MOGADISCIO, 11 avril (Xinhua) -- Le mémorandum
d'entente controversé signé entre les gouvernements somalien et kenyan sur
la délimitation de la frontière maritime entre les deux Etats
éprouvera un test pour le gouvernement et provoque un profond
désaccord en Somalie déchirée par la guerre.
Les deux gouvernements ont signé la semaine dernière
un mémorandum d'entente sur leur frontière maritime, mais l'accord a
suscité un débat acharné et une divergeance autour de sa légalité au
sein du gouvernement somalien.
Le ministre somalien de la Coopération
internaitonale Abdurrahman Abdishakur Warsame a signé l'accord avec le
ministre kenyan des Affaires étrangères Moses Wetangula.
Le vice-président du Parlement somalien Mohamed Omar
Dalha a déclaré que l'accord n'avait pas de base légale tant qu'il ne
sera pas ratifié par la législature nationale.
Peu après la diffusion d'une information sur la
signature de l'accord, les groupes de l'opposition ont condamné l'accord
qui, selon les deux Etats, facilitera leur présentation respective à
la Commision des Nations unies sur la loi de la mer (UNCLOS), car la
préparation d'une réclamation du pays pour la soumission demande une
coopération de ses voisins.
Les groupes de l'opposition ont fait savoir que le
gouvernement kenyan avait soumis aux Nations unies une "nouvelle
démarcation de la frontière maritime" qui prend un gros morceau des
eaux territoriales somaliennes, provoquant ainsi une "dispute maritime"
qui, selon l'accord, ne sera pas préjudiciaire à la soumission d'une
réclamation du Kenya à la Commission.
"Ce que le gouvernement kenyan veut est de profiter
de l'actuelle situation en Somalie pour occuper une partie de notre
territoire, mais nous la défendrons avec tout ce que nous pouvons", a
souligné Cheikh Hassan Turki, un haut responsable insurgé à Kismanyu
vendredi à des habitants locaux.
Le Premier ministre somalien Abdurashid Ali
Sharmerke a défendu jeudi l'accord, indiquant qu'il était nécessaire pour
la préparation de la réclamation somalienne pour l'extension de la
plate-forme continentale de la Somalie vue qu'une coopération entre
les pays voisins est une condition préparable pour la soumission de la
réclamation du pays dévasté par la guerre.
Conformément au mémorandum d'entente, les deux Etats
acceptent une non-objection à l'égard des soumissions sur les limites de la
plate-forme continentale sous 200 miles nautiques à la Commission
sur les limites de la plate-forme continentale.
Le protocole d'accord conclu entre la Somalie et
le Kenya sera un des plus grands tests auxquels fait face le
nouveau gouvernement somalien depuis sa formation début cette année avec
son soutien fragile au sein de la Somalie.