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Grippe A/H1N1: Il faut au moins six mois pour développer le vaccin destiné à l'homme
Grippe A/H1N1: Il faut au moins six mois pour développer le vaccin destiné à l'homme
  2009-05-02 20:08:52  

     PARIS, 2 mai (Xinhua) -- "Pour le vaccin (de grippe A/H1N1)  destiné à l'homme, le minimum est six mois, trois mois pour la  prototype, et après il y a la partie de la production", a estimé  vendredi Bernard Vallat, secrétaire général de l'Organisation  mondiale de la santé animale (OIE). 

     M. Vallat a fait ces remarques lors d'une interview accordée à  l'agence Xinhua. "On sait que les grippes ont plusieurs vagues,  maintenant c'est la première vague, souvent il y a trois vagues et en général, ça dure entre six mois et un an", a-t-il indiqué.  

     Interrogé sur l'éventuel développement de la maladie, il s'est  déclaré difficile à le prévoir. "D'abord on n'est pas sûr que  cette grippe est très sévère, il y a beaucoup de cas où les gens  guérissent facilement, peut-être il ne faut pas beaucoup  s'alarmer. Mais certaines personnes ont une maladie sévère, on n'a pas encore établi un pourcentage. Et puis aussi, le virus peut  évoluer, c'est-à-dire il peut devenir plus sévère ou moins sévère  avec ses mutations, donc la grippe peut évoluer dans un sens  positif ou négatif, on ne peut pas prévenir". 

     Pour se protéger, il a conseillé aux gens de prendre des  mesures d'hygiène et de suivre les recommandations de l'OMS.  "C'est-à-dire lorsque l'infection est présente dans une ville, il  faut mettre des masques, il faut se laver les mains très souvent,  et puis, quand on a de la fièvre, on peut prendre des antiviraux,  mais il faut les prendre dans un maximum de temps de 48 heures  après le début de la fièvre", a poursuivi le secrétaire général de l'OIE.  

     Il a par ailleurs indiqué avoir eu des "contacts directs" avec  des responsables du ministère de l'Agriculture. "Nous avons donné  à la partie chinoise l'opinion de l'OIE sur les différents sujets  comme l'abattage de porc et les restrictions commerciales. Nous  pensons pour le moment, compte tenu des informations qu'on a,  qu'il est inutile d'abattre les porcs et de faire les restrictions commerciales", a-t-il fait savoir, ajoutant que l'OIE  communiquerait à la Chine immédiatement toutes les informations  scientifiques sur ce virus vis-à-vis de son comportement et des  animaux, et que l'organisation donnera à la Chine toutes les  préconisations scientifiques de réseau mondial.  

     "Il y a actuellement des enquêtes en cours, au Mexique et aux  Etats-Unis, sur les conditions dans lesquelles les premiers  malades ont pu être attrapés de cette maladie. Ce sont des  enquêtes qui reposent sur des questionnaires, on attend les  résultats mais pour le moment, il n'a pas établi qu'il y a eu une  personne infectée par le contact avec un animal, on attend de  nombreux questionnaires en cours, mais pas de résultats pour le  moment", a dit M. Vallat.  

     Il a par ailleurs évoqué la possibilité d'une infection de  l'homme à l'animal. "Nous ne savons pas pour le moment si ce virus est dangereux pour les animaux. il y a des expériences en cours  dans des laboratoires américains et canadiens et j'espère que nous aurons la réponse la semaine prochaine". Mais selon lui, "c'est  peut-être pas quelque chose qui est très facile" compte tenu de  l'absence des animaux malades dans les pays touchés par Grippe  A/H1N1. 

     Le chef de l'OIE a également salué la décision de l'OMS  concernant le changement de la dénomination de la maladie,  initialement appelée "grippe porcine". 

     "Nous avions proposé de changer le nom dès le début de la crise, parce que nous avons considéré que le virus avait des composantes  porcine, aviaire et humaine, donc c'était un cocktail complexe, et qu'on n'avait pas de preuves aussi qu'il avait des cochons malades et de la contagion entre le cochon et l'homme, donc on a pensé  qu'en utilisant le mot 'peste porcine', les gens allaient croire  que les cochons étaient dangereux et qu'il fallait abattre les  cochons et ne pas les manger, mais c'était une erreur. Ainsi, en  changeant le nom, l'OMS prend une très bonne décision", a-t-il  estimé.