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Un Camerounais teste son projet de télémédecine malgré les défis (MAGAZINE)
  2009-05-01 08:13:51  

      Par Raphaël MVOGO  

     YAOUNDE, 30 avril (Xinhua) -- A Yaoundé, capitale du Cameroun, un ancien manager de Microsoft teste son projet ambitieux de  télémédecine, malgré toutes sortes de difficultés qu'il pourrait  rencontrer: coupures d'électricité, coût élevé ... 

     Le 22 avril, date du lancement du projet Genesis Telecare, le  Camerounais Jacques Bonjawo, PDG de Genesis Futuristic  Technologies aux Etats-Unis, a réussi à réaliser la connexion  d'Abong-Mbang, une zone rurale enclavée de l'est du Cameroun, à  Yaoundé.  

     Deux fois, M. Bonjawo et ses adjoints ont démontré la capacité d'examiner un patient à partir de Yaoundé. A travers un réseau  spécial, ils ont pu obtenir en direct l'électrocardiogramme d'un  patient qui se trouvait à Abong-Mbang et le médecin a pu observer  en direct les résultats sur son écran d'ordinateur. 

     Abong-Mbang est le tout premier site qu'il souhaite relier. A  partir de ce site et six médecins, il envisage de créer plusieurs  sites à travers le pays. Et tous les sites prévus seront reliés au centre, où se trouvent les médecins qui vont justement consulter  les malades à distance.  

     Le principe est simple. Un patient qui a besoin de se faire  consulter doit se rendre à l'un de ces sites. Là où un technicien  de la santé l'aide à se connecter à l'un des centres où se trouve  un médecin. La connexion s'effectue à travers un ordinateur de  leur réseau. 

     Premier Africain à occuper à 37 ans un poste de manager au  siège de Microsoft à Redmond, où il a servi de 1998 à 2006,  Jacques Bonjawo s'intéresse à travailler de manière plus étroite  avec l'Afrique, notamment son pays natal, après son départ du  géant de logiciels américain.  

     "Après avoir terminé ma mission à l'Université virtuelle  africaine, j'ai eu envie de changer d'air et faire autre chose  ayant un caractère novateur. Je suis passionné des projets  innovants qui apportent de la nouveauté", déclare M. Bonjawo dans  un entretien avec Xinhua.  

     Cet ingénieur informatique avait été président du conseil  d'administration de l'Université virtuelle africaine, un programme d'enseignement à distance mise en place en 1997 grâce à une aide  de la Banque mondiale.  

     "J'ai estimé que les questions de santé présentent d'énormes  défis. C'est un secteur qui offre des possibilités d'innover en  mettant la technologie appropriée au service de la médecine. En  tant que PDG de Genesis Futuristic Technologies, j'ai donc décidé  de réaliser un projet de télémédecine au Cameroun", rappelle-t-il.  

     Mais comment pourra-t-il mener avec succès le projet de  télémédecine au Cameroun, un pays qui fait face à des défis liés  aux coupures intempestives et à l'absence d'électricité dans  certaines régions? 

     "Au projet d'Université virtuelle africaine, j'ai connu plus  ou moins les mêmes lamentations. Toujours est-il que nous sommes  parvenus à construire cette institution qui est devenue pérenne et on peut dire que les challenges étaient plus ou moins les mêmes :  les coupures et l'absence d'électricité", raconte-t-il. 

     Pour réaliser ce projet, il reconnaît que les coûts sont " excessivement élevé" et se chiffrent à des centaines de millions  de francs CFA, peut-être 700 ou 800 millions (1,42 ou 1,63 million de dollars). Et, les dépenses se poursuivent tous les jours. 

     Mais, il avoue que les tarifs appliqués aux malades doit tenir compte du niveau de vie des populations. "En zone rurale, les  frais de consultation s'élèvent à 600 francs CFA (1,2 dollar) dans les hôpitaux publics. Nous allons maintenir ces prix-là", précise- t-il. 

     "Dans les zones urbaines, nos prix seront en moyenne 5.000  francs CFA (près de dix dollars). Je précise d'ailleurs que ce  projet est entièrement financé sur fonds propres", poursuit-il. 

     Pour ce projet, M. Bonjawo a reçu la caution institutionnelle, sans compter une convention de partenariat avec le ministère de la Santé publique et un accord avec l'UNESCO et un autre avec la  Société nationale des télécommunications (CAMTEL). 

     Ces partenaires étrangers seront des relais. "Si nous avons un cas clinique qui ne peut pas être résolu par nos médecins, ils  pourront être sollicités pour apporter la solution", explique-t-il. 

     Malgré que le public n'en soit pas encore imprégné, et que les initiateurs de projets rencontrent parfois des blocages de la part des de la part de responsables administratifs et politiques, M.  Bonjawo est déterminé à mener jusuq'au bout son projet.  

     "Nous sommes sur une bonne voie. Nous n'entendons pas reculer. Mon objectif premier, c'est de pouvoir, dans un horizon de trois à cinq ans, créer des sites dans bon nombre de régions du pays et  apporter des services de santé de qualité à nos concitoyens",  souligne-t-il.