Par Muhammad
Yamany et Chen Gongzheng
LE CAIRE, 25 avril (Xinhua) -- Le mouvement
islamique palestinien du Hamas et le mouvement du Fatah dirigé par le
président palestinien Mahmoud Abbas lanceront le 4e cycle de
pourparlers dimanche au Caire pour examiner une proposition
égyptienne appelant à la formation d'un comité national palestinien
chargé de maintenir des liaisons entre la bande de Gaza et la Cisjordanie
jusqu'à l'organisation des élections générales en janvier prochain.
L'Egypte a présenté la proposition pour donner un
argument fondamental entre les deux groupes sur la formation d'un
gouvernement d'unité avec une plate-forme politique conformée aux
conditions internationales, principalement la reconnaissance de
l'Etat d'Israël.
Le nouveau cycle de dialogue inter-parlestinien
tentera de s'attaquer aux questions en suspens, telles que l'échec des
deux factions à parvenir à un programme politique sur un gouvernement
d'unité et des divergences sur la loi électorale et le système de
représentation pour les élections de 2010.
Des responsables des mouvements rivaux du Hamas et
du Fatah ont déclaré samedi qu'ils avaient de véritables intentions de
parvenir à une reconciliation lors d'un nouveau cycle de dialogue
inter-palestinien qui doit commencer dimanche au Caire.
"La délégation du Hamas apporte de nouvelles idées
et diverses options pour couronner le dialogue palestinien de succès", a
indiqué Mushier al-Massri, un législateur du Hamas basé à Gaza.
"Les hauts responsables du Fatah ont précisé que le
dialogue devait réussir comme un haut intérêt pour le peuple", a souligné
Amin Maqboul, un officiel du Fatah en Cisjordanie.
Cependant, des analystes estiment que les
opportunités de succès de ces pourparlers ne sont pas tellement optmistes,
vu la présence du gouvernement de droite israélien du Premier ministre
Benjamin Netanyahu et des pressions des Etats-Unis sur le Hamas.
"Les factions palestiniennes ne pourront parvenir à
aucun accord durant ce round de pourparlers, car les Etats-Unis
contrôlent les entretiens et pressent le Hamas à reconnaître Israël
et à s'en tenir aux conditions posées par le Quartette international", a
fait savoir à Xinhua un analyste palestinien basé au Caire, Abdel Kader
Yaseen.
Le Quartette international, qui comprend les
Etats-Unis, les Nations unies, la Russie et l'Union européenne, a lié la
reconnaissance du gouvernement palestinien avec celle d'Israël et la
condamnation de la violence.
Le porte-parole du Hamas Fawzi Barhum a aussi admis
samedi que la nouvelle session de pourparlers de reconciliation
palestinienne devra être probablement "difficile".
"Cette session de pourparlers sera la plus difficile
du fait de l'absence d"une fliexibilité dans les trois sessions
précédentes", qui n'ont obtenu aucun progrès dans le dialogue, a
évoqué M. Barhum.
"S'ils (le Fatah et le Hamas) formeront un
gouvernement, il sera un gouvernement d'unité nationale, un gouvernement
technocrate, un gouvernement qui regroupera des figures
indépendantes et professionnelles", a déclaré à Xinhua l'ancien
ambassadeur d'Egypte en Israël, Mohamed Bassioni.
Le président Abbas a déclaré dans le passé qu'il
avait l'intention de former un gouvernement technocrate qui supervisera
la reconstruction de Gaza et préparera les prochaines élections
générales.
Le Fatah espérait que la formation d'une
gouvernement technocrate mettra fin au boycottage imposé sur le Hamas par
Occident, en accélérant ainsi le processus de reconstruction dans la
bande de Gaza.
Cependant, le porte-parole du Hamas Ayman Taha a
indiqué que la reconstruction de la bande de Gaza était hautement
essentielle, mais elle devait être au dépens des positions de son parti
envers la reconnaissance d'Israël car elle est inchangeable.
La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton a
exprimé sa doute que les factions palestiniennes rivales puissent parvenir
à un accord sur un gouvernement d'unité.
Elle a affirmé mercredi devant la commission des
affaies étrangères de la chambre des représentants que les Etats-Unis ne
contactera pas ni financera un gouvernement palestinien qui regroupe
le Hamas à moins qu'il ne se conforme aux trois conditions
internationales.
Bien que le processus de pourparlers soit difficile,
a dit M. Yaseen, l'Egypte continue à abriter les pourparlers entre les
factions palestiniennes.
Il a révélé que le chef du service des rensignements
d'Egypte Omar Suleiman avait voyagé en Israël pour promouvoir certaines
idées visant à résoudre le problème, mais les Etats-Unis les ont
complètement rejetées.
M. Bassinoni a également affirmé : "le rôle égyptien
est crucial et c'est pourquoi l'Egypte confié à M. Suleiman de
rencontrer des officiels israéliens".
Mais il a fait remarquer que l'Egypte
était simplement un médiateur qui "n'exercera aucune pression sur le Fatah et
le Hamas ou une autre faction".