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La Somalie de nouveau au bord d'un conflit entre islamistes (ANALYSE)
  2009-04-18 07:55:21  

     MOGADISCIO, 17 avril (Xinhua) -- La mort récente d'un député  somalien et d'un commandant islamiste pro-gouvernemental a  déclenché une guerre de propagande entre les islamistes modérés et les groupes radicaux, ce qui serait, aux yeux de certains  analystes, un prélude à un majeur conflit entre islamistes. 

     Le ministre somalien de la Sécurité nationale Omar Hashi Aden a affirmé vendredi avoir reçu des informations selon lesquelles près de 100 jeunes hommes armés de pistolets venant du sud du pays  auraient pénétré dans la capitale, Mogadiscio, et rejoint leurs  camarades qui sont déjà là, dans le but d'assassiner les  parlementaires et officiels du gouvernement. 

     "Au moment où le ministère (de la Sécurité nationale) informe  les parlementaires, l'un d'entre eux a trouvé la mort et un autre  officiel et son gard du corps ont été tués", a déploré M. Aden  lors d'une conférence de presse à mogadiscio. 

     Si le ministre n'a pas nommé explicitement les auteurs de ces  assassinats, il faisait allusion, semble-t-il, au groupe islamiste radical Al-Sabaab, groupe qui avait été accusé d'être derrière les attentats, a affirmé l'analyste politique Harun Bile. 

     "Il semble que la dispute a commencé entre le groupe radical Al- Shabaab et les islamistes pro-progouvernementaux qui évitent  jusqu'ici tout conflit direct (...), mais maintenant une telle  éventualité est inévitable", a affirmé à Xinhua M. Bile à  Mogadiscio. 

     Chiekh Muqtar Robow Abu Mansuur, porte-parole du mouvement  islamiste Al-Shabaab, a nié l'implication du mouvement dans  l'assassinat des deux officiels islamistes, déclarant qu'il s'agit d'une tentative de pousser les islamistes à attaquer les positions d'Al-Shabaab dans la capitale. 

     "Ils ont attaqué nos positions etnous les avons repoussés", a  déclaré Robow jeudi lors d'une conférence de presse tenue par  téléphone, affirmant que des assaillants capturés seraient  relâchés. 

     Il a déclaré que le groupe Ab-Shabaab continuerait à combattre  avec les forces gouvernementales et les "troupes d'occupation"  venant d'Ouganda et du Burundi, les seuls pays africains ayant  déployé des troupes en Somalie dans le cadre de la Mission de  l'Union africaine en Somalie (Amisom), qui compte au total 4.000  soldats. 

     Le nombre total des militaires de l'Amisom devrait atteindre 8. 000. 

     D'après Abdurahim Isse Adow, porte-parole du groupe islamiste  pro-gouvernemental, l'Union des tribunes islamiques (ICU), branche militaire de l'Alliance pour la re-libération de la Somalie (ARS)  dirigée par Cheikh Charif Cheik Ahmed, actuel chef de l'Etat, les  combattants ne tolèrent aucune provocation de la part du groupe Al- Shabaab. 

     M. Adow a accusé ce dernier d'être derrière la mort de  plusieurs "combattants de résistance".  

     Il estime aussi qu'il exite un lien entre Al-Shabaab et la  tentative d'attentat, le mois dernier, contre le ministre de  l'Intérieur Cheikh Abdulkadir Ali Omar, un ancien combattant  islamiste et un proche allié du président. 

     "Ce que vous voyez et entendez est ou peut être un prélude à un début d'un majeur conflit inter-islamistes, qui pourrait être,  dans une ceraine mesure, plus dangereux pour les habitants de la  capitale, champ de bataille pour la nouvelle phase du conflit  civil somalien", a relevé yunis Dahir, professeur de la science  politique.