NEW YORK, 22 avril (Xinhua) -- Un ressortissant
somalien, accusé de piraterie et seul survivant impliqué dans le
détournement du cargo américain Maersk Alabama, a comparu mardi
devant un tribunal fédéral de Lower Manhattan, dans la ville de New
York.
Abduhl Wali-i-Musi est le premier pirate présumé à
être jugé aux Etats-Unis depuis plus d'un siècle.
Des responsables américains auraient estimé que le
jeune homme a au moins, ce qui signifie que les procureurs ne sont pas
obligés d'adopter une procédure particulière pour son procès. Sa mère a
quant à elle affirmé qu'il n'est âgé que de 16 ans.
Toutefois, le procès a suscité de vives réactions
parmi quelques personnalités américaines, dont le membre du conseil de
New York, Charles Barron, et Herbert D. Daughtry, président des
Dirigeants religieux nationaux.
"Ils (Etats-Unis) devraient plutôt traiter le fond
du problème", a déclaré M. Barron à Xinhua, se demandant pourquoi les
Nations Unies "laissent la population somalienne mourir dont les eaux de
pêche ont été polluées par des déversements de produits toxiques".
Pour M. Barron, le tribunal peut ouvrir le procès,
mais les Etats-Unis devraient "affronter la véritable question en Somalie"
et ils "devraient jouer un rôle dans la stabilisation de la Somalie"
car "cela fait 18 ans que le pays n'a pas de gouvernement stable".
"Le garçon a 16 ans, mais le FBI dit qu'il en a 18,
ils peuvent donc l'arrêter et l'amener ici (aux Etats-Unis)", a-t-il
déclaré.
Des passants se sont déclarés favorables au procès,
estimant que les pirates sont des criminels et qu'ils doivent être
traduits en justice.
"Ils (les pirates) ne peuvent pas faire cela
simplement parce qu'ils sont pauvres", a déclaré un New Yorkais.
La mère du prévenu a affirmé que son fils avait été
"enjôlé par des bandits pour le transformer en pirate" et a appelé le
président américain Barack Obama à pardonner son fils, selon
l'agence de presse américaine AP.
Abduhl Wali-i-Musi est l'un des quatre Somaliens
accusés du détournement du cargo américain Maersk Alabama il y a deux
semaines. Le capitaine du cargo, Richard Phillips, avait été
séquestré et retenu en otage pendant cinq jours par ses
ravisseurs, avant d'être libéré lors d'une opération menée par un commando
de la marine américaine, opération qui s'est soldée par la mort de
trois pirates.
D'après les médias, les procueurs ont indiqué que le
prévenu risquait la perpétuité s'il était reconnu coupable de piraterie
et d'enlèvement.
Souriant, le jeune homme avait sa main gauche
toujours bandée à son arrivée au tribunal sous bonne escorte. Il a été
blessé lors de l'attaque contre le cargo américain au large des côtes
somaliennes il y a deux semaines.
Selon des sources officielles américaines, l'une des
raisons pour lesquelles le suspect a été amené à New York pour y être
jugé est que les responsables locaux du FBI ont l'habitude des
poursuites pour des crimes commis contre des ressortissants
américains en Afrique.