JERUSALEM, 19 avril (Xinhua) -- Alors que la crise économique
internationale s'intensifie, les entreprises israéliennes en
Chine regardent de plus en plus vers l'intérieur de la Chine pour
répondre aux besoins de la population rurale de ce
pays.
Passage à des zones plus rurales
Vu la politique du gouvernement chinois qui consiste
à "poursuivre la réforme, l'ouverture et à saisir de nouvelles
opportunités de développement", son plan de relance de 585 milliards
de dollars et son objectif de croissance de 8% pourraient non seulement
renforcer l'économie mais aussi transformer son mode de croissance
économique et réajuster sa structure économique à long terme.
Les investisseurs israéliens estiment qu'un
déplacement de la productivité s'opère depuis la région côtière du sud-est
de la Chine, qui concentre énormément d'usines, vers les régions plus
rurales de l'ouest. Certains hommes d'affaires israéliens déclarent
avoir tourné leur regard vers l'ouest de la Chine qui dispose d'un très
grand potentiel.
Amir Gal-Or, associé directeur chez Infinity Group,
un fonds d'investissement privé, avec des bureaux en Israël, en Chine et
aux Etats-Unis, a indiqué à l'agence Xinhua que son fonds ne fait
que réagir à l'évolution du marché, à un moment où la Chine
ajuste ses besoins dans le sillage de la crise;
Présent à Suzhou, à Shanghai et à Hong Kong,
Infinity Group envisage de s'installer dans d'autres villes à la recherche
de nouvelles opportunités qui pourraient lui permettre de s'adapter
aux changements des condtions du marché et d'élargir ses
investissements de portefeuille.
"Compte tenu de la tendance actuelle, on ne souhaite
pas augmenter les crédits, mais plutôt les diversifier", a indiqué M.
Gal-Or. "La crise économique rappelle à tout le monde que l'on ne
peut pas concentrer les fonds dans une même région", a ajouté M.
Gal-Or.
Il a précisé que le déménagement vers les villes de
deuxième catégorie exige que l'on s'intéresse davantage à l'agriculture,
alors que les villes de troisième et quatrième catégories ont besoin
d'être préparées par la création et l'amélioration des
infrastructures.
Ouverture à davantage de secteurs potentiels
Le changement intervient non seulement d'un point de
vue régional mais également sectoriel. Il est évident qu'aujourd'hui,
en Chine, les nouveaux créneaux sont l'agriculture, les services
médicaux ainsi que les projets de technologie propre dans les régions
rurales, dans les villes de deuxième et troisième rang dans l'ouest
de la Chine, a indiqué M. Gal-Or.
Par exemple, sa société, qui avait initialement
ciblé les secteurs des semi-conducteurs et de l'informatique, travaille
actuellement sur deux projets. L'un dans l'industrie hydraulique,
impliquant un approvisionnement en eau et le traitement de l'eau, et
l'autre sur la distribution de matériel médical.
Bien que certains fonds d'invetissement israéliens
enregistrent une baisse de leurs performances en Chine, Infinity
Group estime qu'il existe beaucoup de secteurs potentiels que les
investisseurs pourraient analyser calmement avant de tirer la
sonnette d'alarme.
"La Chine est un pays très peuplé et la croissance
de son produit intérieur brut s'établit autour de 10% par an. Au fur et
à mesure que la classe moyenne se développe, la population s'enrichit
et les consommateurs se tournent de plus en plus vers les produits de luxe
comme les bijoux", a indiqué Daniel Sueke, analyste en chef de GEAM funds,
qui opère sur le marché de la bijouterie.
Importance de commercialiser des produits demandés
en Chine
Selon Amos Yudan, PDG de Commodan Far East, une
société commerciale ayant pour objectif de promouvoir les affaires entre
la Chine et Israël, la présence israélienne en Chine est
fondamentale pour garantir un succès commercial israélien en
Chine.
M. Yudan a noté que des sociétés israéliennes ont
échoué en Chine à cause de deux raisons, l'une est qu'elles n'avaient pas
de représentants dans le pays et que leur bureau n'était pas assez
fort, et l'autre est que leurs produits n'étaient pas demandés en
Chine.
"Les exportations israéliennes vers la Chine ont
augmenté de 19% pour atteindre 1,2 miliard de dollars en 2008 contre 1,04
millard de dollars en 2007. Le mois de décembre 2008 a aussi
enregistré une hausse de 20% des exportations à novembre dernier,
bien que les exportations aient diminué de 20% par rapport aux
chiffres de décembre 2007.
M. Yudan a noté que l'avenir des investissements
israéliens en Chine dépendra de l'impact de la crise financière mondiale
ainsi que de l'effet du plan de relance et d'autres réformes
économiques de la Chine.
"Il ne fait aucun doute qu'il existe un fort
potentiel en Chine et qu'Israël dispose de beaucoup de technologies
demandées en Chine dans plusieurs domaines, notamment dans ceux de
l'agriculture, de la médecine et des communications", a ajouté M.
Yudan.
"Le problème est que les futurs investissements
sont considérés comme un apport financier à la Chine à sens unique et que
la crise économique a rendu l'accès des investisseurs israéliens
au capital plus problématique", a-t-il ajouté.