PARIS, 2 mai (Xinhua) -- "Pour le vaccin (de grippe
A/H1N1) destiné à l'homme, le minimum est six mois, trois mois pour la
prototype, et après il y a la partie de la production", a estimé
vendredi Bernard Vallat, secrétaire général de l'Organisation
mondiale de la santé animale (OIE).
M. Vallat a fait ces remarques lors d'une interview
accordée à l'agence Xinhua. "On sait que les grippes ont plusieurs vagues,
maintenant c'est la première vague, souvent il y a trois vagues et en
général, ça dure entre six mois et un an", a-t-il indiqué.
Interrogé sur l'éventuel développement de la
maladie, il s'est déclaré difficile à le prévoir. "D'abord on n'est pas
sûr que cette grippe est très sévère, il y a beaucoup de cas où les gens
guérissent facilement, peut-être il ne faut pas beaucoup s'alarmer.
Mais certaines personnes ont une maladie sévère, on n'a pas encore établi
un pourcentage. Et puis aussi, le virus peut évoluer, c'est-à-dire il peut
devenir plus sévère ou moins sévère avec ses mutations, donc la grippe
peut évoluer dans un sens positif ou négatif, on ne peut pas
prévenir".
Pour se protéger, il a conseillé aux gens de prendre
des mesures d'hygiène et de suivre les recommandations de l'OMS.
"C'est-à-dire lorsque l'infection est présente dans une ville, il
faut mettre des masques, il faut se laver les mains très souvent, et
puis, quand on a de la fièvre, on peut prendre des antiviraux, mais il
faut les prendre dans un maximum de temps de 48 heures après le début de
la fièvre", a poursuivi le secrétaire général de l'OIE.
Il a par ailleurs indiqué avoir eu des "contacts
directs" avec des responsables du ministère de l'Agriculture. "Nous avons
donné à la partie chinoise l'opinion de l'OIE sur les différents sujets
comme l'abattage de porc et les restrictions commerciales. Nous
pensons pour le moment, compte tenu des informations qu'on a, qu'il
est inutile d'abattre les porcs et de faire les restrictions commerciales",
a-t-il fait savoir, ajoutant que l'OIE communiquerait à la Chine
immédiatement toutes les informations scientifiques sur ce virus vis-à-vis
de son comportement et des animaux, et que l'organisation donnera à la
Chine toutes les préconisations scientifiques de réseau mondial.
"Il y a actuellement des enquêtes en cours, au
Mexique et aux Etats-Unis, sur les conditions dans lesquelles les premiers
malades ont pu être attrapés de cette maladie. Ce sont des enquêtes
qui reposent sur des questionnaires, on attend les résultats mais pour le
moment, il n'a pas établi qu'il y a eu une personne infectée par le
contact avec un animal, on attend de nombreux questionnaires en cours,
mais pas de résultats pour le moment", a dit M. Vallat.
Il a par ailleurs évoqué la possibilité d'une
infection de l'homme à l'animal. "Nous ne savons pas pour le moment si ce
virus est dangereux pour les animaux. il y a des expériences en cours
dans des laboratoires américains et canadiens et j'espère que
nous aurons la réponse la semaine prochaine". Mais selon lui, "c'est
peut-être pas quelque chose qui est très facile" compte tenu de
l'absence des animaux malades dans les pays touchés par Grippe
A/H1N1.
Le chef de l'OIE a également salué la décision de
l'OMS concernant le changement de la dénomination de la maladie,
initialement appelée "grippe porcine".
"Nous avions proposé de changer le nom dès le
début de la crise, parce que nous avons considéré que le virus avait
des composantes porcine, aviaire et humaine, donc c'était un
cocktail complexe, et qu'on n'avait pas de preuves aussi qu'il avait des
cochons malades et de la contagion entre le cochon et l'homme, donc on a
pensé qu'en utilisant le mot 'peste porcine', les gens allaient croire
que les cochons étaient dangereux et qu'il fallait abattre les cochons et
ne pas les manger, mais c'était une erreur. Ainsi, en changeant le nom,
l'OMS prend une très bonne décision", a-t-il estimé.