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La crise financière mondiale a "un effet sensible" sur l'Afrique subsaharienne
  2009-04-25 08:46:56  

     WASHINGTON, 24 avril (Xinhua) -- Le Fonds monétaire  international (FMI) a publié vendredi un rapport sur l'Afrique  subsaharienne, estimant que la crise financière mondiale a "un  impact sensible" sur cette région. 

     "La crise mondiale a un effet sensible sur la région, qui  s'exerce par plusieurs canaux. La demande d'exportations  africaines a diminué et les cours de la plupart des produits de  base ont baissé. Le resserrement du crédit à l'échelle mondiale  ainsi que l'aversion au risque des investisseurs ont entraîné  l'inversion des flux d'investissements de portefeuille, découragé  l'investissement étranger et rendu plus coûteux le financement du  commerce", a indiqué Mme Antoinette Monsio Sayeh, diretrice du  Département Afrique du FMI, dans un communiqué. 

     Elle a aussi fait état d'un recul "envisageable" des envois de  fonds des travailleurs émigrés. 

     Pour le FMI, l'impact de la crise sur les systèmes financiers  de la région été limité, mais le relentissement économique va " vraisemblablement" accroître le risque de crédit et le volume des  actifs improductifs et fragiliser les bilans des institutions  financières et des entreprises. 

     "Les perspectives de l'Afrique se sont fortement dégradées à  cause de la crise financière mondiale", indique le communiqué.  

     Selon les prévisions, poursuit le texte, la croissance  économique de l'Afrique subsaharienne sera de 1,5% en 2009 avant  de remonter à un peu moins de 4% en 2010, taux qui reste inférieur au niveau enregistré avant la crise.  

     Ces prévisions impliquent une décélération prononcée de la  croissance par rapport à 2008 et une forte révision à la baisse  des prévisions publiées en octobre dernier. Il faut désormais s'  attendre à une nette détérioration des positions budgétaires et  extérieures jusqu'en 2010.  

     Les pays exportateurs de pétrole et d'autres produits de base  seront particulièrement touchés. Tant que les perspectives  mondiales seront incertaines, la balance des risques restera  orientée essentiellement à la baisse. 

     Selon le FMI, la priorité doit être, pour tous les pays d'  Afrique subsaharienne, de limiter les effets négatifs de la crise  sur la croissance économique et la lutte contre la pauvreté, tout  en pré servant les progrès accomplis ces dernières années au prix  de grands efforts, notamment la stabilité macroéconomique et la  viabilité de la dette.  

     "La riposte des pouvoirs publics doit être adaptée à la  situation particulière de chaque pays. Face à la fragilisation des balances des paiements, il faut résister à la tentation de  recourir au protectionnisme ou de rétablir les contrôles  administratifs", estime le FMI.   

     DES PRINCIPES GUIDANT LA POLITIQUE  

     Le FMI a recommandé des principes qui doivent guider la  politique économique sur fond de crise: 

     -- Utiliser la marge de manoeuvre budgétaire disponible. La  crise financière mondiale va ré duire les recettes publiques. S'  ils peuvent financer l'accroissement de leur déficit budgétaire,  les pays qui sont parvenus à la stabilité macroéconomique et à des niveaux d'endettement viables devraient maintenir les dépenses  prévues. 

     Quelques pays peuvent aussi recourir à une relance budgétaire  discrétionnaire, en prenant notamment des mesures sociales  additionnelles pour protéger les populations pauvres. Les pays  exportateurs de produits de base qui ont accumulé de l'épargne  pendant la vague de prospérité pourraient être en mesure de  procéder progressivement aux ajustements nécessaires en puisant  dans leurs réserves. Dans les pays où la marge de manoeuvre  budgétaire est restreinte ou inexistante, la seule solution  pourrait être de resserrer la politique budgétaire à court terme. Un soutien accru des donateurs faciliterait l'ajustement. 

     -- Autant que possible, assouplir la politique monétaire et  laisser le taux de change s'adapter à la conjoncture externe. La  chute des prix des produits de base devrait donner une impulsion  dé flationniste qui pourrait permettre à certains pays d'assouplir leur politique monétaire. Dans les pays où les termes de l'échange se sont détériorés ou les flux de capitaux se tarissent, la  monnaie devra se déprécier en termes réels. 

     -- Surveiller de près les facteurs de vulnérabilité dans les  institutions financières et être prêt à agir rapidement. Il faudra parfois être prêt à revoir les priorités de manière à privilégier  les mesures à court terme, telles qu'une intensification de la  surveillance afin de faciliter la détection rapide des risques.  Cela dit, les priorités à court terme ne doivent pas détourner les autorités des réformes à engager à plus longue échéance pour  renforcer et diversifier leurs systèmes financiers.  

     DAVANTAGE D'AIDE EST NECESSAIRE  

     Le FMI a indiqué que pour maintenir et accélérer le rythme des  réformes entreprises ces dix dernières années dans la conjoncture  défavorable actuelle, l'Afrique aura besoin de davantage d'aide,  dont au moins le doublement de l'aide promis par les chefs d'Etat  du G8 lors du sommet de Gleneagles en 2005.  

     ÉBien que les pays donateurs subissent aussi des tensions, ils  doivent honorer leurs engagements. Sans un soutien accru de leur  part, la lutte contre la pauvreté et le développement de l'Afrique pourraient être retardés de plusieurs années et la stabilité  politique pourrait même être menacée dans certains pays", a  soulignée le FMI. 

     Le FMI a affirmé qu'il révise actuellement ses instruments de  prêt de manière à leur donner plus de souplesse et vise à doubler  ses prêts concessionnels en faveur des pays à faible revenu.