DAKAR, 9 avril (Xinhua) -- L'opposition
bissau-guinééenne a exprimé son scepitisme vis-à-vis de fiabilité des
résultats de l'enquête sur les meurtres de l'ancien président Joao
Bernardo Vieira et l'ancien chef d'état-major des armées le général Tagmé
Na Waié sans un engagement de la communauté internationale.
Dans la nuit du 1er au 2 mars, le président
bissau-guinéen Joao Bernardo Vieira avait été tué dans une attaque contre
sa résidence à Bissau, quelques heures après la mort du chef d'état-major
des armées, le général Tagmé Na Waié, dans un attentat à la bombe.
Jeudi, le Parti de la rénovation sociale (PRS,
principal parti d'opposition) a estimé que les résultats de l'enquête sur
les derniers événements en Guinée-Bissau ne seraient "pas fiables
sans l'implication de la communauté internationale".
"Il faut impliquer la communauté internationale pour
donner une plus grande crédibilité aux résultats de l'enquête", a déclaré
le porte-parole du PRS, Joaquim Batista Correia, cité jeudi par
l'agence Pana.
Il réagissait ainsi de l'annonce faite la veille par
le chef des Forces armées, le capitaine de frégate José Zamora Induta, de
l'arrestation des auteurs présumés de l'attentat à la bombe qui a
tué son prédécesseur, le général Batista Tagme Na Waié, le 1er mars
dernier.
M. Induta avait annoncé mercredi à Bissau que la
Commission militaire créée par l'armée pour enquêter sur la mort du
général Tagmé Waié avait arrêté des individus qui "ont avoué" être les
auteurs de l'attentat.
Selon M. Correia, le PRS a toujours considéré
"indispensables" la collaboration et la participation de la communauté
internationale dans toutes les enquêtes, même celles des
autorités civiles et qui comprennent aussi la mort du président Joao
Bernardo Vieira tué le 2 mars dernier.
Le Parti républicain de l'indépendance pour le
développement (PRID, opposition) a aussi plaidé pour que l'enquête sur les
meurtres du président Vieira et du général Tagnme Na Waié soit
entièrement confiée à des étrangers.
Le PRID a estimé qu'une commission d'enquête
internationale est le seul espoir et la seule garantie de neutralité et
d'efficacité dans l'élucidation de manière crédible de ces meurtres et
qu'elle permettra aussi de "laver l'image des Forces armées et celle du
gouvernement".
"Les deux dirigeants ont été assassinés sous la
responsabilité du gouvernement et celle des Forces armées, deux entités
qui en principe et selon la Constitution, auraient dû les protéger", a
affirmé le leader du PRID, l'ancien Premier ministre Aristides
Gomes.
Il a rappelé que le président Vieira a été tué par
des militaires ou par "des personnes en tenue, armées jusqu'aux dents
et (qu'il) y a eu des échanges de tirs avant l'assassinat, mais
personne n'est intervenu".
M. Gomes a soutenu que la création d'une commission
interne " serait tronquée depuis le début", soulignant qu'il serait de
l'intérêt du gouvernement et des Forces armées que ces deux entités
fassent aussi l'objet d'enquête impartiale.
Il a déclaré que son parti espère qu'une enquête
internationale ne devrait pas se limiter aux deux assassinats, mais qu'elle
devrait aussi s'intéresser aux "zones d'ombre qui existent autour de
la mise en place des nouveaux chefs militaires".
La Guinée-Bissau, l'un des pays des plus mal classés
dans l'Indice de développement humain des Nations Unies, est
confronté, depuis quelques temps, à des réseaux puissants de
narcotrafiquants qui ont infiltré tous les segments de l'administration et
des forces de sécurité.
Jeudi, le Conseil de sécurité de l'ONU a souligné
"l'importance de la réconciliation nationale et de la lutte contre
l'impunité" et a engagé "la communauté internationale à appuyer la
Commission chargée d'enquêter" sur les assassinats du président Joao
Bernardo Vieira et du général Tagme Na Waié.
Le Conseil de sécurité s'est déclaré
aussi "gravement préoccupé" par l'intensification du trafic de drogues et de
la criminalité transnationale organisée en Guinée-Bissau et dans
la sous-région.