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Nouvelle stratégie américaine au Pakistan (PAPIER GENEGAL)
  2009-04-24 18:30:44  

      BEIJING, 24 avril (Xinhua) -- Le président américain, Barack  Obama, a dévoilé fin mars une nouvelle stratégie visant à lutter  contre les groupes d'insurgés en Afghanistan et au Pakistan et  rencontrera les présidents de ces deux pays début mai à Washington pour un rare échange trilatéral. 

     Par ailleurs, M. Obama s'entretiendra séparément avec le  président pakistanais, Asif Ali Zardari, a-t-on appris mercredi de sources officielles américaines. 

     L'administration Obama juge la coopération  afghano-pakistanaise essentielle pour le succès de sa nouvelle  politique dans la région, mais des responsables américains ont  affirmé que leurs inquiétudes les plus sérieuses et les plus  immédiates concernent le Pakistan. 

     Le sénateur américain John Kerry a déclaré, au terme de sa  visite au Pakistan, qu'il était préoccupé par le fait que le  "Pakistan se trouve dans un moment de péril" et que le plan du  gouvernement américain "n'est pas une réelle stratégie". 

     Néanmoins, la secrétaire d'Etat américaine, Hillary Clinton, a simplement averti que le Pakistan devient une "menace mortelle"  pour le monde, en référence à la récente prise par les talibans du district de Bunner dans le nord-ouest du Pakistan, à une centaine  de kilomètres de la capitale pakistanaise, Islamabad. 

     Avec la progression des insurgés talibans vers Islamabad ces  derniers jours, les Etats-Unis se sont dits jeudi "extrêmement  préoccupés" par la situation de la sécurité au Pakistan.  

     LES LIENS SERONT RESSERRES 

     Les Etats-Unis veulent maintenir des relations militaires  larges avec le Pakistan pour aider Islamabad à combattre la menace croissante des groupes d'insurgés, a affirmé mardi un responsable  du Pentagone. 

     Michele Flournoy, la sous-secrétaire américaine à la Défense, a déclaré que Washington avait l'intention de fournir à l'armée  pakistanaise une formation et des conseils sur les tactiques  anti-insurrection et d'appuyer les opérations en cours avec des  renseignements et d'autres types d'aides. 

     Mme Flournoy a fait cette déclaration au moment où le  gouvernement américain commence à appliquer sa nouvelle stratégie  pour l'Afghanistan et le Pakistan, stratégie qui insiste sur la  combinaison d'actions militaires et d'initiatives de développement économique et social dans les régions non stables. 

     Le nouveau plan américain cherche un nouveau "partenariat  stratégique" entre Washington et Islamabad. Les Etats-Unis  souhaitent voir le Pakistan lancer des opérations pour chasser les groupes d'insurgés de leurs abris de sûreté qui leur servent de  bases pour mener des attaques transfrontalières en Afghanistan,  ont indiqué des sources gouvernementales. 

     Cependant, les responsables américains et afghans affichent  leur inquiétude depuis la semaine dernière suite à l'accord signé  par le président Zardali visant à introduire la charia, à savoir  la loi islamique, dans la division de Malakand, dans la province  frontalière du Nord-Ouest, y compris la vallée de Swat, en échange d'une trêve avec les insurgés talibans.  

     VOLTE-FACE 

     La récente visite dans la région effectuée par Richard  Holbrooke, l'émissaire américain pour l'Afghanistan et le Pakistan, a mis au jours des divergences nettes entre les Etats-Unis et le  Pakistan au sujet des opérations anti-terroristes. 

     Avec l'annonce de la nouvelle politique américaine, le  "manque de confiance" de longue date semble se transformer en une  impasse complète. 

     Après la visite de M. Holbrooke, le ministre pakistanais des  Sciences et de la Technologie, Azam Khan Swati, a déclaré que "les politiques américaines ne sont pas amicales, mais hostiles". 

     "Ne vendons pas notre pays et ne nous détruisons pas  nous-mêmes pour 10 milliards de dollars ou tout autre montant car  la paix dans le pays n'a pas de prix", a souligné M. Swati. 

     Les politiques américaines pour le Pakistan ont connu une  série de volte-face, a indiqué un professeur à Islamabad, ajoutant que les relations américano-pakistanaises se sont toujours basées  sur des intérêts stratégiques immédiats et non pas sur un  véritable partenariat à long terme. 

      

     UNE AIDE OU UNE DOULEUR 

     Lors d'une conférence des donateurs pour le Pakistan tenue  fin février à Tokyo, les Etats-Unis ont promis un grand programme  d'assistance qui, selon eux, est nécessaire pour appuyer la faible économie pakistanaise et la lutte contre les insurgés extrémistes. 

     Le Pakistan a mis en garde sur la tentation de fixer des  conditions à l'aide et le Premier ministre, Yousuf Raza Gilani, a  affirmé qu'une "aide soumise à une série de conditions ne  permettra pas d'aboutir aux résultats escomptés au Pakistan". 

     "Islamabad a marqué certaines lignes rouges qui ne peuvent  être franchies par les Etats-Unis", a souligné le ministre  pakistanais des Affaires étrangères, Shah Mahmmod Qureshi, lors  d'une conférence de presse donnée conjointement avec M. Holbrooke. 

     "Le Pakistan a réaffirmé aux Etats-Unis qu'il n'acceptera  aucune botte étrangère sur son sol", a ajouté M. Qureshi. 

     Islamabad dénonce les attaques américaines dans les régions  tribales le long de la frontière afghane, arguant que ces attaques entravent les efforts du Pakistan pour contenir les combats et  qu'elles desservent les objectifs de la guerre contre le  terrorisme. 

     De son côté, Washington estime que ces attaques se sont  avérées efficaces et qu'elles doivent se poursuivre.