Beijing du Forum sur la coopération
sino-africaine en 2006.
Le centre-pilote, dont les travaux de construction
seront achevés avant la fin de l'année 2009, va jouer les rôles
d'expérimentation, de recherche et de démonstration, de formation
technique et de développement industrialisé. Il comprend des locaux
techniques et des parcelles d'essai et de démonstration de 10 hectares,
avec en perspective une base de production de riz de 80 hectares.