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A Diambars, les jeunes footballeurs sénégalais rêvent de suivre leurs aînés dans les grands clubs européens (REPORTAGE)
  2009-04-25 08:47:36  

     Par Bineta Diagne  

     DAKAR, 24 avril (Xinhua) -- Logé au coeur de Saly (Petite Côte, 80 km de Dakar), l'institut Diambars ("champion", en wolof)  entraîne et forme les jeunes futurs stars du football sénégalais.  La plupart sont des adolescents et n'ont qu'un objectif en tête:  le football de haut niveau, à l'image de leurs idoles sénégalais  évoluant en Europe. 

     Maillot de football rouge, Souleymane Cissé, 19 ans, dit avec  assurance: "Moi, je jouerai dans les clubs anglais, comme  Liverpool ou Manchester".  

     "Ou bien dans des clubs espagnols, comme au Réal de Madrid et  au FC Barcelone", interrompt Mactar Mbow, 20 ans, assis sur une  marche d'escalier où il bouquine un livre de Léopold Sédar Senghor. 

     A la tête de ce projet inauguré en 2003, figurent l'ancien  gardien de l'équipe de France, Bernard Lama, le milieu de l'équipe de France Patrick Vieira (né au Sénégal) et le béninois Jimmy  Adjovi Bosco.  

     Le centre accueille une centaine d'adolescents formés au  football de haut niveau. Tous ont été recrutés lors de sessions de détection en région et à Dakar. Sur place, les pensionnaires sont  nourris, logés et suivent des cours gratuitement.  

     A Diambars, les élèves alternent cours dans un bîtiment encore bien neuf, repos et entraînements intensifs sur des pelouses  désormais synthétiques. La formation dure cinq ans. Le critère  pour s'y maintenir est d'avoir un niveau scolaire correct.  

     "Tout récemment, un bon footballeur a dû quitter le centre  parce qu'il avait 9 de moyenne", insiste un formateur physique. 

     Souvent originaires de milieux déshérités, ces jeunes ont dû  s'acclimater à la rigueur du centre. 

     "Au début, c'était difficile, se souvient Mactar. Nous n'avions pas l'habitude de ce rythme, nous n'avions que 13 ans. Mais au fur et à mesure, nous nous sommes adaptés", poursuit-il.  

     "J'ai atteint un niveau suffisamment élevé cette année pour me présenter au baccalauréat littéraire", se réjouit Yigo Senghor,  20 ans, un jeune de Dakar.  

     Originaire de la Médina, un quartier populaire de la capitale  sénégalaise, Saliou Ciss, 20 ans, tire des bénéfices considérables de cet enseignement.  

     "Je n'ai jamais été à l'école. J'ai commencé les études ici à  l'institut Diambars", explique-t-il. A Diambars, Saliou apprend  notamment le français, l'anglais, l' espagnol et même  l'informatique. 

     Saliou a choisi de s'orienter dans la filière "multimédia",  afin "de trouver un travail dans l'audiovisuel si le football ne  marche pas" pour lui. 

     Dans les couloirs aérés du centre, un panneau d'information  notifie le programme diététique de chaque promotion.  

     "Chaque catégorie des jeunes a son programme annuel et même  hebdomadaire de repas", relève le responsable de la formation,  Boubacar Gadiaga.  

     En avril, le centre s'est doté d'une salle de musculation  flambant neuf, équipée de vélos, d'altères et même des plateformes vibrantes permettant la récupération des muscles après l'effort. A raison de deux séances en salle par semaine, les neuf formateurs  comptent améliorer les performances des jeunes.  

     "Grâce à la nouvelle salle de musculation, nous intégrons  désormais une phase de réé ducation des joueurs blessés dans nos  programmes", indique M. Gadiaga. 

     A Diambars, les jeunes s'entraînent à un rythme soutenu. Ils  suivent avec attention l'évolution de leurs aînés. Une bonne  poignée estime que la "génération de 2002", qui avait mené le  Sénégal en quarts de final au Mondial, est révolue. Début avril,  l'attaquant sénégalais El Hadji Diouf, l'idole de ces jeunes, a  décidé de prendre sa retraite internationale.  

     "El Hadji Diouf a pris sa retraite, bientôt ca sera le tour de  Mamadou Niang et des autres", anticipe Mactar Mbow.  

     "Nous allons en profiter pour nous mettre en valeur afin de  saisir leurs places, ajoute-t-il, car c'est une génération qui est finie. Pour nous, à Diambars, c'est des places à récupérer".  

     Six jeunes de Diambars ont rejoint des clubs français, quatre  sont en stage à Lorient en vue d'une intégration dans une équipe.