GENEVE, 20 avril
(Xinhua) -- Le secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-moon, en
ouvrant lundi à Genève la conférence de l'ONU contre le racisme (Durban
II), a appelé à davantage d'efforts et d'actions pour lutter contre toute
forme de racisme.
"Nous sommes confrontés à d'immenses défis dans ces
temps difficiles, sur de nombreux fronts, parmi les plus urgents figure
la question qui nous occupe aujourd'hui : la lutte contre le racisme
et toutes formes de discrimination raciale", a déclaré M. Ban dans son
discours d'ouverture.
"Malgré des décennies d'activités de
sensibilisation, malgré les efforts de nombreux groupes et de nombreuses
nations... le racisme persiste", a regretté le secrétaire général de
l'ONU.
"La discrimination ne disparaît pas par elle-même,
il doit être remis en cause. Autrement, elle peut devenir une cause
d'agitation sociale et de la violence", a indiqué M. Ban.
"Nous devons être particulièrement vigilants pendant
cette période de difficultés économiques", a-t-il déclaré, en ajoutant
: "Je crains aujourd'hui que la crise économique, s'il n'est pas
manipulé correctement, puisse se transformer en un vaste crise
politique... ".
"C'est la raison pour laquelle j'ai mobilisé les
Nations unies sur le nombre de crises auxquelles nous sommes confrontés", a
dit M.Ban, en déclarant : "J'ai lancé un appel aux Etats membres (de
l'ONU) pour qu'ils fassent davantage pour lutter contre la pauvreté
et faire progresser les objectifs de développement du Millénaire, car les
liens entre la pauvreté, la discrimination et le
sous-développement sont clairs".
M. Ban a également exprimé sa déception de l'absence
de plusieurs Etats à la conférence, en déconçant les divisions qui
affaiblissent la lutte contre le racisme.
"Je suis profondémment déçu... Certains pays qui, de
droit, devraient aider à créer le chemin d'un avenir meilleur, ne sont
pas là", a regretté le secrétaire général de l'ONU.
Les Etats-Unis, les Pays-Bas,
l'Australie,l'Allemagne, ainsi que le Canada, l'Italie et Israël, ont
décidé de boycotter la conférence à Genève, craignant qu'elle ne serve de
tremplin à des critiques sans mesure contre Israël.
Quelque 3.700 délégués venus de 103 pays, dont une
trentaine de ministres et 4 chefs d'Etats, prennent part à la conférence à
Genève, avait annoncé l'ONU. Parmi les chefs d'Etat présents figure
le président iranien Mahmoud Ahmadinejad.
La Conférence d'examen de Durban, qui se terminera
le 24 avril, vise à examiner les progrès réalisés dans le cadre des
objectifs fixés par la Conférence mondiale contre le racisme, la
discrimination raciale, la xénophobie et l'intolérance qui y est
associée, qui s'est tenue en 2001 à Durban (Afrique du Sud).