BRAZZAVILLE, 16 avril (Xinhua) -- Longtemps
dépendant du pétrole qui contribue à près de 76% au budget de l'Etat et à
95% des exportations, la République du Congo veut, grâce à l'appui
financier des partenaires au développement tels que la Banque
mondiale et la FAO, injecter quelque 20 millions de dollars pour
appuyer le développement de l'agriculture et diversifier son
économie jusqu'ici basée sur l'or noir.
La volonté des autorités congolaises de développer
ce secteur, un des plus porteurs, est motivée par la hausse observée des
prix des denrées alimentaires, associée à la baisse des recettes
pétrolières à l'horizon 2015.
Selon les spécialistes, le Congo bénécifie de la
manne pétrolière, mais dépend d'importation pour nourrir sa population
estimée à ce jour à quelque 3,5 millions d'habitants.
En dépit de la richesse de son sol et de l'abondance
en en eau, la République du Congo dépense chaque année, selon la FAO, près
de 120 milliards de Fcfa (environ 200 millions de dollars) en
importation des denrées alimentaires, achetant des produits
alimentaires du Tchad, du Cameroun et de la République démocratique
du Congo (RDC) tels que l'oignon, la viande de boeuf, l'arachide et le
légume.
Le gouvernement a lancé en 2008 le Projet de
développement agricole et de réhabilitation des pistes agricoles
(Pdarp).
Le Pdarp est financé par un don de l'Association
internationale de développement (IDA) de 20 millions de dollars et un
cofinancement de l'Etat congolais de 20 millions de dollars (soit un
montant total de 40 millions de dollars). Il sera exécuté sur une période
de cinq ans sur huit des dix départements administratifs du pays.
Ce projet vise à doter les populations vivants en
milieu rural des possibilités d'accroître leurs revenus en leur
fournissant des technologies agricoles améliorées est des infrastructures
de marché dans l'objectif de réduire la pauvreté au Congo où plus de
60% de la population vit avec moins d'un dollar le jour.
"Devant la crise alimentaire qui devient chaque jour
plus évidente dans le pays, la mise en oeuvre d'un programme de
culture vivrière intensive s'impose pour y remédier, et éviter que le
pays continue d'importer massivement des denrées alimentaires",
estime un cadre du ministère congolais de l'Agriculture.
Dans la perspective de parvenir à cette fin, le
Congo tend à mettre en place un Fonds de soutien à l'agriculture (FSA). Ce
fonds qui constitue, selon les spécialistes, une voie de sortie
de l'indépendance agricole du Congo a pour objectif d'atteindre l'
autosuffisance alimentaire.
Secteur clé pour alterner avec le pétrole, première
ressource du Congo après le bois, la relance de l'agriculture fait de plus
en plus l'objet d'une grande attention des autorités congolaises,
qui ont déjà lancé en 2007 le Programme national de sécurité
alimentaire (PNSA), en partenariat avec la FAO et l'appui des
techniciens vietnamiens, en vue d'intensifier la production des
cultures vivrières dans les villages.
La production agricole autour de Brazzaville est
insuffisante et saisonnière et les surfaces réservées au maraîchage à
Brazzaville se réduisent chaque jour.
Au Congo, les cultures vivrières - en premier lieu
manioc, puis igname, maïs, arachide, paddy - occupent 75% des superficies
cultivées, le reste étant consacré aux cultures de rente telles que
la canne à sucre, l'huile de palme, le cacao et le café. Ces deux
dernières cultures sont toutefois en fort déclin.
A l'exception du manioc dont la production a connu
une sensible augmentation ces dernières années, pour l'ensemble des
cultures vivrières, la tendance générale est à la baisse. Le petit é
levage (petits ruminants, porcins, volaille) est également pratiqué
autour des habitations, aussi bien dans les quartiers périphériques
de Brazzaville qu'en milieu rural.
Le système de production en forêt est fondé sur
la culture itinérante sur brûlis, avec le recours à de longues périodes
de jachère.