LOS ANGELES, 16 avril
(Xinhua) -- La politique étrangère du président américain Barack Obama a
obtenu le soutien d'anciens responsables gouvernementaux et d'érudits, car
elle montre de remarquables signes de changement.
Ces remarques ont été entendues lors d'une
conférence organisée mercredi à l'Institut des études politiques d'Unruh de
l'Université de Californie du Sud.
De nouveaux changements sont intervenus à travers le
monde quand les Etats-Unis ont déclaré qu'ils participeront aux
négociations proposées avec l'Iran, de même que cinq autres pays
(Allemagne, Chine, France, Grande-Bretagne et Russie), en vue de
trouver une solution politique au dossier nucléaire iranien.
M. Obama a également assoupli les restrictions
concernant les voyages à Cuba et ce pour la première fois.
Le vice-président américain, Joe Biden, a effectué
un périple en Europe, annonçant des changements dans la politique
étrangère américaine, qui a placé la diplomatie au-dessus de la puissance
militaire.
"Je viens en Europe au nom d'une nouvelle
administration déterminée à prendre un nouveau ton à Washington, et dans
les relations de l'Amérique à travers le monde", a déclaré M. Biden
lors d'une conférence sur la sécurité tenue en février à Munich, en
Allemagne.
"Nous nous engagerons. Nous écouterons. Nous
consulterons. L'Amérique a besoin du monde, tout comme le monde a besoin
de l'Amérique, je le crois", a-t-il ajouté.
Mercredi, M. Obama a effectué une brève visite au
Mexique, où les responsables mexicains espèrent que le nouveau président
américain apportera de nouveaux changements et attendent des signes
d'un engagement pour un partenariat avec le Mexique afin de résoudre les
questions telles que la violence liée à la drogue et la réforme des
services de l'immigration.
L'ancien responsable en chef des communications de
la Maison Blanche, David Demarest, et l'ancien secrétaire au Commerce,
Mickey Kantor, ont indiqué lors de cette conférence avoir observé
les changements de l'administration Obama dans ses politiques
extérieures et qualifié ces changements de positifs.
Contrairement aux changements intérieurs, qui feront
l'objet de sérieuses restrictions au Congrès, les changements de la
politique étrangère connaissent normalement peu de restrictions de la part
du Congrès et les changements sont évidents ces derniers mois,
ont-ils relevé.
Les deux anciens responsables ont fait remarquer que
pour la première fois, les Etats-Unis ont exprimé la volonté
d'entreprendre des contacts avec l'Iran, un geste qui, pour eux, va
dans une bonne direction.
Pour M. Kantor, ce que M. Obama a fait, vise à
rétablir la crédibilité des Etats-Unis dans le monde. Pourtant, il a
défendu l'administration précédente, estimant que tendre la main à
Téhéran n'est pas l'idée des Républicains ni celle des Démocrates, car
cela s'inscrit dans l'intérêt de tous les Américains.
Alors que M. Obama a apporté des changements, l'Iran
en montre également, a indiqué M. Demarest, ajoutant que la prochaine
élection présidentielle iranienne attirera certainement l'attention
du monde entier.
Bien qu'il soit difficile de constater un changement
démocratique dans la direction iranienne, celle-ci pourrait adopter
une attitude plus pragmatique et plus coopérative vis-à-vis de Washington,
a observé M. Demarest.
Pour les deux anciens responsables, M. Obama traite
avec un honneur intellectuel ses adversaires comme ses alliés, et il
respecte l'opinion publique. Une telle tactique lui procure du
respect et aide à résoudre des conflits.
Selon des observateurs, la doctrine de M. Obama est
le domaine diplomatique, cela correspond à une vieille tradition de la
politique étrangère américaine, et elle est différente de l'approche
de l'administration Bush.
Le président Obama, lors de sa visite début avril à
Strasbourg (France) pour le sommet de l'OTAN, a reconnu que les Etats-Unis
ne pouvaient pas atteindre à eux seuls de grands objectifs, bien
qu'il soit "toujours plus difficile de créer de véritables
partenariats et de fermes alliances que d'agir tout seul".
La nouvelle politique étrangère du président Obama
vise à gagner la sympathie du monde et cela sera utile quand il s'agira
de résoudre les questions compliquées auxquelles le monde est
confronté, ont analysé MM. Demarest et Kantor.