KINSHASA, 18 avril (Xinhua) -- Avec 329 sur 484
suffrages exprimés, Evariste Boshab, candidat du Parti du peuple pour la
reconstruction et le développement (PPRD, au pouvoir) et de
l'Alliance de la Majorité présidentielle (AMP), a été élu samedi
président du bureau de l'Assemblée nationale, chambre basse du
Parlement de la République démocratique du Congo (RDC).
M. Boshab succède à Vital Kamerhe qui a été
contraint à démissionner par l'AMP. Son élection ainsi que celle des
autres membres du bureau se sont déroulée dans la plus grande
transparence, a reconnu un candidat de l'opposition au poste de
vice-président de l'Assemblée nationale.
L'élection du bureau de l'Assemblée nationale met un
terme a plusieurs jours de suspens et de pronostics faits en faveur de
certains candidats de l'opposition qu'on croyaient être prets à
prendre le perchoir de la Chambre basse.
L'AMP a mis toutes les battéries en marche pour
battre l'opposition, estiment des observateurs, qui indiquent que la
victoire des candidats de l'AMP est le fruit de la discipline et
surtout de la prise de conscience des députés de l'Alliance qui ont
su tirer les léçons de leur échec au Sénat, en 2007, lorsque leur
candidat, le sénateur Léonard She Okitundu a perdu le poste de président
du Sénat au détriment du candidat indépendant, le sénateur Léon Kengo Wa
Dondo.
"Pour ce scrutin décisif, l'AMP a fait montre de
discipline, de maturité et de sens de la responsabilité. Les députés AMP
ont bien respecté la consigne et en votant pour le candidat choisi
par le président de la République, Joseph Kabila, en la personne
d'Evariste Boshab, avant de choisir d'autres candidats de la
Majorité. Il fallait donc respecter la dsicipline du parti et de la
plate-forme", a déclaré un éditorialiste congolais.
Dans tous les cas, cette élection a été obtenue face
à des adversaires redoutables, des grosses poitures de l'opposition qui
ne manquaient ni d'atouts majeurs, ni d'arguments solides et
d'influence politique susceptibles de convaincre, en dernière
minute, des indécis.
Evariste Boshab a dû faire face à des adversaires de
taille tels que Gilbert Kiakwama Kia Kiziki, plusieurs fois ministres
sous le règne du Maréchal Mobutu, François Mwamba, proche allié
de Jean-Pierre Bemba et secrétaire général du Mouvement de
Libération du Congo (MLC) et Jean-Baudouin Idambito, ancien membre du
Comité centrale du Mouvement Populaire de la Révolution (MPR), le parti
du Maréchal Mobutu qui ont affirmé jusqu' au bout leurs ambitions
politiques. En fin de compte, M. Boshab et l'AMP ont réussi à gagner
leur pari.
De l'avis de plusieurs observateurs, la majorité a
su tirer son épingle du jeu en profitant de la maladresse des candidats de
l'opposition qui se sont jetés dans la bataille en ordre
dispersé, avec une multitude de candidats. Grosse erreur de calcul et de
tactique qui a profité à la Majorité afin qu'elle conserve la
présidence de l'Assemblée nationale.
"Le verdict reflète la réalité sur le terrain. Le
contraire aurait surpris et étonné.", a soutenu un député de l'AMP .
La victoire écrasante de M. Boshab est également due
à l'autorité morale de l'AMP, du président Joseph Kabila. En effet,
comprenant les enjeux de ce scrutin, le chef de l'Etat a
rencontré les députés de la majorité mercredi dernier en vue d'échanger et
surtout de les conscientiser sur les vrais enjeux de cette élection
du 17 avril.
"Il fallait donc conserver cette majorité en
plaçant l'élection sous le signe de la continuité. Question de
refléter la réalité politique du terrain. Et bien sûr, de rassurer
le président de la République, au travers d'une
majorité sécurisante, pour qu'il gouverne en toute quiétude", a expliqué le
sénateur de l'AMP Modest Mutinga.