ABIDJAN, 1er mai (Xinhua) -- Le président ivoirien
Laurent Gbagbo a affirmé jeudi que l'élection présidentielle, plusieurs
fois reportée dans son pays depuis 2005, "se fera cette année, soit
en octobre soit en novembre".
"La CEI (Commission électorale indépendante) se
donne six semaines pour les vérifications (de la liste électorale), après
ça on fixe la date de l'élection", déclare M. Gbagbo lors d'une
interview diffusée par la télévision d'État, insistant que
" l'élection se fera cette année soit, en octobre soit en novembre".
L'élection présidentielle est censée mettre fin à la
crise que traverse le pays depuis la tentative armée de prise du pouvoir
par l'ex-rébellion des Forces nouvelles (FN) en septembre 2002.
Le pays est lancé dans un processus de sortie de
crise après la signature de l'accord de Ouagadougou le 4 mars 2007 par les
ex- belligérants.
L'annonce mardi par l'ambassadeur ivoirien à l'Onu
Alcide Djédjé d'une période de deux mois allant du 11 octobre au 6
décembre pour la tenue de l'élection, confirmée par la déclaration du
président ivoirien, accrédite toutefois l'idée que le scrutin aura bien
lieu cette année.
Mais il faudra encore attendre pour connaître la
date précise du premier tour. La date sera fixée "d'ici mai ou juin",
indique le chef de l'État ivoirien.
En 2007 et 2008, deux décrets avaient été signés par
le président Gbagbo avec des dates précises du scrutin qui n'ont pas
été respectées faute de moyens financiers et de consensus
politique.
"Je ne veux pas signer un 3ème décret pour rien",
martèle M. Gbagbo qui veut s'assurer que "cette fois-ci la date (fixée)
par décret soit la date" pour la tenue effective de l'élection.
"L'élément handicapant" pour la fixation de la date,
explique- t-il, consiste à l'opération d'identification et de recensement
électoral.
L'opération "avance", avec plus de six millions de
personnes enregistrées sur une estimation de huit millions, et va
"s'achever très bientôt" à l'issue des séances de rattrapage en
cours.
Il reste tout de même à mener l'opération à
l'étranger et surtout le désarmement et le redéploiement de
l'administration avec"une autorité pleine et entière" sur l'ensemble du
territoire national.
De l'avis général, la réunification administrative,
financière et sécuritaire avec le retour à l'unicité des caisses de l'État
et le transfert de pouvoir entre les responsables militaires locaux
de l'ex-rébellion et les préfets, était en panne et le feu couvait.
Le camp présidentiel réclamait la restauration de
l'autorité de l'État sur tout le territoire qualifiée d'"étape cruciale"
du processus de paix.
Les FN, se défendant de toute mauvaise volonté dans
la mise en oeuvre de l'accord de Ouagadougou, ont appelé leur leader
Guillaume Soro à démissionner de son poste de Premier ministre,
avant de réclamer la tenue "impérative" cette année des élections.
Ces tensions intérieures ont suscité l'impatience de
la communauté internationale.
Devant le Conseil de sécurité de l'Onu, le
secrétaire général Ban Ki-moon a appelé la CEI ivoirienne à publier "sans
plus tarder "un calendrier "réaliste" pour la tenue de l'élection avant la
fin de l'année.
Coup sur coup, les États-Unis et la France ont
également appelé à l'organisation des élections en 2009.
Pour de nombreux analystes, l'annonce à l'Onu de M.
Djédjé entendait répondre aux inquiétudes de la communauté
internationale. De même l'interview télévisée de M. Gbagbo devrait mettre
fin à toutes les interrogations sur la date de la tenue des
élections.
Pour la CEI, l'année 2009 reste "un objectif"
et "une exigence ". Même si, pour l'heure, on tourne en rond.