MOMBASA (Kenya), 22 avril
(Xinhua) -- La marine française a remis mercredi onze présumés pirates à
la police kenyane, le plus grand nombre jusqu'ici remis en un seul groupe.
Le chef du département d'investigation criminelle de
la police du Kenya (CID), Sebson Wandera, qui a reçu les pirates à la
ville côtière de Mombasa, a indiqué que les suspects avaient été
arrêtés alors qu'ils tentaient d'enlever un navire commercial, Safmarine
Asia.
"Ils ont été arrêtés par la marine française à 600
miles nautiques de Mombasa au large de la côte somalienne", a-t-il
confié aux journalistes.
Quatre fusils AK-47, deux skiffs, deux engins et
plusieurs couteaux ont été aussi remis à la police et pourraient être
présentés à la cour comme preuve, a-t-il précisé, ajoutant que
les suspects connaîtraient leurs chefs d'inculpation jeudi.
Wandera s'exprimait à bord du navire de la frégate
française Nivose, qui avait été utilisée pour poursuivre les pirates. Les
pirates ont été remis par des officiers de la marine française
qui les ont escortés l'un après l'autre.
Une déclaration du navire a indiqué que les suspects
avaient été "lancés" depuis un bateau mère qu'ils avaient aussi abordé.
Wandera a affirmé que le bateau-mère a, toutefois,
sombré en haute mer après avoir eu des problèmes mécaniques.
Au mois de janvier de cette année, les Etats-Unis
ont signé un accord avec le Kenya pour remettre les présumés pirates pour
jugement dans le pays d'Afrique de l'est alors qu'un accord
similaire est aussi entré en vigueur entre le Kenya et l'Union
européenne.
En raison de la hausse des activités de piraterie
dans l'océan Indien au large des côtes somaliennes, la communauté
internationale a déployé des bâtiments de guerre dans la région pour
protéger les navires commerciaux contre des enlèvements.
Toutefois, il y a eu des soucis sécuritaires pour le
Kenya par rapport à son rôle dans le jugement des présumés pirates
somaliens, et des questions ont été soulevées sur la capacité du système
judiciaire à mener des procès eu égard à la masse d'affaires en
instance dans les tribunaux.
Les pirates somaliens ont obtenu des millions de
dollars sous forme de rançon et continue d'exiger plus d'argent pour les
dizaines de navires et plus de 200 otages qu'ils détiennent
toujours.