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Guinée-Bissau : l'opposition sceptique de l'enquête sur les derniers événements (PAPIER D'ANGLE)
  2009-04-10 10:41:52  

      DAKAR, 9 avril (Xinhua) -- L'opposition bissau-guinééenne a  exprimé son scepitisme vis-à-vis de fiabilité des résultats de  l'enquête sur les meurtres de l'ancien président Joao Bernardo  Vieira et l'ancien chef d'état-major des armées le général Tagmé  Na Waié sans un engagement de la communauté internationale. 

     Dans la nuit du 1er au 2 mars, le président bissau-guinéen Joao Bernardo Vieira avait été tué dans une attaque contre sa résidence à Bissau, quelques heures après la mort du chef d'état-major des  armées, le général Tagmé Na Waié, dans un attentat à la bombe. 

     Jeudi, le Parti de la rénovation sociale (PRS, principal parti  d'opposition) a estimé que les résultats de l'enquête sur les  derniers événements en Guinée-Bissau ne seraient "pas fiables sans l'implication de la communauté internationale". 

     "Il faut impliquer la communauté internationale pour donner une plus grande crédibilité aux résultats de l'enquête", a déclaré le  porte-parole du PRS, Joaquim Batista Correia, cité jeudi par  l'agence Pana. 

     Il réagissait ainsi de l'annonce faite la veille par le chef  des Forces armées, le capitaine de frégate José Zamora Induta, de  l'arrestation des auteurs présumés de l'attentat à la bombe qui a  tué son prédécesseur, le général Batista Tagme Na Waié, le 1er  mars dernier. 

     M. Induta avait annoncé mercredi à Bissau que la Commission  militaire créée par l'armée pour enquêter sur la mort du général  Tagmé Waié avait arrêté des individus qui "ont avoué" être les  auteurs de l'attentat. 

     Selon M. Correia, le PRS a toujours considéré "indispensables"  la collaboration et la participation de la communauté  internationale dans toutes les enquêtes, même celles des autorités civiles et qui comprennent aussi la mort du président Joao  Bernardo Vieira tué le 2 mars dernier. 

     Le Parti républicain de l'indépendance pour le développement  (PRID, opposition) a aussi plaidé pour que l'enquête sur les  meurtres du président Vieira et du général Tagnme Na Waié soit  entièrement confiée à des étrangers. 

     Le PRID a estimé qu'une commission d'enquête internationale est le seul espoir et la seule garantie de neutralité et d'efficacité  dans l'élucidation de manière crédible de ces meurtres et qu'elle  permettra aussi de "laver l'image des Forces armées et celle du  gouvernement". 

     "Les deux dirigeants ont été assassinés sous la responsabilité  du gouvernement et celle des Forces armées, deux entités qui en  principe et selon la Constitution, auraient dû les protéger", a  affirmé le leader du PRID, l'ancien Premier ministre Aristides  Gomes. 

     Il a rappelé que le président Vieira a été tué par des  militaires ou par "des personnes en tenue, armées jusqu'aux dents  et (qu'il) y a eu des échanges de tirs avant l'assassinat, mais  personne n'est intervenu". 

     M. Gomes a soutenu que la création d'une commission interne "  serait tronquée depuis le début", soulignant qu'il serait de  l'intérêt du gouvernement et des Forces armées que ces deux  entités fassent aussi l'objet d'enquête impartiale. 

     Il a déclaré que son parti espère qu'une enquête internationale ne devrait pas se limiter aux deux assassinats, mais qu'elle  devrait aussi s'intéresser aux "zones d'ombre qui existent autour  de la mise en place des nouveaux chefs militaires".  

     La Guinée-Bissau, l'un des pays des plus mal classés dans  l'Indice de développement humain des Nations Unies, est confronté, depuis quelques temps, à des réseaux puissants de narcotrafiquants qui ont infiltré tous les segments de l'administration et des  forces de sécurité. 

     Jeudi, le Conseil de sécurité de l'ONU a souligné "l'importance de la réconciliation nationale et de la lutte contre l'impunité"  et a engagé "la communauté internationale à appuyer la Commission  chargée d'enquêter" sur les assassinats du président Joao Bernardo Vieira et du général Tagme Na Waié.  

     Le Conseil de sécurité s'est déclaré aussi "gravement  préoccupé" par l'intensification du trafic de drogues et de la  criminalité transnationale organisée en Guinée-Bissau et dans la  sous-région.