COLOMBO, 26 avril( Xinhua) --
Les rebelles des Tigres tamouls sri-lankais ont déclaré dimanche avoir
annoncé un cessez- le-feu unilatéral face à la crise humanitaire sans
précédent et en réponse aux appels lancés par la communauté internationale,
mais l'offre a été rejetée par le gouvernement.
« Face à la crise humanitaire sans précédent et en
réponse aux appels lancés par l'ONU, l'UE, les gouvernements des
Etats-Unis, de l'Inde et autres, les Tigres de libération de l'Eelam
tamoul ( LTTE) ont annoncé un cessez-le-feu unilatéral », a rapporté le
secrétariat pour la paix des LTTE dans un communiqué.
« Toutes les opérations militaires de l'offensive
des LTTE cesseront avec un effet immédiat », a ajouté le communiqué.
Cependant, le gouvernement sri-lankais a rejeté
l'offre de cessez-le-feu, insistant sur le fait que les LTTE doivent
déposer les armes et se rendre.
Le secrétaire sri-lankais à la Défense, Gotabaya
Rajapakse, jeune frère du président Mahinda Rajapakse, a déclaré que cette
offre est « une blague », car les LTTE « ne se battent pas contre
nous, ils nous fuient ».
Il a souligné qu'un cessez-le-feu est inutile et que
les LTTE doivent se rendre.
Lakshman Hulugalle, directeur général du Centre des
médias pour la sécurité nationale du gouvernement a déclaré à Chine
Nouvelle par téléphone que les LTTE « doivent déposer les armes et se
rendre. Nous poursuivrons notre opération humanitaire ».
M. Hulugalle a tenu à préciser qu'en réalité le
gouvernement n'a pas donné de réponse formelle, car en aucune manière les
LTTE informent officiellement le gouvernement de leurs décisions.
Les LTTE ont déclaré dans un communiqué que plus de
165 000 personnes vivant sur la zone côtière toujours sous le contrôle
des LTTE dans le district de Mullaithivu (nord de l'île) sont
sujettes à des attaques continues par la marine sri-lankaise, la force
aérienne et l'infanterie.
« Ceux qui ont été sortis de la zone de guerre ont
été arrêtés et détenus dans des camps de concentration où ils sont
torturés, en violation de toutes les conventions internationales. Ces
Personnes déplacées internes (PDI) ne peuvent pas rentrer chez
elles. Au lieu de cela, certains servent de bouclier humain par les
forces sri-lankaises », ont indiqué les LTTE dans un communiqué.
Les LTTE ont fait savoir qu'ils saluent les Nations
Unies et ses agences pour aider la population civile et sont prêts à
coopérer avec elles dans ses efforts humanitaires.
« Nous sommes convaincus que la crise humanitaire ne
peut être résolue qu'avec la déclaration d'un cessez-le-feu immédiat. Pour
première mesure, nous avons annoncé ce cessez-le-feu unilatéral
et appelons la communauté internationale à faire pression sur le
gouvernement sri-lankais pour qu'il en fasse de même », a ajouté le
communiqué.
Le sous-secrétaire général chargé de l'ONU des
affaires humanitaires et coordinateur des affaires humanitaires, John
Holmes, effectue actuellement une visite de trois jours au Sri Lanka
pour évaluer les efforts humanitaires du gouvernement.
Quelques 50 000 civils seraient encore coincés dans
le conflit entre les troupes du gouvernement et les LTTE dans la zone de
sûreté de 10 km² de Puttumatalan, petite ville située à près de 400
km au nord-est de la capitale Colombo.
L'armée a fait savoir qu'elle a sécurisé près de 110
000 civils coincés dans la zone de sûreté depuis lundi, quand les troupes
ont pénétré les lignes de défense des LTTE et sont entrés dans la
zone.
Le gouvernement a annoncé être sur le point
d'éliminer totalement les LTTE, alors que presque tout leur territoire de
15 000 km² a été saisi par le gouvernement lors d'une offensive
militaire lancée en 2006.