MOGADISCIO, 17 avril (Xinhua) -- La mort récente
d'un député somalien et d'un commandant islamiste pro-gouvernemental a
déclenché une guerre de propagande entre les islamistes modérés
et les groupes radicaux, ce qui serait, aux yeux de certains
analystes, un prélude à un majeur conflit entre islamistes.
Le ministre somalien de la Sécurité nationale Omar
Hashi Aden a affirmé vendredi avoir reçu des informations selon lesquelles
près de 100 jeunes hommes armés de pistolets venant du sud du pays
auraient pénétré dans la capitale, Mogadiscio, et rejoint leurs
camarades qui sont déjà là, dans le but d'assassiner les
parlementaires et officiels du gouvernement.
"Au moment où le ministère (de la Sécurité
nationale) informe les parlementaires, l'un d'entre eux a trouvé la mort
et un autre officiel et son gard du corps ont été tués", a déploré M. Aden
lors d'une conférence de presse à mogadiscio.
Si le ministre n'a pas nommé explicitement les
auteurs de ces assassinats, il faisait allusion, semble-t-il, au groupe
islamiste radical Al-Sabaab, groupe qui avait été accusé d'être derrière
les attentats, a affirmé l'analyste politique Harun Bile.
"Il semble que la dispute a commencé entre le groupe
radical Al- Shabaab et les islamistes pro-progouvernementaux qui évitent
jusqu'ici tout conflit direct (...), mais maintenant une telle
éventualité est inévitable", a affirmé à Xinhua M. Bile à
Mogadiscio.
Chiekh Muqtar Robow Abu Mansuur, porte-parole du
mouvement islamiste Al-Shabaab, a nié l'implication du mouvement dans
l'assassinat des deux officiels islamistes, déclarant qu'il
s'agit d'une tentative de pousser les islamistes à attaquer les
positions d'Al-Shabaab dans la capitale.
"Ils ont attaqué nos positions etnous les avons
repoussés", a déclaré Robow jeudi lors d'une conférence de presse tenue
par téléphone, affirmant que des assaillants capturés seraient
relâchés.
Il a déclaré que le groupe Ab-Shabaab continuerait à
combattre avec les forces gouvernementales et les "troupes d'occupation"
venant d'Ouganda et du Burundi, les seuls pays africains ayant
déployé des troupes en Somalie dans le cadre de la Mission de
l'Union africaine en Somalie (Amisom), qui compte au total 4.000
soldats.
Le nombre total des militaires de l'Amisom devrait
atteindre 8. 000.
D'après Abdurahim Isse Adow, porte-parole du groupe
islamiste pro-gouvernemental, l'Union des tribunes islamiques (ICU),
branche militaire de l'Alliance pour la re-libération de la Somalie (ARS)
dirigée par Cheikh Charif Cheik Ahmed, actuel chef de l'Etat, les
combattants ne tolèrent aucune provocation de la part du groupe
Al- Shabaab.
M. Adow a accusé ce dernier d'être derrière la mort
de plusieurs "combattants de résistance".
Il estime aussi qu'il exite un lien entre Al-Shabaab
et la tentative d'attentat, le mois dernier, contre le ministre de
l'Intérieur Cheikh Abdulkadir Ali Omar, un ancien combattant
islamiste et un proche allié du président.
"Ce que vous voyez et entendez est ou peut être
un prélude à un début d'un majeur conflit inter-islamistes, qui pourrait
être, dans une ceraine mesure, plus dangereux pour les habitants de
la capitale, champ de bataille pour la nouvelle phase du conflit
civil somalien", a relevé yunis Dahir, professeur de la science
politique.