ROME, 25 avril (Xinhua) -- Les
ministres de l'Environnement du G8, réunis depuis trois jours dans la ville
sicilienne de Syracuse (Italie), ont conclu leurs discussions vendredi par
l'adoption d'une feuille de route sur le changement climatique, la
biodiversité et l'économie verte, qui sera soumise au prochain sommet des Huit.
La ministre italienne de l'Environnement, Stefania
Prestigiacomo, qui a présidé la réunion, s'est déclarée "extrêmement
satisfaite" à l'égard des résultats des trois jours de discussions,
organisées pour trouver un consensus sur un accord post-Kyoto sur le
changement climatique.
"Nous avons défini, de manière claire et franche,
les principes auxquels les chefs d'Etat devront passer leur temps lors du
sommet du G8 en juillet", a-t-elle révélé.
Selon Mme Prestigiacomo, les ministres se sont
accordés sur la nécessité de prendre "des actions urgentes" sur le
changement cimatique, et ont présenté cinq aspects à aborder par le G8,
dont les objectifs à court et moyen terme, l'objectif à long terme, la
comparaison des efforts entre les pays, le financement, ainsi que la
gouvernance internationale.
Parmi les sujets débattus par les ministres venant
des premiers pays industrialisés et des pays en développement, figurent
entre autre la technologie à faible émission carbonique de CO2, les
stratégies contre le changement climatique, ainsi que le rapport
entre la lutte contre le réchauffement climatique planétaire et
la reprise de l'économie du monde.
Au dernier jour des discussions, les ministres ont
adopté la "Charte de Syracuse", visant à réduire la perte des
espèces.
Mme Prestigiacomo a indiqué que les ministres
étaient convaincus sur la nécessité de persuader les chefs d'Etat de
prenre immédiatement une action urgente pour sauvegarder la
biodiversité, et redéfinir les objectifs sur la biodiversité
d'après-2010.
Par ailleurs, les représentants ont abordé
l"'économie verte", que Mme Prestigiacomo a qualifiée d'"un nouveau
secteur pouvant ouvrir de nouvels espaces sur le marché et créer des
emplois".
En ce qui concerne l'émission du gaz à effet de
serre, les économies industrialisées et émergeantes doivent parvenir à un
consensus sur ce dossier et forger une alliance sur l'utilisation
des technologies vertes, a-t-elle fait savoir.
"Chacun des pays doit contribuer à la réduction des
émissions du gaz, et un accord planétaire ne sera possible que s'il y a un
accord général", a souligné Mme Prestigiacomo.
La réunion a rassemblé les pays responsables pour
plus de 40% des émissions de gaz carbonique du monde, dont les pays du G8
(Grande-Bretagne, Canada, France, Allemagne, Italie, Japon, Russie et
Etats-Unis), ainsi que d'autres pays émergeants (Chine, Inde, Brésil,
Mexique, Indonésie, Afrique du Sud, Corée du Sud, Australie et
l'Egypte.
Le document final, qui sera soumis au prochain
sommet du G8 au mois de juillet à être présidé par le Premier ministre
italien Silvio Berlusconi, a préparé le terrain pour la conférence des
Nations unies sur le climat prévue pour décembre à Copenhagen, qui a
pour objectif de conclure un accord visant à limiter les émissions du gaz
à effet de serre.
Durant le rendez-vous de Syracuse, les représentants
ont placé une attention particulière sur le rôle des Etats-Unis, dont le
président Barack Obama a lancé une nouvelle approche
environnementale, alimentant l'espoir de voir conclure un accord
planétaire sur le changement climatique.
Washington, qui a reconnu la nécessité d'élaborer
une nouvelle régulation sur l'émission du CO2, compte organiser la semaine
prochaine une réunion élargie à laquelle participeront 17 pays.
Stefano Pogutz, professeur en gestion
environnementale dans l'Université Bocconi de Milan, a souhaité que la
nouvelle administration Obama puisse pousser la conclusion d'un accord
climatique planétaire.
"Les Etats-Unis doivent devenir le moteur de l'ère
post-Kyoto... Le dernier accord de Barack Obama avec le Mexique sur
les énergies renouvelables marque une bonne tendance, et il y a de quoi
espérer lors du sommet climatique international à Washington", a fait
remarquer le professeur.