MANILLE, 23 avril (Xinhua) -- Les pays asiatiques et
européens se sont engagés à atteindre les Objectifs du millénaire pour le
développement (OMD) qui consistent à réduire de moitié la pauvreté en
2015. Mais il reste à voir si ces objectifs seront atteints alors que la
récession mondiale devrait réduire le financement sur les projets de
développement.
Les participants à la Conférence de développement de
la Réunion Asie-Europe (ASEM), qui vient de se tenir à Manille, estiment
que la plupart des pays aisatiques en développement sont sur la voie
de réduction de la pauvreté, la récession pourrait compromettre les
progrès réalisés.
Les économies asiatiques en développement pourraient
réduire leurs dépenses sur les projets liés aux OMD pour faire face au
problème du chômage de plus en plus pressant. Les pays riches de
l'Europe occidentale sont actuellement dans une récession et doivent
d'abord s'occuper de leurs propres programmes économiques d'incitation
avant d'accorder des subventions à d'autres pays.
"Existe-t-il assez d'argent pour réaliser les OMD?"
a demandé Koos Richelle, directeur général du Bureau de coopération
EuropeAid de la Commission européenne.
"Il y a des discussions sur les engagements des OMD,
mais le financement de ces engagements n'est pas abordé au cours de la
grande conférence de deux jours", a affirmé Milo N. Tanchuling,
secrétaire général de la Liberté de la coalition de dettes, basée à
Manille, l'un des participants de l'ASEM.
Il est important pour les pays asiatiques en
développement pour réaliser les OMD. Cette région abrite des économies à
croissance rapide, mais la pauvreté reste un problème. La Banque mondiale
a déclaré que sur les 1,3 millard de personnes dans le monde vivant
avec moins de 1,25 dollar, environ 70% sont en Asie.
La récession globale pourrait pousser la plupart
d'économies asiatiques en développement à abandonner tous leurs
engagements sur les OMD, qui comprennent non seulement l'éradication de la
pauvreté, mais concerne également l'amélioration de la santé
maternelle, la parité entre les hommes et les femmes, la durabilité
de l'environnement, la réduction des taux de mortalité infantile et la
réalisation de l'éducation primaire universelle.
La déclin de la demande globale ralentit les
activités des entreprises, augmente le taux de chômage et efface les
acquis des efforts de l'éradication de la pauvreté. Les gestionnaires
économiques de l'Asie en développement ont besoin de réduire les
allocations budgétaires pour les projets destinés à leurs OMD, alors
qu'ils concentrent leurs dépenses sur les programmes d'emploi d'urgence
tout en limitant les déficits budgétaires.
"Nous prévoyons une diminution des budgets de
développement dans la région", a affirmé Arjun Thapan, directeur général
du département de l'Asie du sud-est de la Banque asiatique de
développement (BAD). Mais il a indiqué que si les projets
d'incitation à mettre en oeuvre par les gouvernements asiatiques ont
de fortes capacités d'absorption, tous les OMD pourraient être atteints en
2015, avec ou sans la crise.
Cela reste à voir. Même avant l'aggravation de la
crise économique mondiale à la fin de 2008, les économies asiatiques en
développement ont consacré moins de 5% de leur PIB aux programmes de
protection sociale, selon les données fournies par la BAD.
Les gestionnaires économiques asiatiques craignent
aussi que la récession globale ne réduise l'aide officielle au
développement ( ODA).
"Les expériences passées montrent que le niveau de
l'ODA sont facilement affectées par le cycle économique. Alors que
certaines économies semblent proches ou au fond du cycle, nous sommes
préoccupés par le fait que l'ODA des partenaires de développement
tels que le Japon et l'Europe deviendra rare. Les projets
d'impulsion que le Japon et beaucoup de pays européens ont récemment
adoptés pourraient aussi détourner des fonds de l'ODA vers les dépenses
intérieures", a indiqué le secrétaire à la planification socio-économique
des Philippines, Ralph Recto, dans son discours prononcé aux participants
de l'ASEM.
Recto a demandé aux pays donateurs de maintenir et
même augmenter l'ODA au milieu d'un tel environnement économique
difficile.
"Les pays développés se sont engagés à allouer au
moins 0,7% du Revenu national brut (RNB) pour l'ODA, mais beaucoup de pays
doivent encore réaliser cet objectif", a dit Recto.
On ne sait pas encore si l'Union européenne (UE)
respectera ses engagements à aider les économies asiatiques en
développement à atteindre leurs OMD, étant donné que la crise a diminué la
croissance dans certains pays de l'UE.
L'UE s'engage à consacrer 0,56% de son RNB à l'aide
au développement en 2010 et à la porter à 0,7% en 2015. Richelle a
affirmé qu'aucun des pays de l'UE n'a dit baisser leurs engagements
à cause de la crise. Mais ce n'est pas une garantie que ces engagements
seraient effectivement atteints.
Selon lui, seuls cinq pays membres de l'UE - Suède,
Pays-Bas, Danemark, Novège et Luxembourg - ont réussi jusqu'ici à fournir
l'aide au développement, qui équivaut à 0,7% de leur RNB.
Avec les dons liés la croissance économique
de chaque pays, le relentissement économique mondial affaiblit
certainement la capacité de l'UE à fournir des subventions, a-t-il dit.