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Le Congo s'appuie sur l'agriculture pour diversifier son économie (PAPIER D'ANGLE)
  2009-04-17 10:10:54  

     BRAZZAVILLE, 16 avril (Xinhua) -- Longtemps dépendant du  pétrole qui contribue à près de 76% au budget de l'Etat et à 95%  des exportations, la République du Congo veut, grâce à l'appui  financier des partenaires au développement tels que la Banque  mondiale et la FAO, injecter quelque 20 millions de dollars pour  appuyer le développement de l'agriculture et diversifier son  économie jusqu'ici basée sur l'or noir. 

     La volonté des autorités congolaises de développer ce secteur,  un des plus porteurs, est motivée par la hausse observée des prix  des denrées alimentaires, associée à la baisse des recettes  pétrolières à l'horizon 2015. 

     Selon les spécialistes, le Congo bénécifie de la manne  pétrolière, mais dépend d'importation pour nourrir sa population  estimée à ce jour à quelque 3,5 millions d'habitants. 

     En dépit de la richesse de son sol et de l'abondance en en eau, la République du Congo dépense chaque année, selon la FAO, près de 120 milliards de Fcfa (environ 200 millions de dollars) en  importation des denrées alimentaires, achetant des produits  alimentaires du Tchad, du Cameroun et de la République  démocratique du Congo (RDC) tels que l'oignon, la viande de boeuf, l'arachide et le légume. 

     Le gouvernement a lancé en 2008 le Projet de développement  agricole et de réhabilitation des pistes agricoles (Pdarp). 

     Le Pdarp est financé par un don de l'Association internationale de développement (IDA) de 20 millions de dollars et un  cofinancement de l'Etat congolais de 20 millions de dollars (soit  un montant total de 40 millions de dollars). Il sera exécuté sur  une période de cinq ans sur huit des dix départements  administratifs du pays. 

     Ce projet vise à doter les populations vivants en milieu rural  des possibilités d'accroître leurs revenus en leur fournissant des technologies agricoles améliorées est des infrastructures de  marché dans l'objectif de réduire la pauvreté au Congo où plus de  60% de la population vit avec moins d'un dollar le jour.  

     "Devant la crise alimentaire qui devient chaque jour plus  évidente dans le pays, la mise en oeuvre d'un programme de culture vivrière intensive s'impose pour y remédier, et éviter que le  pays continue d'importer massivement des denrées alimentaires",  estime un cadre du ministère congolais de l'Agriculture. 

     Dans la perspective de parvenir à cette fin, le Congo tend à  mettre en place un Fonds de soutien à l'agriculture (FSA). Ce  fonds qui constitue, selon les spécialistes, une voie de sortie de l'indépendance agricole du Congo a pour objectif d'atteindre l'  autosuffisance alimentaire.  

     Secteur clé pour alterner avec le pétrole, première ressource  du Congo après le bois, la relance de l'agriculture fait de plus  en plus l'objet d'une grande attention des autorités congolaises,  qui ont déjà lancé en 2007 le Programme national de sécurité  alimentaire (PNSA), en partenariat avec la FAO et l'appui des  techniciens vietnamiens, en vue d'intensifier la production des  cultures vivrières dans les villages. 

     La production agricole autour de Brazzaville est insuffisante  et saisonnière et les surfaces réservées au maraîchage à  Brazzaville se réduisent chaque jour. 

     Au Congo, les cultures vivrières - en premier lieu manioc, puis igname, maïs, arachide, paddy - occupent 75% des superficies  cultivées, le reste étant consacré aux cultures de rente telles  que la canne à sucre, l'huile de palme, le cacao et le café. Ces  deux dernières cultures sont toutefois en fort déclin. 

     A l'exception du manioc dont la production a connu une sensible augmentation ces dernières années, pour l'ensemble des cultures  vivrières, la tendance générale est à la baisse. Le petit é levage (petits ruminants, porcins, volaille) est également pratiqué  autour des habitations, aussi bien dans les quartiers  périphériques de Brazzaville qu'en milieu rural. 

     Le système de production en forêt est fondé sur la culture  itinérante sur brûlis, avec le recours à de longues périodes de  jachère.