YAOUNDE, 24 avril (Xinhua) -- Le ministre
camerounais de la Communication Jean Pierre Biyiti Bi Essam est entendu
depuis quelques jours par la police Judiciaire camerounaise pour
tentative de détournement de l'argent alloué pour la couverture
médiatique de la visite du Pape Benoït XVI au Cameroun du 17 au
20 mars dernier.
L'enquête initiée par l'Agence d'investigation
financière (Anif) vient du fait que M. Biyiti Bi Essam a mis respectivement
le 26 février et le 10 mars dans son compte personnel logé à la Société
Générale de Banque au Cameroun (SGBC) les sommes de 60 et 70
millions de Fcfa (environ 102.000 et 110.000 euros).
Avant son départ pour l'étranger, le chef de l'Etat
camerounais Paul Biya, qui avait été saisi par l'Anif, a instruit
une audition sans interpellation des personnes mises en cause.
Le ministre de la Communication est accusé d'avoir
enfreint à la réglementation en vigueur au Cameroun qui interdit que
l'argent public soit mis dans un compte privé.
M. Biyiti Bi Essam a toutefois déclaré qu'il voulait
tout simplement sécuriser l'argent en question.
"J'ai effectivement effectué deux versements
importants sur mon compte d'épargne SGBC (..) La seule lecture honnête
possible de l' acte que j'ai posé, c'est le souci de sécurisation", a dit
le ministre, cité par le quotidien privé Mutations.
"Ne disposant pas de coffre-fort à mon babinet, ni
d'ailleurs à mon domicile (..) mon embarras est donc total. J'opte donc, et
j' assume, pour la solution la moins risquée à mes yeux", a expliqué
le ministre.
Les enquêteurs, la police judiciaire, puis le
procureur de la République qui a entendu le ministre hier jeudi, veulent
également savoir ce qui a été fait des sommes allouées pour la couverture
médiatique de la visite papale.
D'après certaines sources, le ministre de
la Communication avait reçu en espèce de son collè gue des Finances, la
somme de 770 millions de Fcfa. La radio télévision nationale aurait
perçu 450 millions de Fcfa, la Cameroon Telecommunication (Camtel)
140 millions et le quotidien Cameroon Tribune 40 millions. 140
millions ont été gérés par le ministère de la Communication et rien pour la
presse privé.