GENEVE, 22 avril (Xinhua) -- Plus de 100.000 civils
congolais ont été déracinés dans la province instable du Nord-Kivu, dans
l'est de la République démocratique du Congo (RDC) ces sept
dernières semaines après des raids menés par des rebelles ayant
récemment combattu les armées du Rwanda et de la RDC, selon le Haut
Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR).
Une série d'attaques concertées menées par les
rebelles des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) contre
des villageois de Luofu, de Kirumba, de Kanyabonga et de Kayna près
de Lubero, à 170 km au nord de Goma, ont provoqué la mort et la
destruction et ont causé un déplacement de population incessant,
ajoute le HCR.
Selon les autorités locales, les FDLR ont mené un
raid sur le village de Luofu près de Lubero vendredi, tuant deux adultes
et cinq enfants et brûlant 255 cases. Les FDLR auraient encerclé la
ville de Kirumba depuis dimanche, en menaçant d'y entrer.
De nombreux déplacés se cachent dans la forêt et se
trouvent sans aucune assistance. Dans le même temps, les agences
humanitaires sont dans l'impossibilité de distribuer des biens de
secours essentiels à cause des attaques imprévisibles et des
déplacements de population qui s'ensuivent. Un autre facteur
s'ajoute à l'insécurité qui règne en RDC: il s'agit de la
tactique adoptée par les FDLR consistant à attaquer des véhicules
commerciaux sur la route principale reliant Lubero à Goma dans le
sud, vers Beni dans le nord et vers la frontière ougandaise dans
l'est.
Les FDLR ont intensifié leurs attaques de
représailles contre les civils dans le Nord-Kivu après que les forces
armées de la RDC et du Rwanda aient mis fin à leur offensive militaire
conjointe contre le groupe rebelle il y a sept semaines.
Les FDLR comptent essentiellement des Rwandais hutus
qui sont arrivés en RDC suite au génocide de 1994 au Rwanda.
Avec cette dernière éruption de violence, le
HCR estime que plus d'1,4 million de personnes dé placées se
trouvent actuellement dans l'est de la RDC. Parmi elles, environ
un million ont été contraintes à fuir leurs maisons dans la seule
province du Nord-Kivu, en proie à des troubles, à cause des
combats incessants, de l'anarchie généralisée, des pillages, des destructions
de maison et des camps, des assassinats et des viols.