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RDC: tenue incertaine des élections locales en 2009(SYNTHESE)
  2009-04-09 07:36:30  

     KINSHASA, 8 avril (Xinhua) -- La Commission électorale  indépendante (CEI) de la République démocratique du Congo (RDC) va entreprendre, à partir du mois de juin prochain, la révision du  fichier électoral national, en prévision de la tenue des élections urbaines, municipales et locales qui auront lieu à la fin de cette année sur l'ensemble du territoire congolais, indique un  communiqué de la CEI. 

     "La révision du fichier électoral va servir de base aussi bien  pour les élections locales que pour les élections générales  prévues en 2011", a précisé le président de la CEI, l'abbé  Apollinaire Malu Malu Muholongo. 

     Selon le communiqué, l'opération de révision du fichier  électoral débutera le 7 juin pour la capitale Kinshasa et la  province du Bas-Congo. Elle durera deux mois, avant d'être élargie aux autres provinces du pays à partir du 2 août pour deux mois  encore, soit au total quatre mois pour cette opération. 

     Mais bien qu'elle soit le cadre légal autorisé pour organiser  les élections en RDC, il est probable que la CEI, dans sa formule  actuelle, ne puisse organiser les consultations prévues à la fin  de cette année, alors que pour l'abbé Malu Malu, ces consultations "sont capitales pour les démocraties locales". 

     En effet, la fin de l'opération "révision du fichier électoral"  va coïncider avec la session d'octobre de l'Assemblée nationale  appelée à voter l'annexe de la loi électorale portant création de  la nouvelle CEI sous la dénomination de "Commission électorale  nationale indépendante" (CENI), ainsi qu'une nouvelle répartition des sièges en rapport avec les élections générales de 2011. 

     "Le changement d'appellation de la CEI va entraîner aussi le  changement d'animateurs et donc de philosophie", a indiqué Marcel  Kabongo, membre de l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) de l'opposant Etienne Tshisekedi. 

     L'UDPS, qui avait boycotté les élections présidentielles et  législatives de 2006 au motif qu'elles étaient truquées et les  résultats connus d'avance, est décidée de prendre part aux  élections urbaines, municipales et locales de la fin d'année, afin de s'assumer cette fois-ci. 

     "Nous ne permettrons pas que la CENI soit aussi dirigée par un  homme ou une femme proche du PPRD (parti du président Joseph  Kabila), comme ce fut le cas avec l'abbé Malu Malu qui a donné la  majorité des sièges des députés à ce parti ", a averti M. Kabongo, ajoutant que "le président de la CENI devra être totalement neutre ou de l'opposition". Son parti se battra pour atteindre cet  objectif, a-t-il souligné. 

     La CENI nouvelle formule, a indiqué une source proche de la  CEI, sera aussi confrontée au problème de finances, malgré le  soutien de la MONUC (Mission de l'ONU en RDC) pour la tenue des  élections locales juste à l'échéance. Elle ne dispose que  d'environ dix millions de dollars américains dans les caisses sur  les trente millions qu'exigent toutes les opérations jusqu'à la  proclamation des résultats. 

     Quant au soutien de la MONUC au système électoral congolais,  son chef de Division électorale, Carlos Valenzuela, a indiqué  récemment que la MONUC, certes, "travaille avec le PNUD (Programme des Nattions unies pour le développement) pour mobiliser les fonds de la Communauté internationale et qui gère le basket fund (Fonds  pour le financement des élections)". 

     M. Valenzuela a précisé que ce fonds sert "à l'achat du  matériel et de différents biens de service qui seront requis pour  les différentes opérations électorales, dont la révision du  fichier électoral", mais le gouvernement de la RDC devra fournir  sa part de financement, si l'on veut que les dites élections se  tiennent à l'échéance. 

     Ce qui n'est pas certain eu égard à la crise financière qui  secoue bon nombre de pays, croit-on savoir. 

     La bataille pour le contrôle de la nouvelle CENI et le manque  de financements - souvent avancé - qui se profile à l'horizon  risquent donc de rendre incertaine la tenue de ces élections qui  ont déjà été reportées à deux reprises.