BEIJING, 22 avril (Xinhua) -- Plus d'un milliard de
personnes dans le monde en proie à la famine voit s'amenuiser l'espoir de
manger à satiété, suite au retrait des bailleurs traditionnels, qui
ont transféré leurs fonds pour la reprise économique dans leur pays.
Les efforts internationaux pour répondre à ce fléau
s'avèrent moins efficaces en raison de la faible coordination entre les
gouvernements du monde, ont reconnu les ministres de l'Agriculture du
G8, réunis pour la première fois en Italie entre les 18 et 20 avril à
propos de la crise alimentaire.
La réunion du G8 a brossé un tableau sombre sur la
crise alimentaire : le nombre croissant de la population de
mal-nourris, pauvre et au chômage sur fond de morosité économique, le
surrenchérissement irréversible des prix à mi-terme dû aux problèmes
structurels, ainsi que les spéculations sur les fluctuations des
prix.
Le monde est loin de parvenir aux Objectifs du
millénaire de l'ONU de réduire de moitié la population de mal-nourris sur
toute la planète avant 2015, ont déploré les ministres, appelant à des
efforts immédiats pour trouver des solutions à ce grand défi et
contribuer au développement durable de la production agricole.
Les ministres ont dénoncé le protectionnisme dans
l'agriculture, qui dénature le commerce et menace la production agricole
dans les pays en développement, vitale pour le bien-être de quelque deux
milliards de pauvres dans le monde.
"Nous insistons sur l'importance d'un système
règlementé d'échanges commerciaux international pour le commerce
agricole... Nous souhaitons soutenir le rôle des marchés fonctionnant bien
comme un moyen afin d'améliorer la sécurité alimentaire", ont
indiqué les ministres dans leur déclaration finale.
Pourtant, ils ne sont pas parvenus à s'accorder sur
les mesures afin de réduire les barrières commerciales, suite aux
différends existant au sein du monde développé.
Malgré les engagements pris par le G8 (Allemagne,
Canada, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Italie, Japon et Russie), il
existe encore une grande ambiguïté sur les décisions à être
prises lors du prochain sommet du G8 en juillet, et sur la coordination
entre les pays développés et en développement.
Voilà une épreuve à laquelle sera
soumise l'intelligence politique des dirigeants.