Par LI Rong et WANG Zhao
BEIJING, 28 avril (Xinhua) -- Des craintes se font
jour quant au risque de voir l'épidémie de grippe porcine compromettre
l'écomonie mondiale déjà fragilisée et ainsi neutraliser la
reprise.
Au Mexique, foyer de la maladie mortelle, on
dénombre près de 2.000 cas suspects et au moins 152 morts. Aux Etats-Unis,
pays voisin au nord du Mexique, 40 cas ont été enregistrés, dont 28
élèves d'une école de New York. Des cas confirmés et suspects ont
été rapportés en Europe, en Océanie et en Asie et au Moyen-Orient.
L'industrie touristique en Amérique du Nord est la
première affectée par les conséquences de l'épidémie dans la mesure où les
gens choisissent de rester chez eux et où les différents
gouvernements de par le monde conseillent à leurs citoyens d'éviter
tout déplacement non indispensable en Amérique du Nord.
TUI Travel, le plus grand tour-opérateur européen, a
indiqué qu'il suspendait tous ses voyages à destination de Mexico
jusqu'au 4 mai. Le géant japonais du tourisme, JTB Corp, a aussi suspendu
ses voyages au Mexique jusqu'au au 30 juin.
Le gouvernement américain a conseillé à sa
population d'éviter de se rendre au Mexique et a renforcé le contrôle à sa
frontière avec le Mexique.
La commissaire européenne à la Santé, Androulla
Vassiliou, a appelé les citoyens des pays de l'UE à éviter les
déplacements non essentiels dans les zones les plus affectées par la grippe
porcine, pour éviter tout risque de propagation de la maladie.
La Grande-Bretagne, la France et l'Allemagne ont
émis des avis similaires, invitant leurs citoyens à ne pas se rendre au
Mexique.
L'éruption d'une importante épidémie signifie une
réduction d'opportunités d'affaires et un commerce peu enthousiaste. En
2008, une pandémie de grippe avait coûté 3.000 milliards de dollars
s'était soldée par une baisse de 5% du PIB, d'après des données de la
Banque mondiale.
Un tel scénario serait très difficile à encaisser à
l'heure où tous les pays du monde tentent de relancer leurs économies. Des
analystes ont prévu que certaines mesures pour contenir
l'épidémie pourraient absorber les premiers résultats du redressement de
l'économie.
Selon des observateurs, la grippe porcine pourrait
avoir des conséquences sur divers secteurs de l'économie mondiale. Les
conséquences négatives pourraient dépasser les secteurs du tourisme
et des transports et s'étendre aux industries alimentaire et
auxiliaires.
D'après Brain Bethune, économiste du cabinet IHS
Global Insight, la grippe porcine amplifie les risques de rechute de
l'économie, revenant sur ses propos du début du mois lorsqu'il avançait
que "le moment le plus difficile de la récession était passé".
Les cours du pétrole brut ont enregistré une forte
baisse lundi matin sur fond d'inquiétude de voir la grippe porcine tirer
l'économie mondiale vers le bas.
A New York, le baril de brut léger a chuté à 48,01
dollars à la mi-journée.
Les craintes d'une propagation du virus de la grippe
porcine a poussé les investisseurs à placer leur argent dans des valeurs
plus sûres. La devise américaine se situait à environ 1,3021 dollar
pour un euro.
Les seuls bénéficiaires ont été les fabricants de
médicaments puisque la propagation de la grippe porcine gonflera les
ventes des entreprises pharmaceutiques.
Le président américain, Barack Obama, a déclaré que
la menace d'une épidémie de grippe porcine constitue légitimement une
source d'inquiétude mais qu'il n'y a pas de quoi "tirer la sonnette
d'alarme".
L'administration Obama a affirmé qu'il est trop
tôt pour déterminier l'éventuel impact économique et que des
responsables du département américain du Trésor surveillent la situation.