KINSHASA, 8 avril (Xinhua) -- La Commission
électorale indépendante (CEI) de la République démocratique du Congo (RDC)
va entreprendre, à partir du mois de juin prochain, la révision du
fichier électoral national, en prévision de la tenue des
élections urbaines, municipales et locales qui auront lieu à la fin de
cette année sur l'ensemble du territoire congolais, indique un
communiqué de la CEI.
"La révision du fichier électoral va servir de base
aussi bien pour les élections locales que pour les élections générales
prévues en 2011", a précisé le président de la CEI, l'abbé
Apollinaire Malu Malu Muholongo.
Selon le communiqué, l'opération de révision du
fichier électoral débutera le 7 juin pour la capitale Kinshasa et la
province du Bas-Congo. Elle durera deux mois, avant d'être
élargie aux autres provinces du pays à partir du 2 août pour deux mois
encore, soit au total quatre mois pour cette opération.
Mais bien qu'elle soit le cadre légal autorisé pour
organiser les élections en RDC, il est probable que la CEI, dans sa
formule actuelle, ne puisse organiser les consultations prévues à la fin
de cette année, alors que pour l'abbé Malu Malu, ces
consultations "sont capitales pour les démocraties locales".
En effet, la fin de l'opération "révision du fichier
électoral" va coïncider avec la session d'octobre de l'Assemblée nationale
appelée à voter l'annexe de la loi électorale portant création de la
nouvelle CEI sous la dénomination de "Commission électorale nationale
indépendante" (CENI), ainsi qu'une nouvelle répartition des sièges en
rapport avec les élections générales de 2011.
"Le changement d'appellation de la CEI va entraîner
aussi le changement d'animateurs et donc de philosophie", a indiqué Marcel
Kabongo, membre de l'Union pour la démocratie et le progrès
social (UDPS) de l'opposant Etienne Tshisekedi.
L'UDPS, qui avait boycotté les élections
présidentielles et législatives de 2006 au motif qu'elles étaient truquées
et les résultats connus d'avance, est décidée de prendre part aux
élections urbaines, municipales et locales de la fin d'année, afin de
s'assumer cette fois-ci.
"Nous ne permettrons pas que la CENI soit aussi
dirigée par un homme ou une femme proche du PPRD (parti du président
Joseph Kabila), comme ce fut le cas avec l'abbé Malu Malu qui a donné la
majorité des sièges des députés à ce parti ", a averti M.
Kabongo, ajoutant que "le président de la CENI devra être totalement
neutre ou de l'opposition". Son parti se battra pour atteindre cet
objectif, a-t-il souligné.
La CENI nouvelle formule, a indiqué une source
proche de la CEI, sera aussi confrontée au problème de finances, malgré le
soutien de la MONUC (Mission de l'ONU en RDC) pour la tenue des
élections locales juste à l'échéance. Elle ne dispose que d'environ
dix millions de dollars américains dans les caisses sur les trente
millions qu'exigent toutes les opérations jusqu'à la proclamation des
résultats.
Quant au soutien de la MONUC au système électoral
congolais, son chef de Division électorale, Carlos Valenzuela, a indiqué
récemment que la MONUC, certes, "travaille avec le PNUD
(Programme des Nattions unies pour le développement) pour mobiliser les
fonds de la Communauté internationale et qui gère le basket fund (Fonds
pour le financement des élections)".
M. Valenzuela a précisé que ce fonds sert "à l'achat
du matériel et de différents biens de service qui seront requis pour
les différentes opérations électorales, dont la révision du fichier
électoral", mais le gouvernement de la RDC devra fournir sa part de
financement, si l'on veut que les dites élections se tiennent à
l'échéance.
Ce qui n'est pas certain eu égard à la crise
financière qui secoue bon nombre de pays, croit-on savoir.
La bataille pour le contrôle de la nouvelle CENI et
le manque de financements - souvent avancé - qui se profile à l'horizon
risquent donc de rendre incertaine la tenue de ces élections qui ont
déjà été reportées à deux reprises.