Par Raphaël MVOGO
YAOUNNDE, 24 avril (Xinhua) -- L'université de
Yaoundé II du Cameroun et l'université Omar Bongo du Gabon doivent signer
en mai prochain des accords de coopération, une nouveauté dans l'espace
de la Communauté économique et monétaire d'Afrique centrale
(CEMAC) .
Une délégation de l'université camerounaise se
rendra à Libreville au Gabon du 11 au 14 mai pour la signature de ces
accords, a appris Xinhua de sources proches du dossier.
"Les responsables des deux universités vont signer
un accord- cadre de coopération qui prévoit un échange d'enseignants et
d'étudiants et un accord de cotutelle de thèses qui signifie, entre
autres, que les étudiants pourraient être inscrits en thèse à la fois dans
les deux universités pour mener leurs travaux de recherche", a indiqué le
Pr. Joseph Vincent Ntuda Ebodé, membre de la délégation.
Située dans une banlieue de la capitale du Cameroun,
l'université de Yaoundé II a été créée en 1993, à la suite de
l'éclatement de l'Université de Yaoundé, mise en place au lendemain
de l'indépendance du pays en 1960, en six universités d'Etat. Dirigée par
Jean Tabi Manga, elle offre des formations en sciences juridiques et
politiques, et en sciences économiques et de gestion.
L'université Omar Bongo, dirigée par Fidèle-Pierre
Nze Nguema, était à l'origine l'Université nationale du Gabon, née en 1970
et rebaptisée sous le nom actuel en 1978. Sa restructuration en 2002
a permis la mise en place de l'Université des sciences et techniques
de Masuku à Franceville et de l'Université des sciences de la santé à
Libreville. Ses principaux programmes de formation sont axés sur le droit
et les sciences économiques, les lettres et les sciences humaines.
C'est la première fois que deux institutions
académiques nationales des pays de la CEMAC concluent des conventions de
coopération pour promouvoir l'intégration entre les peuples de la
région, a indiqué le Pr. Ntuda Ebodé.
"En réalité, ces accords viennent tout simplement
normaliser une situation de fait qui existait déjà entre les deux
universités, c'est-à-dire qu'il se déroulait déjà un échange intense
d'enseignants entre les deux universités, tout comme entre
l'université Omar Bongo et d'autres universités camerounaises",
a- t-il précisé.
Le projet germait depuis à peu près deux ans dans la
foulée d'une réflexion sur l'organisation d'un colloque transfrontalier
à Ambam (au Cameroun) et à Bitam (au Gabon) sur le thème "Les ponts
et les routes de l'intégration sous-régionale". La date de cette
rencontre scientifique doit être fixée lors de la signature des
accords.
Ces conventions portent sur une durée de cinq ans,
renouvelable par tacite reconduction. En dehors de la mobilité
des enseignants et chercheurs dans le cadre des formations et des
rencontres scientifiques, elles visent également l'accueil
réciproque et le co-encadrement des étudiants inscrits dans les
formations de master et de doctorat.
Les deux universités entendent réaliser des
programmes communs de recherche, utiliser de façon complémentaire des
structures de recherche et organiser des colloques, séminaires et autres
rencontres scientifiques devant donner lieu à des publications
communes.
La coopération se déclinera également par des
échanges de documentations, de publications scientifiques et d'expériences
en matière d'administration académique, ainsi que des échanges
sportifs et culturels.
Vice-doyen chargé de la scolarité, des statistiques
et du suivi des étudiants à la faculté des sciences juridiques et
politiques, le Pr. Ntuda Ebodé est par ailleurs chef du Centre de
recherche et d'études politiques et stratégiques de l'université de
Yaoundé II.
C'est une école doctorale portant sur la science
politique, les relations internationales et la communication. A son tour,
elle signera un accord de coopération spécifique avec le Centre
de recherches en politiques et développement des espaces et sociétés
de l'Afrique subsaharienne et le Laboratoire de graphique et de
cartographie de l'université Omar Bongo.
Il sera question de la mise sur pied "dès la rentrée
prochaine d'un programme de master de recherche et professionnel en
dynamiques, gestion et sécurité des espaces transfrontaliers. Les
étudiants qui y seront inscrits suivront les cours une année à
l'université de Yaoundé II et l'autre année à l'université Omar
Bongo", a annoncé le Pr. Ntuda Ebodé.
Pour lui, "cette s'impose d'elle-même, car dans
la sous-région, le Cameroun et le Gabon sont les seuls pays à avoir
des universités à cycle complet". Au Congo, en Guinée équatoriale,
en République centrafricaine et au Tchad, "les universités
s'arrêtent au premier cycle et ne disposent pas par conséquent d'école
doctorale".