ARUSHA (Tanzanie),
28 avril (Xinhua) -- La Communauté de l'Afrique de l'Est (CAE) doit se
réunir mercredi en sommet à Arusha en Tanzanie pour chercher un consensus
en vue de la signature d'un accord portant sur l'établissement d'un marché
commun dans la sous-région.
Fondée en 1999, la CAE regroupe le Kenya, l'Ouganda,
la Tanzanie, le Burundi et le Rwanda. Elle aspire à élargir et à
approndir la coopération entre Etats partenaires en vue d'une
intégration sous-régionale.
La création d'un marché commun constitue la deuxième
étape du processus d'intégration est-africain, qui doit conduire vers la
mise en place d'une union monétaire d'ici 2012 et d'une
fédération politique des Etats de l'Afrique de l'Est. Dans la prémière
étape de ce processus, la CAE a déjà lancé, en janvier 2005, une union
douanière.
Les négociations formelles sur le marché commun
devaient initialement toucher à sa fin en décembre 2008, mais ont été
prolongées en raison des divergences au sein du bloc en ce qui
concerne les dossiers d'identification nationale, de la gestion
foncière et de la citoyenneté fixible, selon un communiqué de la
CAE.
Le Kenya, le Rwanda, le Burundi et l'Ouganda sont
favorables à une permission de l'utilisation de cartes d'identité
nationale comme l'un des documents de voyage officiels dans l'espace de la
communauté, ce qui devrait faciliter la libre circulation de
leurs titulaires.
Mais la Tanzanie s'y oppose, insistant sur le fait
que les cartes d'identité nationale ne sont pas reconnues au niveau
international. Elle propose l'utilisation d'un passeport national ou
un passeport est-africain.
S'agissant de la gestion foncière, le Kenya, le
Rwanda, le Burundi et l'Ouganda l'ont inscrite dans l'accord-cadre sur le
marché commun, en estimant qu'il s'agit d'un facteur de production.
Ils préconisent que les ressortissants d'un Etat membre devraient avoir le
droit d'accès et d'utilisation de terres dans un autre pays de la
communauté, et ce pour leurs besoins de production ou de commerce.
La Tanzanie est en désaccord avec cette
préconisation, arguant que la gestion de terres est sensible et provoque
souvent des conflits civils suite à une distribution non équitable.
Rappelant que les Etats membres ont des politiques
et systèmes fonciers différents, la Tanzanie préfère éliminer les articles
relatifs à la gestion de terres de l'accord-cadre.
Quant à la question de la citoyenneté fixible, le
Kenya, le Rwanda, le Burundi et l'Ouganda souhaitent qu'un ressortissant
habitant dans un Etat membre de de la communauté autre que son pays
natal pendant une certaine période doive obtenir automatiquement une
citoyenneté de son pays de résidence.
Mais pour la Tanzanie, cette question n'est pas
prévue dans sa constitution et il s'agit d'une question qui touche à la
souveraineté.
Les négociateurs se sont mis d'accord sur 98% du
projet de l'accord-cadre, et ont accepté de soumettre les questions en
suspens au sommet de la CAE, a déclaré Julius Onen, secrétaire
général adjoint de la communauté chargé des projets et des
programmes, dans un entretien récent avec Xinhua.
"Nous espérons que le sommet qui doit s'ouvrir le 29
avril devrait permettre de satisfaire le souhait", a indiqué M. Onen,
avant ajouter : "Nous souhaitons et nous sommes convaincus que
cet protocole d'accord ouvrira les portes et fournira des
opportunités pour unir le peuple de l'Afrique de l'Est en un seul marché,
prospère et compétitif."