Accueil Chine Monde Afrique Economie Culture/Edu Science/Tech Santé Société Environnement Tourisme Sports
-
La RPDC traduit en justice les deux journalistes américaines détenues
-
Inde: taux de participation atteint 55% dans la deuxième phase des élections générales
-
Irak : arrestation du chef du réseau Al-Qaïda
-
Syrie : remaniement partiel du gouvernement
-
La Russie, la Géorgie et l'Ossétie du Sud tiennent leur première réunion depuis le conflit du mois d'août
OMD : il y a des engagements, mais où est le financement? (ANALYSE)
  2009-04-24 11:07:03  

     MANILLE, 23 avril (Xinhua) -- Les pays asiatiques et européens  se sont engagés à atteindre les Objectifs du millénaire pour le  développement (OMD) qui consistent à réduire de moitié la pauvreté en 2015. Mais il reste à voir si ces objectifs seront atteints  alors que la récession mondiale devrait réduire le financement sur les projets de développement. 

     Les participants à la Conférence de développement de la Réunion Asie-Europe (ASEM), qui vient de se tenir à Manille, estiment que  la plupart des pays aisatiques en développement sont sur la voie  de réduction de la pauvreté, la récession pourrait compromettre  les progrès réalisés. 

     Les économies asiatiques en développement pourraient réduire  leurs dépenses sur les projets liés aux OMD pour faire face au  problème du chômage de plus en plus pressant. Les pays riches de  l'Europe occidentale sont actuellement dans une récession et  doivent d'abord s'occuper de leurs propres programmes économiques  d'incitation avant d'accorder des subventions à d'autres pays. 

     "Existe-t-il assez d'argent pour réaliser les OMD?" a demandé  Koos Richelle, directeur général du Bureau de coopération  EuropeAid de la Commission européenne. 

     "Il y a des discussions sur les engagements des OMD, mais le  financement de ces engagements n'est pas abordé au cours de la  grande conférence de deux jours", a affirmé Milo N. Tanchuling,  secrétaire général de la Liberté de la coalition de dettes, basée  à Manille, l'un des participants de l'ASEM. 

     Il est important pour les pays asiatiques en développement pour réaliser les OMD. Cette région abrite des économies à croissance  rapide, mais la pauvreté reste un problème. La Banque mondiale a  déclaré que sur les 1,3 millard de personnes dans le monde vivant  avec moins de 1,25 dollar, environ 70% sont en Asie. 

     La récession globale pourrait pousser la plupart d'économies  asiatiques en développement à abandonner tous leurs engagements  sur les OMD, qui comprennent non seulement l'éradication de la  pauvreté, mais concerne également l'amélioration de la santé  maternelle, la parité entre les hommes et les femmes, la  durabilité de l'environnement, la réduction des taux de mortalité  infantile et la réalisation de l'éducation primaire universelle. 

     La déclin de la demande globale ralentit les activités des  entreprises, augmente le taux de chômage et efface les acquis des  efforts de l'éradication de la pauvreté. Les gestionnaires  économiques de l'Asie en développement ont besoin de réduire les  allocations budgétaires pour les projets destinés à leurs OMD,  alors qu'ils concentrent leurs dépenses sur les programmes  d'emploi d'urgence tout en limitant les déficits budgétaires.  

     "Nous prévoyons une diminution des budgets de développement  dans la région", a affirmé Arjun Thapan, directeur général du  département de l'Asie du sud-est de la Banque asiatique de  développement (BAD). Mais il a indiqué que si les projets  d'incitation à mettre en oeuvre par les gouvernements asiatiques  ont de fortes capacités d'absorption, tous les OMD pourraient être atteints en 2015, avec ou sans la crise. 

     Cela reste à voir. Même avant l'aggravation de la crise  économique mondiale à la fin de 2008, les économies asiatiques en  développement ont consacré moins de 5% de leur PIB aux programmes  de protection sociale, selon les données fournies par la BAD. 

     Les gestionnaires économiques asiatiques craignent aussi que la récession globale ne réduise l'aide officielle au développement ( ODA). 

     "Les expériences passées montrent que le niveau de l'ODA sont  facilement affectées par le cycle économique. Alors que certaines  économies semblent proches ou au fond du cycle, nous sommes  préoccupés par le fait que l'ODA des partenaires de développement  tels que le Japon et l'Europe deviendra rare. Les projets  d'impulsion que le Japon et beaucoup de pays européens ont  récemment adoptés pourraient aussi détourner des fonds de l'ODA  vers les dépenses intérieures", a indiqué le secrétaire à la  planification socio-économique des Philippines, Ralph Recto, dans  son discours prononcé aux participants de l'ASEM. 

     Recto a demandé aux pays donateurs de maintenir et même  augmenter l'ODA au milieu d'un tel environnement économique  difficile. 

     "Les pays développés se sont engagés à allouer au moins 0,7% du Revenu national brut (RNB) pour l'ODA, mais beaucoup de pays  doivent encore réaliser cet objectif", a dit Recto. 

     On ne sait pas encore si l'Union européenne (UE) respectera ses engagements à aider les économies asiatiques en développement à  atteindre leurs OMD, étant donné que la crise a diminué la  croissance dans certains pays de l'UE. 

     L'UE s'engage à consacrer 0,56% de son RNB à l'aide au  développement en 2010 et à la porter à 0,7% en 2015. Richelle a  affirmé qu'aucun des pays de l'UE n'a dit baisser leurs  engagements à cause de la crise. Mais ce n'est pas une garantie  que ces engagements seraient effectivement atteints. 

     Selon lui, seuls cinq pays membres de l'UE - Suède, Pays-Bas,  Danemark, Novège et Luxembourg - ont réussi jusqu'ici à fournir  l'aide au développement, qui équivaut à 0,7% de leur RNB. 

     Avec les dons liés la croissance économique de chaque pays, le  relentissement économique mondial affaiblit certainement la  capacité de l'UE à fournir des subventions, a-t-il dit.