MOSCOU, 26 avril (Xinhua) -- Les
prochains exercices militaires de l'OTAN en Géorgie ont ravivé la discorde
entre la Russie et l'Alliance de défense occidentale qui avait éclaté
après une brève intervention militaire russe en Ossétie du Sud, région
séparatiste de la Géorgie, l'an dernier.
Toutefois, une éventuelle rupture de ce que certains
appellent "un mariage de convenance" semble peu probable du fait que les
deux parties restent soucieux de réparer leurs relations, ce qui
serve leurs intérêts mutuels.
FAIRE DES CONCESSIONS
Le président russe Dmitri Medvedev estime que la
"décision dangereuse" de l'OTAN de mener des exercices en Géorgie, le mois
prochain, vise à faire étalage de sa force et qu'elle menace les
efforts destinées à améliorer les relations Moscou-OTAN.
Pour soulger les craintes de Moscou, l'OTAN soutient
que les exercices ne sont pas dirigées contre la Russie et propose
l'envoi d'observateurs russes pour suivre les manoeuvres en Géorgie.
"Si la Russie choisit d'envoyer ses observateurs,
c'est quelque chose que l'alliance le considère positivement, comme un
moyen pouvant réduire les malentendus ou des inquiétudes", a déclaré le
porte-parole de l'OTAN, James Appathurai.
Selon des analystes, même si la Russie garde le
silence sur l'invitation, elle ne semble pas revenir à l'hostilité totale
à l'égard de l'OTAN.
La Russie menace de boycotter la réunion des chefs
d'état-major du Conseil OTAN-Russie (COR), prévue début mai, mais elle
pourrait participer à deux autres réunions du COR.
Plusieurs médias russes, citant des sources
gouvernementales, rapportent vendredi que le ministre russe des Affaires
étrangères Sergueï Lavrov pourrait participer à la réunion ministérielle
du COR prévue le 19 mai à Bruxelles.
ETALBIR DES RELATIONS CONSTRUCTIVES
Malgré des disputes sur la Géorgie et le projet de
bouclier antimissile en Europe de l'est, la Russie et l'OTAN cherchent à
établir des relations constructives et une coopération pratique.
M. Lavrov a déclaré que Moscou considère l'OTAN
comme un facteur clé pour la sécurité euro-atlantique.
Le COR, un forum de dialogue direct entre la Russie
et l'OTAN, pourrait devenir "une base constructive pour la coopération
(...) dans l'espace euro-atlantique" si tous les participants, y
compris l'Union européenne, ont la volonté politique, a indiqué M. Lavrov
plus tôt ce mois.
La Russie et certains pays de l'OTAN, dont la
Pologne, la Norvège et la Turquie, se préparent déjà à établir un réseau
d'alerte de radar pour échanger des informations sur les menaces
aériennes.
Le ministre polonais de la Défense Bogdan Klich a
dit que le réseau aurait son siège à Varsovie, affirmant qu'il souhaite
voir des échanges d'informations de radar entre Moscou et les pays de
l'OTAN"
Il a déclaré que ce projet est un exemple montrant
la volonté de l'OTAN de rétablir de véritables relations avec la
Russie.
Dmitri Rogozin, ambassadeur russe auprès de l'OTAN,
a salué le proejt, le considérant comme une contribution significative à
l'amélioration des relations entre la Russie et l'OTAN.
"Cettre coopération pratique est nécessaire pour
assurer la sécurité de nos pays et des passagers voyageant par avion", a
déclaré Rogozin.
PROMOUVOIR LE PROCESSUS DE REDEMARRAGE
La volonté de la Russie à fondre l'impasse avec
l'OTAN s'est aussi traduit par des efforts pour améliorer les relations
avec les Etats-Unis.
Alexander Konovalov, directeur de l'Institut
d'études stratégiques, a déclaré que l'amélioration des relations avec
l'OTAN contribue essentiellement au processus de "redémarrage" avec
les Etats-Unis.
La Russie a de grands espoirs pour améliorer les
relations avec les Etats-Unis en raison de l'arrivée de l'administration
Obama, a affirmé M. Konovalov à l'agence de presse RIA Novosti.
"Obama a dépassé les attentes de la Russie dans
certains aspects au cours des 100 premiers jours de son administration",
a- t-il dit.
M. Konovalov a noté que le président Obama a suggéré
une réduction des arsenaux nucléaires et a déjà mis en place des
équipes de négociations pour un nouveau traité de réduction des
armes stratégiques.
Andrei Kortunov, président de la New Eurasia
Foundation basée à MoscoU, estime que "l'équipe actuelle à Washington sera
la meilleure pour la Russie dans une proche avernir".
La Russie, a poursuivi M. Kortunov, "doit utiliser
les nouvelles possibilités (de relations bilatérales) au maximum".
Toutefois, les exercices de l'OTAN en Géorgie
pourrait devenir la première pierre d'achoppement dans les efforts visant
à " pousser le bouton de redémarrage" et pourrait créer une situation
embarrsassante avant la première visite du président Obama en Russie
prévue en juillet.
Pendant ce temps, l'expansion de l'OTAN vers l'est,
que la Russie considère comme une menace directe, serait un problème
difficile à traiter pour les deux parties.
M. Lavrov a indiqué récemment que le conflit en
Géorgie en août 2008 démontrait combien dangereux l'expansion de l'OTAN
vers l'est pourrait être.
"Il suffit d'imaginer ce qui se serait passé si la
Géorgie était un membre de l'OTAN, alors que la Russie m'aurait pas
d'autre choix que d'agir comme elle l'a fait au août dernier",
a-t- il indiqué.